Nouvelle étape dans la carrière de Clint Eastwood, l’entrée dans le nouveau millénaire allait le pousser à s’éloigner de plus en plus de son pédigrée d’acteur au profit de sa casquette de réalisateur. S’il apparaît devant la caméra, à plus de soixante dix ans, c’est avant tout pour montrer les dégâts du temps qui passe et la décrépitude physique qui en résulte. Seul Space Cowboys, pochade sympathique, reste dans les clous. Les autres films nous montrent un Clint Eastwood victime d’une crise cardiaque (Créance de Sang), perdu dans le néant de ses illusions (Million Dollar Baby) ou condamné par la maladie (Gran Torino). Mais au-delà de son statut d’inoxydable légende hollywodienne, de nombreux critiques pensent que ses meilleures années sont désormais derrière lui. En enchaînant auparavant Les Pleins Pouvoirs, Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal, Jugé Coupable, Space Cowboys et Créance de Sang, il conserve sa réputation mais il n’a plus (pour certains) le momentum de sa période faste du mitan des années 90 où trônent Impitoyable, Un Monde Parfait et Sur la Route de Madison.

Comme un pied de nez, le cinéaste allait pourtant relancer sa vieille carcasse et offrir sa décennie la plus productive (10 films en 10 ans) à un âge où décline la plupart de ses confrères. L’exception qui confirme la règle. S’ensuivra une pluie de nominations et de récompenses (deux César, deux Oscars, une Palme d’honneur à Cannes, cinq nominations pour la meilleures musique ou la meilleure chanson aux Golden Globes) et quelques classiques instantanés (Mystic River, Million Dollar Baby, Lettres d’Iwo Jima, Gran Torino). Il en profitera pour signer un premier documentaire (Piano Blues), enchaîner les blockbusters à plus de 100 millions de dollars de recette (Mystic River, Million Dollar Baby, Gran Torino), réaliser sa première (très) grosse production (Mémoires de Nos Pères) avec Steven Spielberg, collaborer avec un kyrielle d’acteurs et d’actrices al dente et commencer à délaisser les fictions pures au profit de biopics plus aptes, selon lui, à raconter les choses (Invictus, L’échange). Si besoin était encore, les années 2000 allaient définitivement sacraliser le mythe. Un sommet dont il allait redescendre par intermittence durant les dix années suivantes tout en conservant une puissance créatrice hors norme.

 

Photo by Merie W Wallace/Warner Bros

ENGLISH VERSION

A new stage in Clint Eastwood’s career, the entry into the new millennium will push him to move further and further away from his pedigree as an actor to his hat as a director. If he appears in front of the camera, at more than seventy years of age, it is above all to show the damage of the passing of time and the resulting physical decrepitude. Only Space Cowboys, a sympathetic pochade, remains in the nails. The other films show a Clint Eastwood victim of a heart attack (Blood Work), lost in the nothingness of his illusions (Million Dollar Baby) or condemned by disease (Gran Torino). But beyond his stainless steel status, many critics believe that his best years are now behind him. By following Absolute Power, Midnight in the Garden of Good and Evil, True Crime, Space Cowboys and Blood Work, he retains his reputation but he no longer has (for some) the momentum of his mid-90s heyday (Unforgiven, A Perfect World, The Bridges of Madison County).

The filmmaker was nevertheless going to revive his old carcass and offer his most productive decade (10 films in 10 years) at an age when most of his colleagues are declining. the exception that confirms the rule. A rain of nominations and awards followed (two César, two Academy Awards, a Palme d’Honneur at Cannes Film Festival, five nominations for Best Music or Best Song at the Golden Globes) and a few instant classics (Mystic River, Million Dollar Baby, Lettres d’Iwo Jima, Gran Torino). He will take the opportunity to sign his first documentary (Piano Blues), follow blockbusters with over 100 million dollars in takings (Mystic River, Million Dollar Baby, Gran Torino), direct his first (very) big production (Flag of Our Fathers) with Steven Spielberg, collaborate with a host of actors and actresses al dente and begin to abandon pure fiction in favour of biopics that he believes are more apt to tell things (Invictus, Changeling). If there was still a need, the 2000s would definitively sanctify the myth. A peak from which it would come down intermittently over the next ten years, while retaining an extraordinary creative power.

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