Tournant majeur dans la carrière de Clint Eastwood, les années 90 marquent un ralentissement drastique de sa carrière d’acteur « chez les autres » avec au compteur l’unique Dans la Ligne de Mire (film par ailleurs Columbia et non Warner) de Wolfgang Petersen, polar sur fond d’assassinat de JFK sorti en 1993. Malgré son beau succès public et critique, Clint acteur restera avant tout la star de ses propres réalisations. Fort de son statut de cinéaste accompli, il n’hésite plus à s’entourer d’acteurs et d’actrices de premier rang (Meryl Streep, Kevin Costner, Morgan Freeman, Gene Hackman, Ed Harris notamment) et alterne les projets et les genres, il enchaîne les films surprenants (Chasseur Blanc Cœur NoirMinuit dans le Jardin du Bien et du Mal), plus classiques (Les Pleins PouvoirsJugé Coupable) et se permet de sortir coup sur coup trois œuvres majeures de sa filmographie : Impitoyable (1992) son adieu au western, pour lequel il reçoit deux Golden Globes et quatre Oscars dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, Un Monde Parfait (1993) un échec commercial relatif, hormis en France où le film devient le plus grand succès d’Eastwood au box-office et sera élu meilleur film de l’année pour les Cahiers du Cinéma succédant ainsi à… Impitoyable, puis  Sur La Route de Madison (1995) qui bouleversera le public et la critique et finira d’asseoir son aura internationale.

Dès lors, Clint Eastwood se sent de moins en moins bridé par l’objectif du succès. Il entremêle de plus en plus son classicisme sans académisme à un discours approfondi et critique, une vision de plus plus en plus sombre de l’existence avec ses étonnantes injections autobiographiques. A presque soixante-dix ans, certains virent dans ses films la mise en forme crépusculaire et quasi-testamentaire d’une œuvre que d’aucuns voyaient sur la fin. Loin du compte, le cinéaste n’allait pas hésiter à creuser davantage la large veine entaillée. Il n’avait pas tout dit, loin de là !

ENGLISH VERSION

A major turning-point in Clint Eastwood‘s career, the 90s marked a drastic slowdown in his acting career “for the others” with the unique In the Line of Fire (a film by the way Columbia and not Warner) by Wolfgang Petersen, a thriller against the backdrop of the assassination of JFK released in 1993. In spite of his great public and critical success, Clint Eastwood actor will remain above all the star of his own achievements. Thanks to his status as an accomplished filmmaker, he no longer hesitates to surround himself with first-rate actors and actresses (Meryl Streep, Kevin Costner, Morgan Freeman, Gene Hackman, Ed Harris…) and alternates projects and genres. He made a succession of surprising films (White Hunter Black Heart, Midnight in the Garden of Good and Evil), more classic films (Absolute Power, True Crime) and allowed himself to release three major works of his filmography one after the other: Unforgiven (1992) his farewell to the western, for which he received two Golden Globes and four Oscars, including those for best film and best director, A Perfect World (1993) a relative commercial failure, except in France where the film became Eastwoods biggest box-office success and was voted best film of the year for Les Cahiers du Cinéma, succeeding. .. Unforgiven, then The Bridges of Madison County (1995), which will overwhelm audiences and critics alike, and finish to establish its international aura.

From then on, Clint Eastwood felt less and less restricted by the goal of success. He increasingly intertwines his unacademic classicism with an in-depth and critical discourse, an increasingly dark vision of existence with his astonishing autobiographical injections. At the age of almost seventy, some people saw in his films the twilight and almost testamentary shaping of a work that some people saw at the end. Far from it, the filmmaker was not going to hesitate to dig deeper into the wide, notched vein. He had not said everything.

FILMOGRAPHIE

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A propos de l'auteur

Cyrille Delanlssays

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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