bannière www.bdelanls.fr - Création et refonte de site internet
Sans aucun remords
3.0Note Finale

Dans le genre « one shoot, one kill », voici un nouvel exemple de film d’action formaté pour les plateformes. Rien de péjoratif là-dedans. Quoique. Après plusieurs exemplaires sur Netflix (Extraction, Six Underground), voici donc Sans Aucun Remords adapté du roman éponyme de John Clancy, pourvoyeur droitier officiel de thrillers d’espionnage efficaces (la série des Jack Ryan ou jeux vidéos à l’avenant) estampillés guerre froide mayonnaise. Sorti en 87, le roman avait rapidement été mis sur le marché avec Keanu Reeves comme premier choix pour le rôle de John Kelly avant qu’une pléthore de noms se succèdent de Lawrence Fishburne à Gary Sinise et jusqu’à Tom Hardy. Plusieurs ébauches de scripts bossés par John Milius (Conan le Barbare) puis Christopher McQuarrie (Jack Reacher) seront abandonnées. Finalement, c’est Taylor Sheridan (Comancheria, Yellowtone) qui reprendra l’écriture – avec Will Staples – avant de  retrouver Stefano Sollima, son comparse du surprenant Sicario, La Guerre des Cartel, pour un résultat à la fois brutal et sans chichis. Ici, le réalisateur italien trouve de quoi déployer une mise en scène millimétrée, portée par la photo crépusculaire de Philippe Rousselot, qui sait faire monter la pression sans trop d’artifices. Devant la caméra, Michael B. Jordan (Creed) laisse son charisme au vestiaire dans le rôle d’un membre des forces spéciales un tantinet furibard de voir sa femme enceinte sommairement exécutée. Mais l’acteur fait le boulot à grand coups dans la gueule et quelques scènes de désespoir pour convaincre tout le monde que, nom d’une kalachnikov enrayée, ils l’auront tous bien cherché.

Le script, loin du roman original, s’agrippe à cette idée de vengeance à tout prix et se débat sans surprises entre faux traîtres et vrais pourris, les stéréotypes du genre, des punchlines un peu molles et une résolution bazardée, le tout nourri sur fond de guéguerre entre Russes et Américains avec des axiomes géopolitiques réduits à leur strict minimum. On a trouvé plus efficace. Mais en réduisant au strict minimum toute emphase narrative inutile, Sheridan permet au film de ne pas s’enliser dans un premier degré trop balourd. Coupés dans le gras, c’est précisément là tout le talent de Sollima de balancer du vrai cinéma bourré de tension. Respect. La succession de scènes d’action qui parviennent à conserver le rythme. Chevillées au corps. Elles s’enveloppent de chorégraphies qui ne réinventent pas grand-chose – le cinéaste reste ici un cran en dessous de la suite de Sicario – mais avec l’avantage de mettre tous les ingrédients en place pour une franchise déjà promise et de ne pas prendre le spectateur à revers. Le film lui offrira assez d’odeur de poudre et de victimes expiatoires sans visage pour ne pas s’éterniser sur les invraisemblances d’un revenge movie qui ne fait pas dans la dentelle tout en sachant exploiter ses espaces de jeu. Nul doute qu’il manque à tout ce son et lumière un peu de fond et d’humanité pour élever les débats mais il faut lui reconnaître sa part de distrayant. Et s’il ne laissera pas beaucoup de traces, Sans Aucun Remords donne ce qu’il promet. Ni plus, ni moins.

ENGLISH VERSION

WITHOUT REMORSE

In the “one shoot, one kill” genre, here is a new example of an action film formatted for platforms. Nothing pejorative in that. Although. After several copies on Netflix (Extraction, Six Underground), here is No Remorse adapted from the eponymous novel by John Clancy, official purveyor of effective spy thrillers (the Jack Ryan series or video games to match) stamped with cold war mayonnaise. Released in 1987, the novel was quickly put on the market with Keanu Reeves as the first choice for the role of John Kelly before a plethora of names followed, from Lawrence Fishburne to Gary Sinise to Tom Hardy. Several drafts of scripts by John Milius (Conan the Barbarian) and Christopher McQuarrie (Jack Reacher) were abandoned. Finally, it is Taylor Sheridan (Comancheria, Yellowtone) who will take over the writing – with Will Staples – before finding Stefano Sollima, his colleague from the surprising Sicario: Day of Soldado, for a result that is both brutal and without fuss. Here, the Italian director finds the means to deploy his meticulous direction, supported by Philippe Rousselot’s crepuscular photography, which knows how to build up the pressure without too much artifice. In front of the camera, Michael B. Jordan (Creed) leaves his charisma behind as a member of the special forces who is a little angry to see his pregnant wife summarily executed. But the actor gets the job done with a lot of punching in the face and a few scenes of despair to convince everyone that, in the name of a jammed Kalashnikov, they all had it coming.

The script based on this idea of revenge at all costs unfolds without any real surprises, between fake traitors and real rotters, bungled resolution and expected passages, all fed on a background of war between Russians and Americans with geopolitical axioms reduced to their strict minimum. We have found more effective ways. But by reducing to the strict minimum any unnecessary narrative emphasis, Sheridan allows the film to avoid getting bogged down in a clumsy first degree. Cut to the bone, some of the dialogue sounds fake but is quickly drowned out by a succession of action scenes that manage to keep the pace. Anchored to the body. They are wrapped up in choreography that doesn’t reinvent much – the filmmaker remains a notch below the Sicario sequel – but with the advantage of not catching the viewer off guard. The film offers enough of the smell of gunpowder and faceless victims to avoid dwelling on the implausibilities of a revenge film that doesn’t play around while knowing how to exploit its playing field without taking the camera on a hysterical rollercoaster ride. There is no doubt that all this sound and light lacks a little background and humanity to raise the debate, but it must be acknowledged that it is entertaining. And if it won’t leave many traces, No Remorse delivers what it promises. No more, no less.

Sans aucun remords - Stefano Sollima (2021)

Titre : Sans aucun remords
Titre original : Without Remorse

Réalisé par : Stefano Sollima
Avec : Michael B. Jordan, Jamie Bell…

Année de sortie : 2021
Durée : 110 minutes

Scénario : Taylor Sheridan Will Staples d’après le roman de Tom Clancy
Montage: Matthew Newman
Image : Philippe Rousselot
Musique : Jón Þór Birgisson

Nationalité : États-Unis
Genre : Action

Synopsis : Dans Sans aucun remords, les fans de la saga pourront découvrir les origines du héros John Clark – l’un des personnages les plus populaires de l’univers de Tom Clancy. Un marine des forces spéciales découvre une conspiration internationale alors qu’il cherche à obtenir justice pour le meurtre de sa femme enceinte. Lorsque des soldats russes tuent sa famille en représailles de son implication dans une opération secrète, le Chef John Kelly poursuit les assassins à tout prix. En rejoignant les forces de la marine de guerre américaine aux côtés d’un confrère et d’un mystérieux agent de la CIA, la mission de Kelly révèle involontairement un complot secret qui menace d’entraîner les États-Unis et la Russie dans une guerre totale. Tiraillé entre honneur et loyauté envers son pays, Kelly doit combattre ses ennemis sans aucun remords s’il souhaite éviter le désastre et révéler les puissants derrière le complot...

Votre avis

A propos de l'auteur

Cyrille Delanlssays

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.