Eihwar - Hurgrheim
4.3Note Finale

Entrer dans la musique d’Eihwar c’est comme entrer dans un univers happant, ébouriffant, puissant, virevoltant. Le genre de musique qui, une fois infusée dans vos esgourdes, vous chope dès les premières notes, vous envoie dans une transe stratosphérique sans que vous n’ayez l’occasion de bien comprendre ce qui vous arrive et qui ne vous laisse reprendre esprit et pieds dans la réalité qu’après un moment où le temps semble encore suspendu.

L’énergie déployée par ce duo toulousain, composé de Asrunn au chant et percussions et Mark aux machines et guitares, est d’une implacable efficacité. Leur musique, faite de chants aux incantations païennes et mystiques et d’une sorte d’électro-nordique, mélange, sans complexe, les sons modernes aux instruments traditionnels. Asrunn vous susurre des mots doux et envoûtants faisant passer le chant des sirènes pour une mélopée de supermarché alors que Mark vous transperce de sa voix rauque et gutturale tels des uppercuts vocaux. Et c’est justement cette dualité qui fait toute la saveur de l’album, toute la substance des chansons travaillées chacune comme une pièce de joaillerie tant tout est en place, chaque son est limpide, n’empiétant nullement sur les autres.

La voix de la chanteuse sautillant alors gaiement sur ces structures complexes mais toujours abordables. Sur « Ein« , l’incantation d’Asrunn se veut délicate, comme un appel délicieux au repos alors que Mark répond par un chant martial comme pour galvaniser les foules. Le tout appuyé par des percussions semblant marquer le pas d’une armée en mouvement alors que les instruments traditionnels sont légers comme du cristal en vibration. Plus lents, plus épiques, « The Lake of the Dead« , « Freyja’s Calling » ainsi que « Ljósgarðr » semblent issus d’une BOF et nous amènent une précision d’images qui se bousculent et foisonnent à l’esprit. « Nauðiz, Omenotharena » ou « Heill Óðinn« , bien que très mélodiques, se positionnent dans des rythmes orientés transe faisant encore une fois le lien entre modernité et traditions. Si les ancêtres viking avaient eu à leur disposition nos machines musicales récentes, sans nul doute qu’ils auraient composé de tels hymnes ! Et s’il fallait encore prouver que Mark est un excellent musicien, la reprise de « Bersekr » où il accompagne Asrunn avec une guitare est un petit bijou de sensibilité. La chanson parfaite pour nous laisser redescendre en douceur, avec bienveillance, afin que nous ne quittions pas trop brutalement leur univers embrassé sans ambages neuf chansons plus tôt.

Hurgrheim est donc le deuxième album après un évocateur « Viking War Trance » sorti en 2024 (aussi sur Season Of Myst). S’il est certain que la musique d’Eihwar n’est pas forcément à mettre sur toutes les oreilles non aguerries aux rythmes marqués et aux ambiances folk séculaires, elle est à fortement conseiller pour toutes les petites caboches prêtes à se trémousser dans un headbanging joyeux et débridés à en perdre le souffle ! C’est du plaisir, ça glisse velours, point barre.

EIHWAR – HURGRHEIM

Eihwar - Hurgrheim (2026)

Titre : Hurgrheim
Artiste : Eihwar

Date de sortie : 2026
Pays : France
Durée : 40′
Label : Season of Myst

Setlist

01. Nauðiz (04:28)
02. Freyja’s Calling (03:41)
03. Ein (03:42)
04. Skuggaríki (04:01)
05. Hugrheim (03:19)
06. Ljósgarðr (03:27)
07. Heill Óðinn (03:36)
08. The Lake of the Dead (03:39)
09. Omenotharena (Warrior’s Training) (05:41)
10. Berserkr (Tim’s Memorial Version) (04:26)

Line-up

Asrunn : chant, percussions
Mark : machines, guitares

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