Rencontre avec Simon Bergseth, co-fondateur de Avkvrst, dans le contexte de la sortie de Waving at the Sky, second album du groupe à ce jour, un disque impressionnant qui place le combo norvégien dans le peloton de tête des meilleurs espoirs d’un prog rock foncièrement contemporain.
Nos remerciements à Rob Palmen (Glassville Music) pour avoir facilité cet entretien. Photos : Kristian Rangnes
Bonjour Simon, peux-tu commencer par nous dire qui est derrière Avkvrst et comment ce groupe, qui est somme toute assez récent, s’est formé ?
SIMON BERGSETH : Avkvrst, c’est d’abord Martin (Ndlr : Utby, batterie et claviers) et moi-même. Martin est un peu plus jeune que moi. Nous avons grandi entourés d’instruments de musique car nos pères respectifs, qui sont meilleurs amis depuis toujours, avaient monté leur propre groupe de rock progressif (Ndlr : Tammatoys). Dès mon plus jeune âge, j’accompagnais mon père quasiment un week-end sur deux chez Martin, à une heure d’Oslo, pour leurs répétitions en vue des séances studio et divers concerts. Pendant leurs pauses, nous saisissions leurs instruments et montions au grenier pour jouer à notre tour. Et un jour, alors que nous devions avoir sept ans, nous nous sommes regardés et nous nous sommes dit : « Quand nous serons vieux – 30 ans, c’est vieux, quand tu en as 7 (Ndlr : rires) – nous monterons un groupe comme nos pères ». Nous venions de sceller notre pacte. Puis nos chemins se sont un peu séparés : les études nous ont éloignés. Nous sommes restés en contact mais sans jamais avoir l’occasion de jouer ensemble. Et puis, il y a quelques années, pendant la période du Covid, nous sommes partis ensemble une semaine en montagne, le cadre parfait pour de longues marches assorties de conversations sur la vie et la musique. Un soir, assis sur le perron du chalet de Martin (Ndlr : le « chalet » est une institution en Norvège, mais il s’agit de chalets nordiques, c’est-à-dire de petites maisons secondaires rustiques en bois, en pleine nature, souvent sans confort moderne et qui incarnent la vie au grand air), en lisière de forêt et à flanc de montagne, face au soleil couchant, nous avons eu une épiphanie : « Ce moment dont nous parlions à l’âge de 7 ans, c’était maintenant ! ». Nous avions fait du chemin, avions fondé chacun une famille ; le temps était venu. Et une semaine plus tard, Martin m’a rejoint dans mon studio d’Oslo et nous avons composé notre tout premier morceau, « The Arcane Clouds », qui figure sur notre premier album The Approbation. Nous avons ensuite planifié six week-ends dans l’année, emporté un studio portable, des guitares et divers équipements jusqu’à mon chalet familial et nous nous sommes mis à écrire. À l’origine, c’était surtout une bonne excuse pour passer du temps ensemble et nous faire plaisir. Nous n’avions pas du tout envisagé de publier l’album. Mais au terme du processus, nous nous sommes dit : « Cela sonne plutôt bien, les morceaux semblent tenir la route ». Tenter de sortir ce disque était soudainement devenu une évidence. Et quelques années plus tard, nous voici avec un second disque. Voilà, en substance, l’histoire.
C’est d’abord une très belle histoire d’amitié, sachant que la vie éloigne bien trop souvent des êtres. Est-ce que vous avez joué dans d’autres groupes avant Avkvrst ?
SIMON BERGSETH : Oui. Nous avons tous deux joué et tourné avec différents groupes depuis l’âge d’environ douze ans, mais jamais ensemble. Martin est parti étudier à la Garde du Roi de Norvège (Ndlr : lieu d’instruction militaire et musicale). Il y a joué de la batterie avant d’enchaîner avec d’autres engagements et d’autres groupes.
La musique est donc inscrite dans votre ADN. Martin et toi, vous avez enregistré tous les instruments des albums ?
SIMON BERGSETH : Sur The Approbation, quasiment oui : je joue toutes les guitares, la basse, quelques claviers et je chante. Martin signe toutes les batteries et certaines parties de claviers. Mais pour les claviers principaux, ceux qui sont vraiment en premier plan et également les solos, il nous fallait un véritable claviériste, quelqu’un d’expérimenté. Nous avons fait appel à Øystein Aadland, un ami de Martin, qui est un excellent musicien et qui joue parfois avec Ihsahn (Ndlr : pionnier norvégien du black metal avec Emperoret aujourd’hui artiste solo dans une mouvance prog/avant-garde) et Shining (Ndlr : groupe norvégien de fusion jazz/metal industriel). Pour la scène, Øystein souhaitait toutefois passer à la basse – il venait d’en jouer avec Ihsahn. Cela tombait bien car il nous fallait de toute façon un bassiste. Nous avons donc recruté un autre claviériste pour les concerts. Sur notre second album, Waving at the Sky, Martin a enregistré toutes les batteries et je me suis occupé des guitares, de la basse et du chant. Côté claviers, orgue, mellotron, nous avons eu la chance de pouvoir compter de nouveau sur Øystein et également sur Auver Gaaren, sachant que tous deux se sont également partagé les solos en alternance.
Cela explique très certainement ce ressenti : la richesse dans la texture musicale des compositions de Waving at the Sky. À propos de la basse : les sonorités sont absolument magnifiques et évoquent pour moi, tour à tour, Chris Squire et Nick Beggs…
SIMON BERGSETH : Le son c’est aussi mon métier : je mixe de la musique (Ndlr : il oriente la caméra vers la pièce et son environnement de travail). Je suis donc très attentif au son de chaque instrument, surtout la basse — je la voulais nerveuse et avec de la profondeur. Je n’ai pas cherché à sonner « comme » quelqu’un ; j’ai juste façonné le son que je voulais entendre.
Avant de commencer à écrire ensemble, aviez-vous une vision claire et définitive du style comme du son de ce que vous vouliez obtenir pour Avkvrst ?
SIMON BERGSETH : Pas vraiment. Quand nous nous sommes retrouvés dans le chalet autour d’une bière pour discuter de tout cela, la seule chose dont nous ayons convenu était justement de ne nous imposer aucune limite. Nous avons eu dans le passé, comme je te le disais, de nombreuses expériences musicales, qui vont du black metal à la pop en passant par la country et que sais-je encore. Mais il est évident que le progressif coule dans nos veines. Nous avons grandi avec cette musique. Tu sais, tous les disques de nos pères arboraient ce logo mythique d’InsideOut Music (Ndlr : label sur lequel Avkvrst est également signé). La musique aurait pu prendre une autre direction lors de ces sessions de jam, mais nos racines nous ont rattrapés (Ndlr : rires).
« Notre premier album était surtout une bonne excuse pour passer du temps ensemble et nous faire plaisir. Nous n’avions pas du tout envisagé de le publier » – Simon Bergseth
Quelles sont tes influences majeures ? Et celles de Martin, si tu veux bien répondre pour lui ?
SIMON BERGSETH : Je connais suffisamment Martin pour me permettre de répondre pour lui. Martin affectionne Dream Theater, Deep Purple et aussi les classiques tels que Black Sabbath, etc. Pour ma part, je penche davantage vers le black et le death metal. Pour le premier, j’ai grandi avec les Norvégiens de Darkthrone et Mayhem, Mayhem étant sans doute mon préféré. Pour le second, je suis tout simplement un grand admirateur du groupe Death. Mais j’aime aussi le rock progressif dans sa dimension plus alternative que tu retrouves chez un groupe comme Mars Volta. Et tous deux nous avons une admiration commune pour des groupes tels que Opeth, Porcupine Tree et plus globalement pour la scène prog contemporaine, dont tu peux percevoir l’influence dans notre musique, c’est-à-dire un socle très classique – Yes et toute cette mouvance des années 70 — teinté de diverses autres influences dont le métal. L’essence d’Avkvrst c’est ce mélange. Sans direction musicale prédéfinie. Nous n’avons jamais cherché à composer un rock progressif qui sonnerait comme tel ou tel groupe. Nous avons simplement écrit ce qui nous paraissait juste, à l’instant t, en ce moment précis nous étions ensemble l’un et l’autre, retirés du monde dans ce chalet — et c’est tout.
Des influences différentes, que vous conciliez, semble-t-il, très naturellement. Est-ce que néanmoins vous avez eu à faire des compromis l’un envers l’autre en travaillant sur l’album ?
SIMON BERGSETH : Pas vraiment. Il existe entre nous une sorte de yin et yang : je suis très bavard, je parle beaucoup ; Martin est quant à lui plutôt réservé. Mais lorsque nous faisons de la musique, nous n’avons que très peu besoin d’échanger : nous savons l’un et l’autre ce que chacun veut. Et je ne crois pas que nous ayons été en désaccord sur quoi que ce soit. Notre amitié est singulière : nous sommes ensemble presque depuis notre naissance et, d’une certaine manière, nous nous connaissons presque mieux que nos propres frères et sœurs.
Pour revenir à ce que tu disais il y a quelques instants, ce qui frappe effectivement dans votre musique, c’est sa diversité : une base profondément prog, des touches de métal, quelques growls épars, des claviers très 70’s et un chant toujours mélodique. « Families Are Forever« me semble être l’illustration parfaite de cette alchimie – qu’en penses-tu ?
SIMON BERGSETH : Je suis d’accord 100 % avec toi. « Families Are Forever » est d’ailleurs l’un de nos morceaux préférés, peut-être notre meilleur titre à ce jour. Il est une excellente représentation de ce qu’est Avkvrst, parce qu’il réunit tous ces éléments. Et, ainsi que je l’indiquais, nous n’essayons pas de viser quoi que ce soit de précis : on se laisse porter au fil de l’écriture.
À cet égard, est-ce que tu as le sentiment que votre musique a évolué entre The Approbation et ce nouvel album Waving at the Sky ?
SIMON BERGSETH : Oui, sans aucun doute. The Approbation n’était pas censé sortir : c’était d’abord une excuse pour passer du temps ensemble. Du coup, nous n’avons pas enregistré une minute de plus que ce qui figure sur le disque et nous avons gardé ce qui nous semblait juste sur l’instant, sans rien retravailler. Ce que tu entends, ce sont nos tous premiers riffs et nos premières idées – qui sommeillaient en nous inconsciemment depuis un certain temps. C’est sans doute pourquoi nos influences transparaissent de manière plus évidente. Pour Waving at the Sky, il a fallu puiser plus profondément dans notre imaginaire créatif, parce que tout ce qui était “à portée de main” avait déjà été utilisé sur The Approbation. Je crois que cela a permis de mieux définir et ancrer le style d’Avkvrst. On reconnaît bien évidemment le groupe, mais le son a pleinement gagné en maturité et en unicité entre les deux albums.

« Pour Waving at the Sky, il a fallu puiser plus profondément dans notre imaginaire créatif, parce que tout ce qui était à portée de main avait déjà été utilisé sur The Approbation » – Simon Bergseth
Vous avez donc exploré de nouveaux territoires avec ce nouvel album ?
SIMON BERGSETH : Il est certain que nous étions encore plus ouverts à tout essayer — du genre « et si on tentait ça ? ». En un sens, Waving at the Sky est presque notre premier véritable album : celui où il a fallu donner davantage de nous-mêmes, à la différence de The Approbation, qui était, pour ainsi dire, déjà dans nos têtes avant même de l’écrire.
Vos compositions multiplient les virages, souvent de manière très imprévisible — ce qui, pour l’auditeur, est stimulant. Est-ce lié à votre processus d’écriture ?
SIMON BERGSETH : Je pense que c’est précisément le but. Martin et moi écrivons uniquement à l’instinct. Nous ne cherchons pas spécifiquement à structurer les choses, du genre : une partie A, puis B, puis à nouveau A, puis C, etc. Et nous ne cherchons pas non plus la démonstration technique. Nous ne considérons pas les titres comme des entités isolées, d’autant plus que ce disque est de nouveau en quelque sorte un album concept. Il est important pour nous que ce disque soit écouté dans son entièreté, comme une seule et même pièce. Alors nous évitons de reproduire la manière dont d’autres groupes procèdent habituellement. Et nous voulons surtout que cela sonne juste pour nous. En travaillant un morceau, il arrive qu’on se dise soudain : « Tiens, ici, un nouveau passage serait pas mal, ça ouvrirait sur autre chose ». C’est comme ça que Martin et moi fonctionnons.
Cela donne un rendu effectivement très peu conventionnel. Les mesures asymétriques abondent également, ce qui amplifie ce ressenti. Y a-t-il un moment où Martin, en tant que batteur, dit stop ?
SIMON BERGSETH : C’est même fréquent (Ndlr : rires), parce que j’ai tendance à tout mettre en 7 temps. Parfois, je propose un nouveau riff et Martin me dit : « On a déjà assez de 7, faisons plutôt du 4/4, ou quelque chose en 6, peu importe ». Alors il ajuste la partie de batterie et j’essaie d’adapter le riff ou la section en question pour que ça colle. Et c’est très sain, sinon il y aurait sans doute effectivement trop de morceaux en 7 !
Parlons un peu du thème de Waving at the Sky. C’est fondé sur une histoire vraie, c’est ça ?
SIMON BERGSETH : Oui. Cela a été une affaire d’un retentissement énorme en Norvège quand nous étions enfants. À l’époque, nous n’en mesurions pas la portée. En substance : deux familles, vivant à des extrémités opposées du pays et ne se connaissant pas, maltraitaient leurs enfants (Ndlr : on parle d’abus sexuels). Ce sont les hasards de la vie qui les rapprochent puisque, sans pour autant se connaître, elles finissent par emménager dans la même petite ville et se retrouvent voisines. Elles découvrent alors qu’elles abusent toutes deux de leurs enfants et se mettent, comble de l’horreur, à échanger leurs victimes. La mère de l’une des familles en est en quelque sorte l’instigatrice – avec le beau-père. C’est une histoire atroce.
L’histoire est très sombre et donne la chair de poule. Waving at the Sky est en fait le préquel de The Approbation, si j’ai bien compris ?
SIMON BERGSETH : Oui, quand nous avons écrit The Approbation, nous avons retenu cette histoire : c’était pendant le Covid, nous étions isolés dans un chalet, alors nous avons imaginé l’histoire d’un homme, lui aussi retranché dans un chalet, qui perd pied. Lorsque nous avons commencé à réfléchir à Waving at the Sky, nous avons écouté de nombreux livres audios sur cette affaire atroce. À mi-parcours, nous avons compris que, narrativement, cela pourrait être le préquel parfait de The Approbation, parce que, dans l’histoire réelle, le beau-père — auquel certains morceaux de Waving at the Sky sont consacrés — finit par quitter la famille ; nous avons donc imaginé que c’était lui, l’homme du premier album, isolé dans le chalet et sombrant dans la folie. Nous avons donc validé le concept de l’album avant de commencer l’écriture de la musique.
C’est un disque qui explore la part sombre de l’être humain. Et pourtant, la musique traverse des climats musicaux variés. Par exemple, l’ouverture, « Preceedings« , démarre de manière très sombre et hyper pesante puis s’illumine soudainement à 1’20…
SIMON BERGSETH : Plusieurs des enfants ont par la suite écrit sur ce qu’ils ont vécu. Et en dépit de tous ces événements tragiques, certains ont réussi à retrouver une vie normale et vont mieux aujourd’hui. Nous voulions à ce titre intégrer dans la musique une note d’espérance : cette lumière au bout du tunnel au terme d’une longue période d’obscurité. Et c’est ce qu’illustre ce motif auquel tu fais référence et qui clôture également l’album.

« « Families Are Forever » est l’un de nos morceaux préférés, peut-être notre meilleur titre à ce jour et très certainement une excellente représentation de ce qu’est Avkvrst » – Simon Bergseth
Vous recourez au growl avec parcimonie — moins que sur le premier disque. Pour quelles raisons ?
SIMON BERGSETH : J’aime le growl et le death-metal notamment, comme je te le disais tout à l’heure. Sur The Approbation, le recours au growl était une évidence, cela contribuait à la dimension narrative, et nous l’avons utilisé assez intensément sur deux morceaux. Sur Waving at the Sky, nous avons hésité à en mettre ; mais certains passages l’exigeaient pour transmettre quelque chose de viscéral. Nous y avons donc recouru, mais sans excès.
Parlons de « The Malevolent », avec Ross Jennings de Haken. Comment cette collaboration est-elle née ? Le morceau est superbe.
SIMON BERGSETH : Merci. Ross nous a donné un coup de main remarquable sur ce morceau. Ça s’est passé de la façon suivante : après la sortie de The Approbation, Ross a publié sur Instagram une photo de lui avec l’album, avec des mots très élogieux. Sur Waving at the Sky, nous butions sur la composition « The Malevolent » : on tournait en rond côté refrain et texte. Nous avons même envisagé à un moment de mettre de côté cette compo qui était d’un format plus court et plus rock que le reste de l’album. Le morceau gravite autour du beau-père, un quinquagénaire qui se déguisait en cow-boy et sortait dans le jardin pour tirer avec un fusil à air comprimé. Le titre a donc une dimension quelque peu décalée. Nous avons proposé à Ross de nous aider pour la mélodie et les paroles, en lui donnant le contexte. Il a accepté avec enthousiasme et nous a prêté sa voix. Et voilà le résultat !
Certains titres vous ont-ils donné plus de fil à retordre, en dehors de celui dont nous venons de parler ?
SIMON BERGSETH : Non, pas vraiment, sauf la fin peut-être de Waving at the Sky. Le morceau-titre s’achevait d’abord abruptement avant que nous ne décidions d’intégrer la reprise de ce motif porteur d’espoir que nous évoquions tout à l’heure. Nous souhaitions une autre fin et surtout que l’auditeur reparte plus léger. Nous avons donc repris ce motif, en format légèrement accéléré, plus long et en fade out. C’était la bonne décision.

« Ross Jennings nous a donné un coup de main remarquable sur ce morceau « The Malevolent », qu’il s’agisse du refrain ou du texte » – Simon Bergseth
Lorsque vous avez écouté l’album pour la première fois dans son intégralité, est-ce qu’un titre, plus que tout autre, vous a surpris ?
SIMON BERGSETH : « Families Are Forever », sans doute.
Et maintenant, quels sont vos projets ?
SIMON BERGSETH : Nous avons commencé à travailler sur le prochain album.
Déjà un troisième album en gestation ! Pas de syndrome de la page blanche chez Avkvrst !
SIMON BERGSETH : Pas encore ! (Ndlr : rires).
Et la direction musicale de ce prochain LP ?
SIMON BERGSETH : Nous en sommes encore au tout début, donc je ne sais pas encore très bien où ça va nous mener. Je dirais que certains riffs et idées sont peut-être encore plus… surprenants que ce que nous avons écrit à ce jour. Ce sera peut-être un album encore plus riche et plus profond que Waving at the Sky, et probablement plus original — mais on reconnaîtra immanquablement qu’il s’agit d’Avkvrst.
Des dates de concert ?
SIMON BERGSETH : Oui, on a déjà donné quelques concerts et d’autres dates — pas encore annoncées — vont suivre.
Des dates prévues dans le sud de l’Europe ?
SIMON BERGSETH : On l’espère ! Rien de précis pour l’instant, mais j’aimerais vraiment. Peut-être le Hellfest, qui sait ? On adorerait.
Sur scène, comment transposez-vous l’atmosphère de l’album ? Avez-vous recours à la vidéo ?
SIMON BERGSETH : Ça dépend des salles : parfois on utilise la vidéo, parfois ce n’est pas possible. Mais ce qui revient toujours dans les retours du public, c’est qu’il ressent exactement ce qu’on veut faire passer. Les gens qui viennent à nos concerts perçoivent que nous ne sommes pas des poseurs. Je crois qu’à la différence de beaucoup d’autres groupes, on ne force rien, on n’en rajoute pas : on veut simplement que les gens éprouvent ce que nous avons éprouvé en composant cette musique. Ce que je veux dire, c’est qu’on parvient à véhiculer toutes ces émotions, même sans vidéo.
Et vous, personnellement – vos morceaux sont intenses et chargés d’émotion – comment décompressez-vous après un concert ?
SIMON BERGSETH : Rien de particulier. Nous nous entendons très bien. Donc quelques bières et nous profitons de ces moments uniques ensemble, c’est ça notre sas de décompression (Ndlr : rires).
J’ai lu quelque part que tu détestais les gammes majeures et la “musique heureuse”. C’est vrai ?
SIMON BERGSETH : NExact. Martin y est plus sensible que moi. Pour ma part, le majeur m’agace. « Yellow Submarine » des Beatles, par exemple, c’est mon cauchemar absolu (Ndlr : rires). J’écoute volontiers de la bonne pop en majeur quand elle est réussie. Mais si je veux éprouver ou réellement ressentir des émotions, j’écris en mineur.
Donc l’album gardera, j’imagine, une tonalité sombre ?
SIMON BERGSETH : Oui, à 100 % !
Merci beaucoup Simon de ta disponibilité et de cet échange aujourd’hui. A bientôt !
Propos recueillis le 13 août 2025 par Stéphane Rousselot via Zoom.


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