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Demonic
1.5Note Finale

Plus dure sera la chute. Après avoir titillé le box-office, surpris la critique et enthousiasmé le public avec District 9 (porté par un certain Peter Jackson c’est vrai), le jeune réalisateur sud-africain Neill Blomkamp est peu à peu passé tricard à Hollywood et au-delà. Pas vraiment la faute à Elysium (2013) qui tenait relativement bien la baraque mais clairement plus à Chappie (2015), mal aimé, mal reçu, et qui trimballe assez injustement l’image d’un bide sans appel. Dans les faits, c’est plus subtile. Mais la suite enchaîne : son projet de Alien 5 tombe à l’eau – la faute à Ridley Scott selon les déclarations récentes de Blonkamp – ainsi que l’adaptation de The Gone World de Tom Sweterlitsch et un Robocop Returns qui devait être la suite directe du premier film réalisé par Paul Verhoeven. Un peu sec, il lance entre temps (et avec son frangin) Oats Studios, vivier de courts métrages expérimentaux. C’est festif mais finalement peu pour un auteur que d’aucuns voyaient déjà comme un héritier direct (et même légitime) de James Cameron, entre autres. Poker menteur. En profitant de la pandémie, Neill Blomkamp se lance dans la production d’un petit film d’horreur conceptuel qu’il filme dans le plus grand secret pendant l’été 2020. Avec un petit budget, quasiment auto financé, le réalisateur investi un genre qu’il affectionne particulièrement, avec des références de micro productions telles que Paranormal Activity ou Le Projet Blair Witch. Le fonctionnement de Oats Studios lui a permis de travailler sur des formats plus économiques, avec des équipes réduites mais non moins créatrices. Le script lui, plonge dans le thème de la possession démoniaque mais Blomkamp ajoute son grain de sel technologique à travers des expériences de réalité virtuelle qui frôlent parfois le jeu vidéo dans sa représentation. Un mélange entre Le Cobaye et L’Exorciste en quelque sorte. Pour la petite histoire, il faut dire que ça part mal. La relation plutôt contrariée de Carly (Carly Pope, vue dans Elysium notamment) avec sa mère Angela (Nathalie Boltt, vue dans District 9) est la conséquence de plus d’une vingtaine d’homicides que cette dernière a commis quelques années plus tôt. Moche. Entre temps, la meurtrière sera incarcérée, s’auto-mutilera avant de plonger dans une sorte de catatonie carabinée. Quand une firme scientifique approche Carly pour entrer en contact avec sa mère via une nouvelle technologie de reconstruction cérébrale, tout s’emballe. Sauf le film. En s’amusant avec la capture volumétrique (qui est une capture 3D à l’image d’un hologramme totalement différente de la motion capture habituelle), Blomkamp s’offre quelques plans intrigants et nous gratifie d’un monstre sympathique mais rien de plus. La faute à un scénario passoire qui n’évite ni les poncifs, ni les attendus du genre. La mise en scène, toujours élégante, ne parvient pas à combler l’écueil d’une histoire qui ne raconte finalement pas grand-chose avec ses personnages qui ne sont que des archétypes sans épaisseurs. Les effets de manche d’enchaînent. L’ennui pointe dans ce qui devient peut à peut une litanie exhaustive des clichés habituels. Situations, musique, sound design, tout y passe. Rien n’est épargné. Nulle doute que venu d’un autre réalisateur, cette production se serait mélangée au tout venant. Tête basse. La réception catastrophique du film aux États-Unis et sa sortie directement en VOD/Blu-ray en France devraient l’achever pour le compte. Si Chappie peut encore espérer gagner les faveurs du public avec le temps, difficile d’envisager la même chose avec Demonic, un film d’horreur sans frisson, sans fascination, qui, sans être fondamentalement honteux, éveille trop rarement la curiosité pour lui donner de la chair. Et au-delà de ce triste constat, Neill Blomkamp joue ici à l’auteur-réalisateur sans âme. C’est sans aucun doute la pire chose qui pouvait lui arriver.

ENGLISH VERSION

After titillating the box office, surprising the critics and thrilling the public with District 9 (carried by Peter Jackson), the young South African director Neill Blomkamp has gradually fallen behind in Hollywood and beyond. It’s not really the fault of Elysium (2013), which held up relatively well, but clearly more so of Chappie (2015), which was unloved, poorly received, and which rather unfairly carries the image of an unmitigated flop. In reality, it’s more subtle. But the next thing you know, his Alien 5 project falls through – the fault of Ridley Scott according to Blonkamp’s recent statements – as well as the adaptation of Tom Sweterlitsch’s The Gone World and a Robocop Returns that was supposed to be the direct sequel to the first film directed by Paul Verhoeven. So, he launched Oats Studios in the meantime (with his brother), a breeding ground for experimental short films. It’s festive, but in the end not much for an author who some people already saw as a direct (and even legitimate) heir to James Cameron, among others. Poker shot. Taking advantage of the pandemic, Neill Blomkamp is embarking on the production of a small conceptual horror film that he is filming in the greatest secrecy during the summer of 2020. With a small, almost self-financed budget, the director is investing in a genre he is particularly fond of, with references to micro productions such as Paranormal Activity or The Blair Witch Project. The operation of Oats Studios has allowed him to work on more economical formats, with smaller but no less creative teams. The script, for its part, delves into the theme of demonic possession, but Blomkamp adds his technological touch through virtual reality experiences that sometimes border on the video game in their representation. A mix between The Lawnmower Man and The Exorcist. For the storytelling, it must be said that it starts badly. Carly’s (Carly Pope, seen in Elysium among others) rather upset relationship with her mother Angela (Nathalie Boltt, seen in District 9) is the consequence of more than twenty homicides that the latter committed a few years earlier. Ugly. In the meantime, the murderer is incarcerated, self-mutilates before plunging into a kind of catatonia. When a scientific firm approaches Carly to get in touch with her mother via a new brain reconstruction technology, everything goes haywire. Except the film. Playing with volumetric capture (which is a 3D hologram-like capture that is totally different from the usual motion capture), Blomkamp offers some intriguing shots and gives us a nice monster but nothing more. This is due to a lazy script that does not avoid the clichés and expectations of the genre. The direction, always elegant, doesn’t manage to fill the pitfall of a story that doesn’t really tell much with its characters who are only archetypes without thickness. The effects of the sleeve follow one another. The boredom points in what becomes an exhaustive litany of the clichés of the genre. Situations, music, sound design, everything goes. Nothing is spared. No doubt that from another director, this production would have been mixed in with the rest. Head down. The catastrophic reception of the film in the United States and its release directly on VOD/Blu-ray in France should finish it off for good. If Chappie can still hope to win the public’s favour with time, it is difficult to envisage the same thing with Demonic, a horror film without thrill, without fascination, which, without being fundamentally shameful, too rarely arouses curiosity to give it flesh. And beyond this sad observation, Neill Blomkamp plays the soulless writer-director here. This is undoubtedly the worst thing that could happen to him.

Demonic - Neill Blomkamp (2021)

Titre : Demonic

Réalisé par : Neill Blomkamp
Avec : Carly Pope, Chris William Martin, Michael J. Rogers, Nathalie Boltt, Terry Chen…

Année de sortie : 2021
Durée : 104 minutes

Scénario : Neill Blomkamp
Montage: Austyn Daines
Image : Byron Kopman
Musique : Ola Strandh

Nationalité : États-Unis / Canada
Genre : Horreur

Synopsis : Grâce à un procédé révolutionnaire, une jeune femme pénètre dans l’esprit de sa mère, condamnée pour meurtres et désormais plongée dans le coma. Mais l’exploration de son inconscient tourne à l’affrontement, libèrant un démon tapis dans l’ombre

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