Rencontre avec María Trénor dans le contexte de la sortie du film d’animation Rock Bottom, un premier long métrage éblouissant, qui honore Robert Wyatt tout en affirmant avec force la voix de sa réalisatrice. Un échange captivant avec une artiste passionnée et d’une gentillesse qui n’a d’égale que son talent. Ce film sorti sur les écrans français le 9 juillet 2025 sera disponible en DVD le 21 octobre 2025 (Potemkine Films).
Nos remerciements à François Gaboret et à Claire Viroulaud pour avoir facilité cette belle rencontre.
Je ne peux que débuter cet entretien par cette question : quand as-tu écouté pour la première fois l’album de Robert Wyatt, Rock Bottom, et quel impact ce disque a-t-il eu sur toi ?
MARÍA TRÉNOR : Paradoxalement, j’ai découvert ce disque assez tard – il y a une vingtaine d’années environ. Donc pas du tout dans les années 70 car je n’étais qu’une enfant à cette époque-là. C’est l’un des producteurs du film, qui a également réalisé le montage (Ndlr : Joaquín Ojeda de Haro), qui me l’a fait découvrir. Il est plus âgé que moi. La musique est vraiment son univers et Rock Bottom fait partie de ses disques de chevet. La toute première écoute m’a surprise et m’a déconcertée : je n’avais rien entendu de tel à ce jour. J’étais même incapable de décrire ce que je venais d’entendre, au regard de ces tonalités oscillant entre joie et tristesse et de toutes ces textures musicales très expérimentales. Ce n’est pas un album immédiat et il m’a fallu plusieurs écoutes pour mieux l’appréhender et l’apprécier à sa juste valeur. Avec le recul, je crois que je n’ai jamais entendu à ce jour une musique aussi originale. Et c’est ainsi qu’a germé l’idée de ce film.
Tu as rencontré Robert Wyatt ?
MARÍA TRÉNOR : Oui. Je lui ai rendu visite en Angleterre. J’ai eu le bonheur d’échanger avec lui ainsi qu’avec sa femme (Ndlr : Alfreda « Alfie » Benge). Cela a été une rencontre déterminante au sens où c’est réellement à ce moment-là que j’ai définitivement acté la décision de faire le film. Tu ne sais jamais comment va se passer un premier entretien avec un mythe tel que Robert Wyatt. Tu peux par exemple tomber sur un artiste très excentrique. Mais Robert Wyatt, qui fait preuve d’un savoir encyclopédique, s’est pour autant révélé d’une humilité, d’une sagesse et d’une générosité hors normes (Ndlr : Wyatt est l’anti-rockstar par excellence, à contrepied des mythes de la célébrité). Il fait partie de ces gens qui ont vécu tellement de choses et avec lesquels tu peux parler de tout. Le couple nous a ouvert sa maison et a tout fait pour nous mettre à l’aise. Et je me suis sentie suffisamment en confiance pour lui demander de mener un projet à partir de sa musique. Et, sans hésiter, il a tout de suite dit « Oui, bien sûr. Alors, dis-nous, qu’est-ce que tu as en tête… ».
Est-ce que Wyatt a donné son avis pendant la réalisation du film ou lors du montage final ?
MARÍA TRÉNOR : La situation a été quelque peu particulière. Il faut dire qu’entre notre rencontre et le moment où j’ai enfin réuni le financement pour le film, pas moins de huit années se sont écoulées. Car, comme tu le sais sans doute, c’est très difficile de trouver un financement pour des films d’animation pour adultes. Et lorsque nous étions enfin prêts à démarrer, nous nous sommes retrouvés en pleine période de confinement dans le contexte du Covid. J’aurais voulu pouvoir rendre visite de nouveau à Robert Wyatt pour échanger et connaître son point de vue. Mais c’était bien entendu impossible. Nous aurions pu dialoguer en ligne mais ce n’est pas une génération qui est à l’aise avec ce mode de communication. Ensuite, au sortir de la pandémie, Robert Wyatt a subi une opération importante, requérant d’être allongé la majeure partie du temps, et c’est devenu très complexe d’organiser quoi que ce soit. Bref, entre confinement et problématique de santé, il a été compliqué de converser. Et malgré tout, en dépit de ces complications, il a fait preuve d’une générosité sans pareil, notamment par exemple pour les droits musicaux : c’est lui-même qui a pris son téléphone pour appeler sa maison de disques et lui demander de nous facturer un prix excessivement bas. Et tu sais à quel point cela compte lorsqu’on a un budget serré pour un projet artistique comme le nôtre. Nous lui avons proposé de venir à la première à Annecy (Ndlr : pour la projection en avant-première mondiale le 12 juin 2025 dans le cadre de la compétition du Festival international du film d’animation) mais là encore, ses problèmes de dos ne lui ont pas permis de se déplacer. Nous lui avons, depuis, fait parvenir le DVD mais je ne sais pas s’il a eu la possibilité de le regarder (Ndlr : d’après un article récent, Wyatt, âgé de 80 ans, souffre depuis peu de difficultés cognitives et visuelles, ce qui ne l’empêche pas de garder intacts cet esprit vif et ce sens de l’humour qui le caractérisent).
Est-ce que c’est Robert Wyatt qui t’a suggéré les deux morceaux de Matching Mole (« O Caroline » et « Signed Curtain ») que l’on retrouve dans le film, en sus de l’intégralité de Rock Bottom ?
MARÍA TRÉNOR : Non. Je trouvais tout simplement que ces deux morceaux avaient judicieusement leur place dans la narration. Et d’ailleurs, dans le film, la présence de Caroline joue, d’une certaine mesure, un rôle dans l’accident de Robert Wyatt (Ndlr : rappelons ici que le film n’est pas un biopic. L’ex-compagne de Wyatt, Caroline Coon, journaliste, peintre et militante britannique, n’est plus dans sa vie au moment de l’accident). Quant à « Signed Curtain », je l’adore tout simplement. Ce concept de « méta-paroles » et de « méta-chanson » est une preuve additionnelle, s’il en était besoin, du génie de Robert Wyatt !
Comment as-tu approché cette contre-culture des années 70 pour réaliser le film ?
MARÍA TRÉNOR : J’ai mené de nombreuses recherches. J’ai regardé des documentaires, lu des ouvrages et des articles sur le sujet. Cette phase est d’ailleurs l’une de mes parties préférées du processus de préparation d’un film.
« Je crois que je n’ai jamais entendu à ce jour une musique aussi originale que celle de Rock Bottom » – María Trénor
Ce film n’est pas un biopic. Pourquoi ce choix ?
MARÍA TRÉNOR : Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’il était plus simple de fictionnaliser la vie de Robert Wyatt pour garantir une résonance profonde avec la musique de Rock Bottom. Ensuite, parce que je voulais vraiment profiter de ce film pour dépeindre toute cette génération qui a vécu à Majorque dans les 70’s. Robert et Alfie en sont le reflet, même si en réalité ils n’ont pas vécu ensemble à Majorque. Le film est donc un mélange de la vie de de ces deux artistes, de leur génération, et surtout de cette contre-culture qui a pris racine dans le nord de Majorque. Bien avant les 70’s d’ailleurs, avec des gens comme Robert Graves (Ndlr : écrivain et poète britannique, installé dès les années 1920 à Deyá et dont la maison est devenue un centre littéraire et artistique, attirant de nombreuses personnalités) qui était un ami de la mère de Robert Wyatt. Elle admirait énormément Graves, faisait partie de son cercle artistique et le choix du prénom de Wyatt est à ce titre un hommage explicite au poète. C’est elle qui a envoyé son fils, alors encore adolescent, auprès de Robert Graves à Majorque en 1962. C’était l’opportunité pour le jeune Wyatt de changer d’air et de se reconstruire dans un environnement stimulant après sa tentative de suicide. Et c’est aussi ainsi que Graves est devenu un véritable mentor pour ce grand artiste en devenir.
Donc une période charnière donc pour Wyatt ?
MARÍA TRÉNOR : Absolument. Et c’est aussi à Deià que Robert Wyatt s’est réellement attelé à la batterie (Ndlr : même si ses premières leçons datent de 1950, dispensées par l’américain George Neidorf qui logeait chez ses parents, près de Douvres). Graves qui a fréquenté et encouragé la scène jazz locale à Palma de Majorque a eu d’une certaine manière un rôle important dans le développement de Robert Wyatt (Ndlr : son gendre, Ramón Farrán, qui dirigeait l’Indigo Jazz Club, est devenu le second professeur de Wyatt, « un jazzman à l’ancienne ; strict sur la façon de tenir correctement les baguettes et sur la bonne distance des coudes par rapport à la cage thoracique » selon les propres mots de Wyatt). Le film dépeint toute cette riche atmosphère culturelle, cette effervescence permanente et cette ambiance particulière dans le nord de Majorque, où se sont retrouvés nombre d’artistes Européens. Alfie n’a en revanche pas fréquenté ce cercle. Donc cela fait partie de la fiction dans ce film.
Le choix d’un film d’animation s’est imposé dès le départ ?
MARÍA TRÉNOR : C’est d’abord une question de rentabilité. Dans le monde occidental, les films d’animation visent, au travers des enfants, un public familial. Il y a un effet de levier évident puisque ce sont les parents qui emmènent les enfants au cinéma. Très rapidement, pour le même film, tu peux avoir toute une famille qui prend son billet – ce qui est donc beaucoup plus rentable qu’un film d’animation pour adultes.
Quelle a été ton approche pour ce film : as-tu commencé par écrire un scénario complet, as-tu privilégié un storyboard en partant de la musique etc. ?
MARÍA TRÉNOR : J’ai d’abord écrit le scénario, sur la base des textes de l’album. En essayant de représenter en images ce que les paroles m’inspiraient. Globalement, la dimension à la fois poétique et abstraite des textes m’a donné une grande liberté pour en interpréter le contenu. Un titre comme « Alifib » comporte une dimension tellement surréaliste qu’il était aisé de visualiser des images pour cette chanson. « Sea Song » également a été simple à visualiser. Je pense aussi à « At Last I Am Free » (Ndlr : qui figure sur la compilation de 1982 de Robert Wyatt Nothing Can Stop Us, titre originellement écrit par Chic en 1978) qui clôture le film et pour laquelle j’ai eu l’idée de toute cette ellipse temporelle.

« Ce film est une fiction qui mêle des éléments de la vie de Robert Wyatt et de sa compagne Alfie, de leur génération et surtout de cette contre-culture qui a pris racine dans le nord de Majorque » – María Trénor
Une magnifique ellipse, complètement inattendue ! Pourquoi ce choix de la rotoscopie comme technique principale? Était-ce un procédé pour évoquer des souvenirs filtrés ou transformés ?
MARÍA TRÉNOR : Deux raisons : l’une financière et l’autre humaine. La première tient à la production du film en elle-même : cette approche est plus rapide et donc, tout simplement, moins onéreuse. Et la seconde, c’est que ça te permet de collaborer avec de vrais acteurs et actrices, ce qui est formidable car, traditionnellement, sur un film d’animation tu peux vite te retrouver à travailler seul dans ton coin. Et cela a l’avantage supplémentaire de mobiliser l’intelligence collective. Ce travail d’équipe m’a permis d’intégrer de nombreuses suggestions au fil de l’eau.
Est-ce que tu as suivi stricto sensu ce que tu avais initialement filmé ou as-tu pris la liberté de t’en éloigner ?
MARÍA TRÉNOR : Je savais que le processus de production serait différent de celui d’un film d’animation classique. Normalement, tu pars d’un storyboard et tout est planifié… Mais je tenais réellement à ce que ce film garde une part expérimentale. Ce qui signifiait que nous allions être amenés à créer en cours de route. Et d’ailleurs, certaines images n’ont été réalisées qu’à la toute fin du projet, lors du montage, alors que nous commencions à avoir une vue d’ensemble. Un bon exemple est la scène avec les volets (Ndlr : remarquable !) qui a été rajoutée à ce moment-là.
Tu évoquais tout à l’heure la diversité de textures et de styles. Tu passes de l’un à l’autre de manière très fluide. Qu’est-ce qui a guidé tes choix esthétiques ?
MARÍA TRÉNOR : La musique, tout simplement. Les moments en rotoscopie matérialisent la vie réelle alors que l’animation réalisée de manière manuelle reflète ces moments où les protagonistes sont sous l’emprise des diverses drogues. Chaque passage a sa logique propre, à l’instar de ce que nous avons retenu pour représenter le style des films d’Alfie, avec une approche plus réaliste, comme un film expérimental en 16 mm. J’avais ce sentiment que c’était la musique même de Robert Wyatt qui me dictait de faire preuve d’imagination et m’encourageait à me sentir libre. Ce qui était absolument cohérent avec la volonté de proposer un film d’auteur et non un film commercial. Il a fallu que je partage, que j’explique et parfois impose ma vision. Cela n’a pas toujours été simple car certaines personnes qui travaillent dans l’animation ont du mal à s’extraire d’un certain cadre très normé et avaient à ce titre parfois des difficultés à comprendre ce que je voulais obtenir. Heureusement, j’ai aussi collaboré sur ce film avec des peintres, et globalement des artistes qui ne venaient pas spécifiquement que du monde de l’animation.
Certains de ces choix amplifient la dimension incroyablement poétique du film. Je pense par exemple à cette soudaine scène avec deux visages, qui sont de vrais acteurs je suppose, et où l’un souffle dans les voiles d’un navire vers l’autre…
MARÍA TRÉNOR : C’est un très bon exemple pour illustrer mon précédent propos. Certaines personnes me disaient constamment que l’intégralité du film devait être animée. Et je me disais le contraire en mon for intérieur en regardant notamment cette scène que je trouvais également magnifique, avec ces images réelles, de leurs visages et du bateau, avec une texture en contraste complet des scènes antérieures et suivantes. Ce sont des décisions que nous avons prises au moment du montage, avec pour parti pris de ne pas hésiter à revenir sur certaines de nos idées, voire à les modifier complètement.
Peux-tu me parler de cette scène délirante vers la fin, où l’on voit danser des ours et où l’on retrouve Alfie enchaînée pendant que Wyatt est sur son lit d’hôpital…
MARÍA TRÉNOR : C’est une scène qui capture l’effet conjoint des drogues et des produits chimiques prodigués par l’hôpital pour enrayer la douleur. La musique de Wyatt évoque des hallucinations, notamment des animaux – ces ours qui dansent – dans le texte et aussi dans les sonorités avec les interventions du saxo. Alfie, quant à elle, se sent enfermée artistiquement. Elle travaille sur des films (Ndlr : elle est notamment engagée comme deuxième assistante monteuse en 1973 sur le film Don’t Look Now de Nicolas Roeg, ce qui explique son déplacement à Venise et le fait que Wyatt l’y ait retrouvée pour une parenthèse enchantée quelques temps avant son accident) mais sait pertinemment qu’elle n’obtiendra ni la célébrité ni la reconnaissance. Elle ne dispose pas de la liberté nécessaire pour donner libre cours à sa veine créative. C’était beaucoup plus difficile pour une femme à cette époque-là. Elle a donc renoncé à ses ambitions et a abandonné sa carrière dans le cinéma pour s’occuper de Robert Wyatt (Ndlr : elle devient son manager, sa directrice artistique et collabore également à certains textes à partir de 1980, notamment pour l’album Dondestan).
C’est une très belle histoire, plus de cinq décennies ensemble au travers de cette collaboration artistique… Et également ce renoncement premier…
MARÍA TRÉNOR : Je comprends tout à fait les raisons qui ont pu motiver ce souhait chez Alfie de rester avec lui (Ndlr : ils se marient après son accident à la sortie du disque Rock Bottom). Robert Wyatt a une telle personnalité et un tel charme. C’est quelqu’un de vraiment unique. Ensuite, il est possible que la culture même d’Alfie, avec des parents autrichiens très catholiques, l’ait poussée à rester auprès de lui. Mais ce ne sont que des conjectures de ma part ici (Ndlr : rires).


« La dimension à la fois poétique et abstraite des textes m’a donné une grande liberté pour en interpréter le contenu » – María Trénor
Le film n’aborde pas la manière dont Robert Wyatt a trouvé la force de parachever l’album après son accident. Pourquoi ce choix ?
MARÍA TRÉNOR : C’est une période effectivement très intéressante mais nous avons souhaité nous concentrer sur l’histoire d’amour entre Alfie et Robert Wyatt plutôt que sur sa résurrection. Notamment parce que cela nous a permis de représenter tous ces magnifiques paysages de Majorque et de construire ainsi un cadre vraiment onirique. Et puis, tout simplement aussi parce que le film aurait été trop long.
Est-ce que tu as l’impression que le montage final correspond globalement à ce que tu avais exactement en tête au départ au début du projet ?
MARÍA TRÉNOR : Bonne question. Nous avions imaginé d’autres scènes auxquelles nous avons dû renoncer pour des questions de budget. Comme pour « Little Red Riding Hood Hit the Road ». Donc, au début, je dois reconnaître que j’étais très déçue et il m’a fallu du temps pour l’accepter. Mais en revoyant le film, encore et encore, je m’y suis habituée. Et à chaque fois que je vois le film, je l’aime davantage. Le monteur a fait un travail incroyable pour compenser et pallier ces scènes que j’avais en tête. Je crois que c’est une situation que l’on vit dans nombre de films, pas seulement dans l’animation au demeurant : soudainement, l’argent manque et il faut trouver de manière créative comment combler les vides. Je sais également qu’un cinéaste n’est jamais totalement satisfait. Mais au final, il est probable que le public n’aurait pas remarqué tous ces détails que j’avais en tête et que j’aurais voulu ajouter.
De quelle manière ce film t’a challengé, en tant qu’artiste, par rapport à tes œuvres précédentes ?
MARÍA TRÉNOR : C’était une expérience totalement différente, rien à voir avec mes courts-métrages. Dans un court-métrage, je travaille avec très peu de gens, une équipe réduite, maximum 5 personnes. Mais ici, j’ai probablement collaboré avec environ 500 personnes et un budget beaucoup plus conséquent. Donc de facto, il y avait plus d’enjeux. Avec ce sentiment de ne pas tout contrôler, contrairement à un court-métrage et ce, même s’il s’agit d’un film d’auteur. Tu dois te battre tout le temps. Le monde de la production n’est pas simple (Ndlr : rires).
« J’avais ce sentiment que c’était la musique même de Robert Wyatt qui me dictait de faire preuve d’imagination et m’encourageait à me sentir libre pour créer » – María Trénor
Est-ce que quelque chose a changé en toi lors de la réalisation de ce film ? Est-ce que tu ressens encore plus profondément le voyage émotionnel de Robert Wyatt et Alfie ?
MARÍA TRÉNOR : Oui. J’ai le sentiment maintenant que la musique m’appartient aussi, d’une certaine manière. Et je suis très heureuse des retours des fans de Robert Wyatt. Leur opinion était très importante pour moi. Je ne savais pas quelle allait être leur réaction. Notamment face à mon interprétation et à ma manière de représenter cette musique par des images. Je sais que certains ont été touchés au point de pleurer lors des projections. Nous avons eu également d’excellents retours de la presse spécialisée – qu’elle soit culturelle, cinématographique ou musicale – avec par exemple un article en première page du Monde suite à la projection à Annecy.
Un succès amplement mérité. D’autant plus que je suis convaincu que l’on peut se plonger avec bonheur dans ce film sans pour autant connaître l’univers de Robert Wyatt ou l’existence de Rock Bottom. Quel est ton prochain projet ?
MARÍA TRÉNOR : Je réfléchis à un autre projet musical, qui sera également un film d’animation. Avec pour horizon 2030 : deux ans pour lever les fonds et deux ans pour le réaliser. Ce sera une sorte de biopic mais je ne peux pas t’en dire plus si ce n’est qu’il s’agira, cette fois, de musique espagnole.
Crédit photo : Alfie Benge & Renaud Monfourny
Interview réalisée le 28 juillet 2025 par Stéphane Rousselot via Zoom.








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