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Geoff Downes et Chris Braide se sont retrouvés sous la bannière du projet DBA (Downes Braide Association) pour un quatrième opus studio intitulé « Halcyon Hymns » paru en Février dernier. Ce nouveau disque est indiscutablement leur meilleur album à ce jour. Rarement, la musique composée par Geoff n’aura été autant inspirée et la poésie aussi présente, dans les textes chantés par Chris Braide comme dans la narration de Barney Ashton Bullock. Tout cela dans un juste équilibre qui confère à cet album une authenticité et un supplément d’âme évident. Et le liant en est sans doute le thème global de l’album qui, mêlant nostalgie et optimisme, nous plonge de manière très intimiste dans les souvenirs d’un passé révolu.

La musique, elle-même, pop-rock foncièrement surannée, s’ornemente de quelques accents progressifs plus marqués que sur les précédents DBA. Et sous le vernis se dévoile au fil des écoutes une musique plus subtile qu’il n’y parait au premier abord. Si l’album est très empreint d’un héritage glorieux (et la pochette réalisée par le maître Roger Dean ne fait pas exception) il n’en demeure pas moins d’une fraicheur et d’une modernité exceptionnelle. Un réel tour de force. DBA nous offre ici un magnifique voyage à rebours du temps et tout simplement l’un des meilleurs albums du premier semestre de 2021.

Geoff Downes, légende du rock progressif, nous a fait la gentillesse de s’extraire du studio, où il enregistre actuellement avec YES, pour répondre à nos questions, avec le sens de l’humour qui le caractérise, nous parler plus en détails du projet DBA et plus particulièrement de ce nouvel album « Halcyon Hymns ». Nous tenons à le remercier de sa disponibilité et de la qualité de cet échange.

Quelle est la genèse de Down Braides Association et comment vos chemins se sont-ils croisés avec Chris ? 

GEOFF DOWNES : Trevor Horn (ndlr : le complice de Geoff dans The Buggles) avait travaillé avec Chris sur l’un de ses projets, The Producers. Et j’ai ensuite fait sa connaissance lorsque Trevor a fait appel à lui en 2010 pour un concert exceptionnel de The Buggles (ndlr : un concert londonien avec des invités prestigieux dont les bénéfices ont été reversés au Royal Hospital for Neuro-disability). Chris officiait alors en tant que second clavier pendant le show. Nous avons pas mal discuté. Il m’a confié être un fan invétéré de The Buggles et m’a fait part de son envie de travailler un jour avec moi et d’écrire quelque chose ensemble. A ce moment-là il venait juste de bouger à Los Angeles. Et par un pur hasard je me suis moi-même retrouvé là-bas quelques mois plus tard. Et c’est ainsi que nous avons commencé à bosser ensemble.

4 albums studios ensemble ce n’est pas rien et cela constitue surtout une belle aventure humaine. Qu’est ce qui, selon toi, fait que cela fonctionne particulièrement bien entre vous ? D’où vient cette alchimie? 

GEOFF DOWNES : Cela tient probablement au fait que nous ne sommes jamais ensemble dans la même pièce. Un océan nous sépare ! Nous n’avons pas l’occasion de nous disputer (ndlr : rires). Plus sérieusement, ça fonctionne très bien entre nous parce que, tout d’abord, nous sommes tous deux férus de technologie et capables d’en tirer le meilleur. Nous pouvons collaborer virtuellement et confronter nos idées par le biais d’échange de fichiers. C’est devenu un mode de travail routinier. Très clairement, la pandémie que nous connaissons ces derniers temps a conduit nombre artistes à avoir recours à cette méthode de travail. Mais en ce qui nous concerne, ça n’a rien de nouveau et à contrario, cela procède d’une approche qui nous parait très naturelle. Nous avons développé cette capacité à bien comprendre l’autre à distance et une véritable magie opère entre nous.

Est-ce que le mode de travail en duo (avec Chris) diffère d’une collaboration au sein d’un groupe complet, comme c’est le cas avec YES ?

GEOFF DOWNES : J’ai toujours écrit en duo d’une certaine manière. D’abord avec Trevor Horn dans The Buggles. Puis avec John Wetton dans ASIA, John avec lequel j’ai beaucoup écrit par ailleurs (ndlr : ICON par exemple). Et c’est aussi le cas au sein de YES avec Steve Howe. Travailler à deux, comme ça, est un process qui me convient particulièrement bien. Et la manière dont je bosse avec Chris s’inscrit exactement dans la même approche.

Comment vous répartissez vous les rôles dans le process créatif? 

GEOFF DOWNES : Chris est vraiment le parolier. Je partage avec lui mes idées de musique et je lui suggère également parfois des mélodies. Et c’est lui qui ensuite pose des mots sur la musique. Il contribue également musicalement et en terme de production. Chris a pour habitude de se mobiliser fortement sur toutes les dimensions des projets qu’il entreprend.

Est-ce que tu dirais que l’expérience de Chris, en tant que producteur d’artistes très mainstream, apporte quelque chose de différent à DBA ?

GEOFF DOWNES : C’est drôle quand on y pense. Car lorsque j’ai commencé ma carrière (ndlr : avec The Buggles) j’étais moi-même très mainstream. Ensuite j’ai pris une autre direction, une réelle tangente vers le monde du rock progressif. Mais si tu regardes ASIA, nous étions somme toute également très mainstream. ASIA offrait une musique accessible à un public bien plus large que celui plus restreint du rock progressif. Pour revenir en arrière, tout d’abord, j’ai grandi avec le rock progressif. Ensuite, si je me suis éloigné de la scène pop, c’est avant tout parce que, en tant que claviériste, cette musique non seulement ne pouvait pas me permettre de m’exprimer pleinement mais aussi pouvait se révéler très éphémère. Il était difficile pour moi d’entrevoir des développements nouveaux pour le projet The Buggles. A partir du moment où nous avons connu le succès avec « Video killed the radio star » les gens n’attendaient de nous qu’un autre « Video killed the radio star » ! C’est sans doute pour cela que Trevor a choisi de s’orienter vers la production. Il est d’ailleurs devenu un producteur renommé et mondialement connu. Quant à moi j’ai préféré me consacrer à l’écriture et à continuer à jouer au sein de groupes. Nous avons pris des chemins différents. Mais pour en revenir à Chris, je pense qu’il a une sensibilité musicale globale. D’ailleurs il possède beaucoup de disques de rock progressif, de Yes à Caravan, tous ces groupes avec lesquels j’ai grandi. Et s’il a travaillé avec des artistes mainstream pour gagner sa vie il ne faut pas oublier qu’il a travaillé avec les plus grands de ces artistes mainstream, comme Lana Del Rey, Beyonce, Cristina Aguilera ou encore David Guetta. Le fait est que Chris et moi-même sommes à la croisée des genres. Et ce projet DBA est quelque part au milieu. Il possède ces éléments caractéristiques de la pop musique tout en ayant la profondeur du rock progressif.

L’album est sorti officiellement en Février. Peux-tu nous en dire un peu plus sur son élaboration ?

GEOFF DOWNES : L’album en lui-même a pas mal évolué au fil du temps et surtout dans les dernières étapes. Nous en étions arrivés à un certain stade du process créatif lorsque Chris a proposé à Barney (ndlr : Ashton-Bullock, lequel était déjà intervenu sur « Skyscraper souls ») d’ajouter des éléments narratifs sur l’album. Immédiatement l’album a pris une nouvelle dimension comme une nouvelle direction. Ce n’était plus soudainement plus un assemblage hétéroclite de compositions. Cela a également été le cas avec Roger Dean (ndlr : un des artistes les plus impliqués dans l’illustration du rock progressif) qui a réalisé la pochette, une pochette magnifique au demeurant, très symbolique et en pleine adéquation avec le contenu de l’album. C’est Roger qui a suggéré le martin- pêcheur sur la pochette (ndlr : On le nommait primitivement halcyon, emprunté au latin “alcyon”, lui-même dérivé d’un terme grec désignant un oiseau mythique). Alors que nous avions en tête d’appeler l’album « Holding up the heavens » (ndlr : un des titres du disque) nous avons changé d’avis sentant qu’une fois de plus l’album prenait une autre dimension et avons donc opté pour « Halcyon Hymns ». Globalement c’est ainsi que l’album a avancé. Petit à petit avec pas mal de changements. Mais nous sommes tous deux extrêmement heureux du résultat ainsi obtenu.

C’est un album qui ne peut laisser insensible au regard des émotions capturées et retranscrites avec authenticité ici, le tout dans un sentiment profond d’unité, de la musique aux textes, en passant par l’artworks et la narration poétique. Est-ce le thème global de l’album qui, de par sa dimension peut-être plus personnelle et introspective, a donné une couleur différente à cet album?

GEOFF DOWNES : « Halcyon Hymns » est le reflet de ce que Chris et moi-même ressentions et traversions à l’époque. Très certainement les changements brutaux lié à la crise sanitaire auront affecté, d’une manière ou d’une autre , le thème comme le message principal de l’album. Ce disque est un voyage au travers de différentes émotions. On y retrouve une dimension dramatique mais également de l’optimisme. Car au final nous devons tout faire pour nous en sortir et passer à autre chose. Donc oui, cet album est un mélange de différentes sensations, il est sombre, bouleversant mais également positif. A l’image de ce qu’on retrouve souvent dans la littérature et l’art, ce mix de tragédie et de comédie, de bonheur et de tristesse etc… Et il est évident que certaines des idées formulées par Chris ont font naitre beaucoup d’émotions fortes et diverses. Ce qui était clairement notre intention avec cet album.

Nous avons ici un album qui trouve résolument son inspiration dans les heures glorieuses de la fin des 70’s et le début des 80’s. Et pour autant, l’album sonne incroyablement frais et moderne. Comment avez-vous réussi ce tour de force?

GEOFF DOWNES : Notre écriture a toujours comporté une part de nostalgie par rapport à ce passé et ce, sur l’ensemble de nos albums. Il est indiscutable que cette période de la fin des 70’s et du début des 80’s, est particulièrement émouvante pour moi, puisque c’était mon époque à différents titres. Chris, lui-même, est un grand fan de cette époque. Et c’est sans doute pour cela qu’il avait en premier lieu très envie de travailler avec moi. Mais vouloir écrire un album empreint de cette nostalgie en se contentant de reprendre la formule de l’époque ne peut pas fonctionner. Il est fondamental d’apporter un nouvel angle, une nouvelle coloration. Et je pense que la manière dont nous avons évolué au cours des années (en terme de son ou de production) démontre à quel point nous avions à cœur d’apporter une touche de modernité à ce projet. Nous ne voulions pas juste nous complaire dans le passé. Nous voulions également nous tourner vers l’avenir. Mais trouver ce point de juste équilibre n’est pas toujours simple. Il n’est jamais aisé de partir des codes d’une époque passée pour parvenir à construire quelque chose de plus accessible au regard des standards actuels.

DBA

On retrouve Marc Almond (Ndlr : Softcell) sur un morceau de cet album. Sa courte participation est absolument magnifique. Un très beau texte particulièrement mis relief avec émotion par son chant. Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec Marc?

GEOFF DOWNES : Il se trouve que Chris à une longue relation professionnelle avec Marc puisqu’il a produit plusieurs de ses albums. Marc avait toujours voulu travailler avec nous car il avait été réellement séduit par nos premiers albums. De là, Chris lui a proposé de chanter sur un des morceaux (ndlr : « Skindeep ») du précédent LP. Nous avons beaucoup aimé la combinaison de sa voix avec celle de Chris. Ca nous a réellement ouvert de nouvelles portes. Et de là, lorsque Chris a mentionné que nous étions en train de travailler sur un nouveau album, Marc a aussitôt proposé de lui-même d’y contribuer. Il a même souhaité écrire une partie des paroles du morceau qu’il allait chanter (ndlr : « Warm summer sun »). Le plus drôle dans l’histoire est que je n’ai jamais rencontré Marc. Tout a été réalisé à distance. Mais je ne perds pas espoir de faire sa connaissance au festival Rewind en août prochain (ndlr : festival anglais aussi connu sous le nom de 80’s Rewind Festival, regroupant des stars des années 80).

« Le fait est que Chris et moi-même sommes à la croisée des genres musicaux. Et ce projet DBA est quelque part au milieu. Il possède ces éléments caractéristiques de la pop musique tout en ayant la profondeur du rock progressif. » – Geoff Downes

Peux-tu nous parler de l’expérience scénique avec DBA ? 

GEOFF DOWNES : C’était top d’avoir donné une dimension scénique à ce projet (ndr : voir le très recommandé « Live in England »). Au tout début c’était assez étrange de me retrouver sur scène avec Chris puisque, même si nous nous étions déjà rencontrés, nous n’avions jamais travaillé de visu avant cette tournée. En tout cas, ce fût une expérience fantastique avec, qui plus est, des musiciens tout autant fantastiques. En parlant de musiciens, nous avons sur cet album le très talentueux Dave Bainbridge à la guitare (ndlr : Strawbs, Lifesigns, Dave Fitzgerald, etc.. ). Nous avons aussi une très solide section rythmique avec Andy Hodge (ndlr : Marc Almond, We Will Rock You musical, Mark Kingswood etc..), qui jouait déjà sur les précédents disques et a apporté des passages à la basse très inventifs, et également Ash Soan à la batterie (ndlr : Rick Wakeman, Billy Idol, Cher etc…). C’est une véritable chance d’avoir pu compter sur ces musiciens pour cet album. Chacun d’entre d’eux est une pointure dans sa spécialité.

Cet album est très orienté pop-rock, comme toujours, tout en étant cette fois plus progressif que jamais. Etait-ce complètement intentionnel?

GEOFF DOWNES : C’est vraiment lié à la vision que Chris et moi-même avions pour cet album. Tu peux structurer ton album comme un simple enchainement de morceaux reliés qui ne sont en aucune manière les uns aux autres, ce qui en soi est bien sûr OK. Mais sur ce disque, à défaut d’écrire un concept album, nous voulions proposer quelque chose de plus ambitieux, qui se présente comme un tout. On en revient à l’époque des vinyles avec lesquels tu ne pouvais pas sauter d’un morceau à l’autre comme on le fait aujourd’hui avec les supports actuels. A contrario on écoutait l’album dans sa globalité tel qu’il avait été pensé et créé. De la même manière que l’on écoute un morceau de musique classique. La Musique est pleine de nuances et de variations et doit être écoutée dans son intégralité et non au hasard de morceaux ou passages.

Peux-tu nous parler de la collaboration avec Barney (ndlr : pour la partie narration de l’album) avec lequel vous aviez déjà travaillé. Avait-il carte blanche ? 

GEOFF DOWNES : Il a eu une liberté absolue. C’est un poète. Parfois lorsque tu travailles avec des gens, il est préférable de les laisser être eux-mêmes plutôt que de vouloir leur imposer quoi que ce soit. Je ne vais pas lui expliquer comment écrire de la poésie, ce n’est pas mon rayon. Si tu demandes à quelqu’un d’intervenir il faut le laisser avancer comme il le souhaite. Avec Barney, nous lui avons donné les titres des morceaux, une partie de la musique et l’avons laisser s’en imprégner et s’en inspirer librement. Et le résultat est une merveille. Et sa voix également, très riche et élégante avec cette tonalité très anglaise.

Quels sont tes projets dans l’immédiat ?

GEOFF DOWNES : Je suis actuellement en studio. Nous travaillons sur le nouvel album de YES qui semble très bien se profiler. Nous avons réussi à trouver des moments en dehors du cadre strict du confinement pour nous retrouver. Nous espérons sortir cet album cet année mais il est trop tôt pour s’engager sur une date de sortie. J’ai, en parallèle, été très occupé à droite et à gauche sur divers petits projets, comme écrire un solo pour un morceau de tel ou tel autre artiste. Et j’ai vraiment apprécié. C’est mon univers ! Nous envisageons aussi de tourner avec YES l’année prochaine (ndlr : tournée Relayer). C’est une tournée qui a été repoussée par deux fois du fait de la crise sanitaire. En espérant que cette fois nous allons enfin pouvoir reprendre le cours de nos activités et revenir à ce que nous aimons le plus, à savoir la scène. Et si des opportunités se présentent avec DBA, ASIA ou même avec The Buggles, je serai partant !

ENGLISH VERSION

Geoff Downes and Chris Braide have teamed up again to release “Halcyon Hymns”, last February. A truly magnificent album, if not their finest to date. This is one record which flows naturally, taking the listener through a complete journey of its own. These memories of days gone by in an England not so long ago are inviting us to some nostalgia, but equally, to look positively forward. But even more remarkably, this is a record where everything comes beautifully together – from the stunning artwork by Roger Dean, the poignant lyrics from Chris, the inspired and evocative music from Geoff (and his signature synth sounds) to the superb poetry narration from Barney. The music, true to DBA’s DNA, is very much pop rock but with a stronger progressive feel than ever. And as an ultimate achievement, the music manages to look back at the glorious days of the late 70’s and early 80’s, whilst sounding extremely and incredibly fresh. A proper tour de force. A highly commended album and as far as I am concerned, one of the best albums that has come out so far in 2021.

We had the opportunity to discuss the DBA project and more specifically this outstanding album, “Halcyon Hymns”, with prog-legend Geoff Downes. Firstly, we would like to thank Geoff for his time. Secondly, we would like thank him for this very enjoyable conversation, due to Geoff being such a wonderful person, extremely talkative and having such a great sense of humour.

 

How did the whole DBA project come up and how did your paths cross with Chris?

GEOFF DOWNES : Trevor Horn (Geoff’s duo partner with The Buggles, Ed.) was working with Chris, on a project of his own, The Producers. I then met Chris when we were rehearsing with Trevor for a Buggles gig reformation back in 2010. Chris was the second keyboard player. He mentioned he was a huge Buggles fan and said he’d like to do some writing with me one day. And so from that point, we started talking. He’d just moved over to LA. And then it just so happened I was in LA a couple of months later. So we started working together.

4 studio albums together is a human adventure. What would you say are the specifics that made that relationship gel between the two of you? Where does the chemistry come from?

GEOFF DOWNES : Probably because we’re never in the same room (Laughs, Ed.). There’s a great big ocean between us. It probably helps to keep you together. You don’t get any fights because you’re so far apart. More seriously, it worked very well for us because we’re both tech-orientated. We have this ability to be able to transfer files between each other and bounce ideas off. Even from the first album it was all done on a kind of virtual approach. We were very used to that way of working. Obviously, with the latest situation with the pandemic, people have been really forced into that way of operations, not being able to get into the same room. But as far as Chris and myself were concerned, it was really a very ‘kind of normal / natural’ thing for us. We don’t need to be in the same room to have that empathy. We have got that magic of working together.

Is that different working as a duo with Chris as opposed to, say, working part of a band as is the case for YES?

GEOFF DOWNES : I always had a one-to-one song-writing relationship, going back to the Buggles for example, with Trevor Horn. Obviously with ASIA, John Wetton and I wrote a lot of stuff together. It certainly was also the case with Yes, working with Steve (Howe, Ed.) Having that one-to-one basis for song writing is something that really suits me. And working with Chris is no different.

In terms of working on a record, how do you split the creative process between yourselves?

GEOFF DOWNES : Chris is really the lyricist. I feed him the musical ideas and I even hint at the melodies. That’s where he creatively puts the words to the music. But he also contributes a lot musically and production-wise as well. So this is only one side of him. Chris is very ‘to the fore’ of everything he does.

Do you feel the experience of Chris, in a sort of more “mainstream” industry, is also adding something to the equation?

GEOFF DOWNES : It’s funny because when I started out, I was involved in mainstream music (The Buggles, Ed.). I moved then from the mainstream to the far left (Laughs, Ed.), the world of progressive music! But if you go back to ASIA, ASIA was pretty mainstream really. It was accessible music to a wider range of people than progressive music. But having said that, progressive music was something I grew up with. I moved away from the pop scene more for the reason that, being a keyboard player, pop music can be very quickly short lived. The Buggles were never really going to take it that much further. Once we had “Video killed the radio star” everybody asked for another “Video killed the radio star”. I guess that’s why Trevor Horn chose to move into production. He certainly became very established and well known as a world record producer. And I moved more into the performance and playing with bands. We kind of diverged. And going back to Chris, I think he can see both sides of it. There’s a lot of progressive music in his vinyl collection. From Yes, to Caravan, all these bands I grew up with. But as they say you got to make a living and he’s definitely very good at it. The people he worked with are top people, Lana Del Rey, Beyonce, Cristina Aguilera, David Guetta. You can’t get more mainstream than that. The great thing that Chris and I got is that we have cross genres experience in all these fields and the DBA project somehow meets in the middle. It’s got the pop element and but at the same time it’s got the depth of progressive music.

The album was officially released in Feb. Can you tell us a little bit more about how it came together?

GEOFF DOWNES : We messed around with it quite a lot in the final stages. We got to a certain point when Chris suggested Barney (Ashton-Bullock, Ed.) to come and do some narration on the album. This took the album in another direction. It became a much bigger picture than a collection of songs, to us anyway. That was also the case when we were talking to Roger Dean who was doing the sleeve, which I think is a very beautiful sleeve by the way, and also somehow very symbolic, a great reflection of the inside of the album. Roger came up with this idea of the kingfisher on the front cover (the kingfisher was called “halcyon” from the Latin “alcyon”, derived itself from a Greek word designating a bird from the Mythology, Ed.). So, we were initially going to call the album ”Holding up the heavens” (one of the album tracks, Ed.). But once that had gone in there, things developed again and we started thinking that maybe this was taking us once more in a different direction. That‘s how we ended up with this title. Overall it was a case of moving forward, bit by bit, and changing things. But we’re both very happy with the way it turned out.

« The DBA project has got the pop element and but at the same time it’s got the depth of progressive music… » – Geoff Downes

Leading onto this, there is something naturally and beautifully coming together with this record. Could it be that the overriding theme, somehow maybe more personal and introspective, gave a different colour to this album?

GEOFF DOWNES : Halcyon Hymns is a reflection of what Chris and I were feeling at the time. Certainly, the way this whole world changed over a year ago had a bearing on the message of the album. This album is like a journey. There is pathos but optimism as well. Because, somehow, we’ve got to get through this and get to the other side. But yes, this is a mixture between an upbeat feel and a more poignant and moody feel. When you look at literature and art there is always a mix of pathos, tragedy, comedy almost, happiness and sadness etc…. Chris’ initial ideas certainly sparked off a lot of emotions. And this is really what we were aiming for on the album.

On one hand this album is looking back at the glorious days of late 70’s and early 80’s. And on the other hand, it feels extremely fresh and modern. How did you achieve this tour de force?

GEOFF DOWNES : There is quite a bit of nostalgia the way we write, even going back to the earlier albums. Certainly that period of late seventies and early eighties, is particularly poignant to me because that was my era in many ways. Chris himself is a big fan of that period. Which is probably one of the reasons why he wanted to work with me in the first place. But, to make a nostalgic album, just going back and trying to emulate what was happening is not going to work. You’ve got to put a spin on that. And I think the way we developed over the years (sound and production-wise) demonstrates that we wanted to get that modern twist on it. We didn’t want it to just be a backward-looking thing. We wanted it to be futuristic as well. It’s a very difficult line to draw in some respects because you have these classical elements from way back when, and then you try to turn that into something that is accessible, about today, rather than a reflection of the past.

You have Marc Almond (Softcell, Ed.) singing again on the album. His short contribution is just outstanding. Beautifully crafted lyrics and a lot of emotion in his voice. What’s the story behind working with Marc?

GEOFF DOWNES : Chris has quite a long relationship of working with Marc and has produced a couple of albums for him. Marc always wanted to be involved with DBA because he really loved the albums we did. So Chris offered Marc to sing on the previous album (Skindeep track, Ed.). We really liked the combination of his voice and Chris’s s voice. They really work well together. It opened another door for us. When Chris shared that he was thinking of doing another album with me, Marc mentioned he’d want to be involved. He even came forward and said he’d love to write a verse for the song he was going to sing (Warm summer sun, Ed.). The funny thing is I have never met Marc. It’s all been done remotely but I am really hoping to see Marc in the Rewind festival (also known as the 80’s Rewind Festival, taking place in Berkshire, England, Ed.) next August.

Can you tell us a little more about the stage experience with DBA?

GEOFF DOWNES : It was great to take this project onto the stage (highly commended album “Live in England”, Ed.). It was at first weird in a way being on stage with Chris because, even though I’d met Chris before, we only ever genuinely worked face to face in a situation like this. So it was really fantastic to get out there on stage, also with the other musicians who were equally fantastic. On this album we have the very talented Dave Bainbridge on the guitar (Strawbs, Lifesigns, Dave Fitzgerald, etc.. Ed.). We also have a very solid rhythm section with Andy Hodge (Marc Almond, We Will Rock You musical, Mark Kingswood etc.., Ed.), who played on the last few albums, and who brought very inventive parts on bass, and Ash Soan on drums (Rick Wakeman, Billy Idol, Cher etc, Ed.). We’re very fortunate to have these great musicians working with us. All of them are extra special in their own world!

This album is still very much pop rock but, this time, with a much progressive feel than ever? Was that a direction from the start?

GEOFF DOWNES : It’s got more to do with the vision Chris and I had. You can do a collection of songs and that’s OK. On this album we wanted it to be, not a concept album, but if anything, a whole. It goes back to the days when you had that vinyl in your hands; you did not just jump a track all the time, you listened to the whole album the way it was meant to be written. In the same way actually that if you’d listen to a piece of classical music. You have to appreciate music is all about dynamics, high and lows and needs to be listened to, as an entity rather than just like a drop in the needle anywhere.

Can you tell us more about the collaboration with Barney. You’ve worked with him before. How did you involve him this time, and at what point of the creative process did you give him full freedom?

GEOFF DOWNES : He has freedom. He is a poet. Sometimes when you work with people you are better off letting them be themselves rather than saying this is what you should be doing. I am not the one to tell him to make poetry. That is not my gig. So if you bring someone in, you have to let them roll with the ball. In the case of Barney, we said here are the songs titles, some of the mood and the music, see what it says to you. And he came with all this fabulous stuff. And his voice as well of course is very rich, with this very English tone to it.

What are your plans and projects for the near future?

GEOFF DOWNES : I am in the studio right now. We’ve been working on another YES album. It’s coming along very well. We found a few windows where there was no strict lockdown, so we were able to get together at certain points. We hope to get the album out this year, although it’s too early to communicate a release date. I have been quite occupied, doing other smaller projects here and there. I even had, for instance, people asking me to put a solo on a piece of music. And I really enjoyed doing this. This is My World. We’re also planning on a YES tour next year (The Relayer tour, Ed.). That’s the tour that was planned and postponed twice due to the pandemic. Hopefully by that time we will be able to get back to what we love to do, which is playing Live. And if there are any opportunities for the DBA, ASIA, or even The Buggles, I would be up for it.

Une interview réalisée en avril 2021 par Stéphane Rousselot – remerciements à Maria Lundy & Billy James

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A propos de l'auteur

Stéphane Rousselot

C’est la découverte de la pochette de l’album « Killers » en 1981, ce rictus grimaçant dans les rues mal éclairées de l’East end londonien, œuvre de Derek Riggs, dessinateur attitré de la Vierge de Fer, qui fut à l’origine de mon parcours musical. Il me faudra toutefois attendre l’acquisition du single « Flight Of Icarus » en 1983 pour enfin découvrir la proposition musicale derrière l’illustration visuelle. C’est dans doute pour cela, qu’au-delà d’une passion pour un style musical, j’ai développé un goût prononcé pour l’iconographie et par extension, pour le soin apporté à présenter un album comme une œuvre globale. Un visuel, une musique, une narration – une parfaite invitation à des voyages immobiles fascinants. Du Heavy Metal au hard-rock plus globalement (dans toutes ses infinies composantes), en passant entre autres par le rock progressif, le jazz-rock, le trio-jazz, l’électro, le classique et sans oublier une certaine chanson française avec en premier lieu le grand Léo Ferré, poète post-moderne avant l’heure. De l’amour des mots est née une passion pour la littérature, des classiques contemporains (Montherlant, Gracq, Aragon) à l’anticipation (Serge Brussolo, l’auteur fétiche de mes nuits blanches avec sa contribution inestimable à la collection Fleuve Noir). Enfin, de la littérature au cinéma avec le plaisir à chaque fois renouvelé d’aller aux festivals de Gerardmer et Deauville chaque année. A l’heure de proposer ici quelques critiques d’albums ou autres, je garde à l’esprit la phrase de Prévert à Carné au sujet du film « Les Portes de la Nuit », « J’en ai marre de bosser dix mois sur un scenario pour me faire engueuler en dix lignes par un con de critique ». Tout est dit.

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