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On n’arrête plus les vikings ! On est à peine remis de la trilogie dantesque assénée avec The Tower / The Crucible / The All Is One, que le trio de Trondheim remet le couvert de belle manière avec (si je compte bien) leur 24eme album original en … 30 ans d’existence. On pourrait craindre un essoufflement, une baisse de qualité ou d’inspiration avec un tel rythme … bin non. Le groupe maintient son haut niveau de qualité tout en restant fidèle à son style reconnaissable. La musique de Motorpsycho est toujours aussi puissante, entre rock progressivo-psychédélique et proto-doom à la Black Sabbath ou Big Elf (« Kingdom Of Oblivion« ). D’ailleurs, une surprise se loge dans la première moitié de l’album avec une reprise du « The Watcher » d’Hawkwind, un des titres du groupe signé par Lemmy Kilminster. La version signée ici est magnifique, plus sombre, plus hypnotique, allumée et lancinante que l’originale, qui sonne presque comme une bluette lorsqu’on les écoute à la suite. Pour épauler le trio Bent Sæther (chant, basse, guitare, claviers, percussions), Hans Magnus Ryan (guitare, choeurs, claviers, mandoline, violon, basse) et Tomas Järmyr (batterie, chœurs) , c’est le cousin suédois et guitariste extraordinaire Reine Fiske ( Landberk, The Amazing ) qui vient poser sa guitare caractéristique, ses claviers et co-signer les arrangements de la plupart des titres. Parmi ceux-ci, « The United Debased« , est forgé au plomb : un riff qu’on pourrait entendre sortir de la guitare de Iommi, vient taquiner un chant très mélodique, des claviers planants et contient surtout quelques-uns des plus beaux solos de l’album. « DreamKiller » de son côté avec le même Fiske est bien plus barré. Toujours aussi lourd quand la puissance se déchaine, il sait aussi se faire parfois minimaliste. Le psychédélisme, associé à la puissance d’un Black Sabbath, c’est bien ce qu’évoque le plus cet album. Que ce soit le morceau titre, « Kingdom Of Oblivion« , ou le long « The Transmutation Of Cosmoctopus Lurker« , ou encore le tout premier « The Waning Pt 1 & 2« , on prend en permanence la puissance de la musique et des compos en pleine face, avec des riffs puissants, une basse tonitruante, mais en même temps une véritable construction progressive avec des phrases musicales qui s’entrechoquent, changent de direction et de rythme, des solos frénétiques qu’on croirait accouchés sous acide, bref si on rentre dans l’univers des norvégiens, on ne s’ennuie pas un quart de seconde. Le groupe sait aussi laisser respirer son public et propose entre ces morceaux de bravoure quelques intermèdes acoustiques (« Atet« , « Lady May« , « Cormorant« ), ou plus classiques (« At Empire’s End« ).
Motorpsycho réalise encore un grand disque. Il reste encore des réminiscences de la trilogie Gullvåg, dans la lourdeur de plusieurs titres, mais on retrouve aussi un fort contraste, avec des titres acoustiques, presque légers et folkloriques qui ramènent à Phanerothyme, une de leurs grandes réussites. Ceci étant, la force de Kingdom Of Oblivion…c’est sa force justement : imaginez la chevauchée des Valkyrie sonorisée par Black Sabbath ayant pris du LSD et vous aurez une idée de ce que vous prendrez dans la figure en écoutant la majeure partie de l’album. L’univers de Motorpsycho se mérite, mais une fois que vous avez trouvé la clé.
MOTORPSYCHO – KINGDOM OF OBLIVION

Titre : Kingdom of Oblivion
Artiste : Motorpsycho
Date de sortie : 2021
Pays : Norvège
Durée : 70’18
Label : Rune Grammofon
Setlist
1. The Waning (Pts. 1 & 2) (7:29)
2. Kingdom of Oblivion (6:56)
3. Lady May (3:21)
4. The United Debased (9:03)
5. The Watcher (5:04)
6. Dreamkiller (5:15)
7. Atet (2:17)
8. At Empire’s End (8:36)
9. The Hunt (5:46)
10. After the Fair (1:58)
11. The Transmutation of Cosmoctopus Lurker (10:55)
12. Cormorant (3:38)
Line-up
– Bent Sæther / lead vocals, bass, guitar, keyboards, drums
– Hans Magnus Ryan / lead guitar, vocals, keyboards, mandolin, violin, bass
– Tomas Järmyr / drums, vocals

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