Jersey Boys
3.3Note Finale

Il faut le dire d’emblée, Jersey Boys est un film impeccable, rutilant, un peu engoncé et futile comme une bulle de champagne. En nous plongeant dans l’histoire de ces quatre copains qui fondèrent les Four Seasons, groupe mythique des années 60 de l’autre côté de l’Atlantique, le vintage ruisselle et donne au film son côté rétro-naphtaline renforcé par une réalisation qui ne s’écarte que trop rarement de la comédie musicale originale. La raison principale de cette adaptation peut-être trop fidèle vient également d’un script est adapté par les auteurs originaux, Rick Elice et surtout Marshall Brickman scénariste reconnu qui avait collaboré sur plusieurs films de Woody Allen, notamment Annie Hall et Manhattan. Si Jon Favreau (Iron Man, The Mandalorian) est d’abord le réalisateur désigné par l’écurie Warner, il abandonne rapidement le projet avant que celui-ci ne tombe entre les mains de Clint Eastwood qui retournait derrière la caméra trois ans après J. Edgar. Un éternité pour le cinéaste, habitué à un rythme de tournage quasi-annuel. Gageure, les acteurs du film sont les mêmes que sur la scène de Broadway ce qui confère à l’ensemble une unité et une cohérence qui entraîne les numéros musicaux sur un tempo (trop) bien réglé. Une douce nostalgie en ressort. Le bonheur, également, de retrouver Christopher Walken dans un rôle décent et dansant, et cette manière toujours sinueuse, du réalisateur, pour ne pas vraiment traiter son sujet. Clint Eastwood préfère en effet appuyer sur le deuil et les regrets, le sens du sacrifice et la mélancolie amère qui drapent ses personnages. Cette façon de creuser le matériel brut de départ donne au film juste assez de relief pour échapper aux clichés habituels et à sa monotonie programmatique sous cellophane. Pas forcément de quoi convaincre non plus puisqu’il s’agira d’un nouvel échec public et surtout critique.

ENGLISH VERSION

JERSEY BOYS

It must be said from the outset, Jersey Boys is a flawless, gleaming film, a little bit futile like a champagne bubble. By immersing us in the story of these four buddies who founded the Four Seasons, a mythical band from the 60s, vintage shimmers and gives the film its retro-naphthalmic side reinforced by a direction that only too rarely departs from the original musical. The main reason for this perhaps too faithful adaptation also comes from a script adapted by the original authors, Rick Elice and above all Marshall Brickman, a renowned screenwriter who had collaborated on several Woody Allen films, including Annie Hall and Manhattan. Although Jon Favreau (Iron Man, The Mandalorian) was initially the director designed by Warner Bros., he quickly abandoned the project before it fell into the hands of Clint Eastwood who returned behind the camera three years after J. Edgar. An eternity for the filmmaker, accustomed to a quasi-annual filming rhythm. So, the actors in the film are the same as on the Broadway scene, which gives the whole thing a unity and coherence that sets the musical numbers to a (too) well-tuned tempo. A gentle nostalgia emerges. The happiness, also, to find Christopher Walken in a decent, dancing role, and this always sinuous way, of the director, not really dealing with his subject. Indeed, Clint Eastwood prefers to lean on the mourning and regret, the sense of sacrifice and the bitter melancholy that drapes his characters. This way of digging into the raw material gives the film just enough relief to escape the usual clichés and its programmatic monotony. Not necessarily convincing either, since it will be another public and above all critical failure.

Jersey Boys - Clint Eastwood (2014)

Titre : Jersey Boys
Titre original : Jersey Boys

Réalisé par : Clint Eastwood
Avec : Christopher Walken, Kathrine Narducci, Freya Tingley, Vincent Piazza, Steve Schirripa…

Année de sortie : 2011
Durée : 135 minutes

Scénario : Rick Elice, Marshall Brickman
Montage: Joel Cox et Gary D. Roach
Image : Tom Stern
Musique : Bob Gaudio

Nationalité : États-Unis
Genre : Drame

Synopsis : Quatre garçons du New Jersey, issus d’un milieu modeste, montent le groupe “The Four Seasons” qui deviendra mythique dans les années 60. Leurs épreuves et leurs triomphes sont ponctués par les tubes emblématiques de toute une génération qui sont repris aujourd’hui par les fans de la comédie musicale...

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A propos de l'auteur

Cyrille Delanlssays

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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