Décidément, Neal Morse n’en finit pas de changer de braquet. A peine Neal Morse & The Resonance digéré fin 2024 qu’il nous revient avec un tout nouveau quatuor labellisé Cosmic Cathedral. Toute une histoire ! En s’entourant des vétérans chevronnés Chester Tompson (Genesis, Collins, Zappa et plus récemment Unitopia), Phil Keaggy et Byron House (Alison Krauss), venus d’horizons musicaux variés, notre ami ne mégote pas avec l’excellence d’instrumentistes de tout premier plan et s’aventure sur des terrains de jeu moins habituels, plus jazz et funk sans jamais oublier les racines « Beatles » de Spock’s Beard et surtout de Transatlantic.
A ce petit jeu, certains pourront trouver The Resonance plus aventureux sur le papier. Et pourtant ! En ajoutant de larges influences groove et jazz, Cosmic Cathedral a élaboré Deep Water au fil de sessions et de jams qui donnent à l’ensemble une énergie singulière, presque scénique, qui emporte le morceau. Et si les textes de Morse tournent une fois encore autour des mêmes schémas de foi et de croyance (l’estampille est tout un programme à lui seul), il ne faudrait surtout pas bouder son plaisir à écouter ce supergroupe qui ne fait jamais semblant de s’amuser.
En témoignent les 13 minutes du morceau d’ouverture « The Heart of Life« , qui nous plonge dans un prog-rock parfaitement équilibré, avec sa rythmique impeccable et sa ligne mélodique imparable. On retrouve ici la « quintessence » d’un Neal Morse inspiré porté par la formidable guitare de Keaggy. Quelle introduction ! Et la suite… surprend : « Time to Fly » dont le feeling jazzy nous ramène du côté de Steely Dan et Toto. C’est cool, coloré, festif. Et « Walking in Daylight » poursuit avec le même brio. Si « I Won’t Make It » et son épure acoustique détone un peu dans l’environnement du quatuor c’est uniquement par son aspect très Neal Morse solo, épuré, qui, sans enlever l’émotion provoquée, évacue l’énergie du quatuor jusque-là tendue comme un arc. Ce choix d’un interlude peut aussi se comprendre avant la cavalcade du morceau titre, longue suite de 38 minutes divisée en neuf parties. Une fois encore, on se retrouve dans la cour de récréation de Neal Morse, grand habitué de la chose, et lui donne l’occasion de passer d’un genre à l’autre sans trembler des genoux : ballade acoustique (« Fires of the Sunrise« ), rock heavy (« Launch Out – part one« ), rythmique de feu (« Nightmare » et la fretless de Byron House) atmosphères teintées de sombre (« Nightmare in Paradise« ) et des soli cristallins de Phil Keaggy (« Storm Surface« ) avant un final élégiaque désormais signature (« The Door to Heaven« ). Le seul bémol pourrait être le manque de surprise dans cet enchevêtrement toujours virtuose mais dont on ne ressort pas complètement abasourdi.
Quoi qu’il en soit, porté par la production limpide de Jerry Guidroz (Transatlantic, Sons of Apollo…) ce premier album de Cosmic Cathedral devrait éveiller un peu plus que la simple curiosité des amateurs de Neal Morse et de Transatlantic. En s’entourant de musiciens chevronnés, il ne s’éloigne pas tant que ça des formules habituelles mais il ajoute suffisamment de nouvelles couleurs à sa palette pour en faire un album réjouissant, sans aucun doute l’un de ses plus convaincants depuis quelques années.
COSMIC CATHEDRAL – DEEP WATER

Titre : Deep Water
Artiste : Cosmic Cathedral
Date de sortie : 2025
Pays : États-Unis
Durée : 71’30
Label : InsideOut Music
Setlist
1. The Heart of Life (13:35)
2. Time to Fly (6:54)
3. I Won’t Make It (3:55)
4. Walking in Daylight (8:56)
– Deep Water Suite (38:10) :
5. Introduction (3:03)
6. Launch Out, Pt. One (4:38)
7. Fires of the Sunrise (4:05)
8. Storm Surface (2:41)
9. Nightmare in Paradise (6:58)
10. Launch Out, Pt. Two (1:51)
11. New Revelation (5:15)
12. Launch Out, Pt. Three (1:48)
13. The Door to Heaven (7:51)
Line-up
– Neal Morse / keyboards, guitars, vocals
– Phil Keaggy / guitars, vocals
– Byron House / bass
– Chester Thompson / drums & percussio

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