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Downes Braide Association - Halcyon Hymns
4.8Note Finale

Si avec ce nouvel album, Geoff Downes (Yes, Asia, Buggles) et Chris Braide  (producteur renommé pour son travail auprès d’artistes mainstream tels que Beyoncé, Christina Aguilera ou encore David Guetta) semblent reconduire une formule largement éprouvée sur leurs trois précédents opus studio, le résultat n’en demeure pas moins étonnamment nettement supérieur à ce qu’ils ont produit à ce jour. Rarement, la musique composée par Geoff Downes n’aura été aussi inspirée et la poésie autant présente, dans les textes chantés par Chris Braide comme dans la narration de Barney Ashton Bullock. Tout cela dans un juste équilibre et une magnifique symbiose qui confèrent à cet album un supplément d’âme que ne possédaient pas ses prédécesseurs. Et il est fort probable que le choix du thème de l’album y soit pour beaucoup. Avec Halcyon Hymns les deux artistes nous offrent un disque profondément empreint d’une grande nostalgie, celle d’une jeunesse révolue dans une Angleterre d’un autre siècle, et plus particulièrement du parfum de ces lointains étés ou tout était alors en devenir et les champs du possible presque infinis. Ils y convoquent avec une rare authenticité les fantômes de ce distant passé, retranscrivant à merveille les sensations d’alors et en mesurant les fragments à l’aune du présent.

Ceci explique sans doute pourquoi l’écoute de Halcyon Hymns  nous procure les mêmes sensations que la découverte d’un vieil album de photos que l’on aurait exhumé d’un grenier oublié. Et dès lors, ce disque ne nous apparait plus comme une simple recréation du passé mais semble, pour ce qui est de sa tonalité, réellement en provenir. Le travail d’aquarelle de Roger Dean sur la pochette, qui nous renvoie au souvenir d’une époque faste (Yes, Uriah Heep, Gentle Giant, Asia), quelque part entre la fin des années 70 et le début de la décennie suivante, accrédite cette thèse. La courte mais convaincante prestation de Marc Almond (ex-Softcell), sur le second couplet du magnifique « Warm Summer Sun», contribue également à cette illusion. De la poésie écrite et lue par Ashton Bullock exhalent réellement des fragrances d’autrefois.  Ses mots font ressurgir avec une mélancolie profonde des lieux magiques pour qui connait Angleterre (la regatta de Henley-on-Thames, le festival de Harvey et bien d’autres encore). Seul regret au demeurant, le texte déclamé par Barney Ashton Bullock ne figure pas dans le livret de l’album (Ce dernier travaillerait actuellement à une édition limitée de tous les textes proposés à ce jour sur les albums de DBA).

La musique, elle-même, pop-rock délicieusement surannée, s’ornemente de quelques accents prog plus marqués que sur les précédents DBA.  Sous le vernis se dévoile une musique plus subtile qu’il n’y parait au premier abord. Elle oscille entre un Asia qui se serait assagi mais aurait conservé son sens des refrains immédiatement mémorisables ( «Your heart will find the way » , «King of the Sunset»,  « Today »), un Marillion, ère Hogarth, dans son expression la plus pop (très perceptible dans le refrain de « Holding the heavens »), un It Bites, époque Francis Dunnery (particulièrement frappant dans les intonations de « Love among the ruins », jusqu’aux «Na nananana » du break). On notera d’ailleurs que le graphisme du titre de l’album Eat me in St Louis, d’It Bites, ressemble étrangement celui de Halcyon Hymns. Et pour cause, il était déjà l’œuvre du sus-cité Roger Dean. Que de correspondances ! Et l’on pense également à Kate Bush, çà et là, avec notamment « Remembrance », la pièce maitresse de l’album (11minutes), qui évoque irrésistiblement « A sky of honey » du double album Aerial. Enfin, si cet album est profondément empreint d’un héritage glorieux, il n’en demeure pas moins d’une fraicheur et d’une modernité exceptionnelle grâce au soin apporté au son. Un réel tour de force.

Ce n’est pas la première fois que le duo, originaire de Warrington pour l’un et de Stockport l’autre, célèbrent leur attachement pour leur contrée natale. On se souviendra notamment de l’émouvant « Dreaming of England » sur l’album Suburban Ghost (repris par la suite sur leur album Live). Mais avec Halcyon Hymns  ils vont plus loin, puisant dans les tréfonds de leur mémoire et de leur cœur, pour nous inviter, avec réussite, à un très beau voyage à rebours du temps.

 

—- RETROUVEZ L’INTERVIEW DE GEOFF DOWNES (VF & VA) ICI —-

DOWNES BRAIDE ASSOCIATION – HALCYON HYMNS

Downes Braide Association - Halcyon Hymns (2021)

Titre : Halcyon Hymns
Artiste : Downes Braide Association

Date de sortie : 2021
Pays : Angleterre
Durée : 63’37
Label : DBA Records

Setlist

1. Love Among the Ruins (6:24)
2. King of the Sunset (6:37)
3. Your Heart Will Find the Way (5:20)
4. Holding the Heavens (7:54)
5. Beachcombers (3:31)
6. Warm Summer Sun (4:34)
7. Today (6:59)
8. Hymn to Darkness (2:59)
9. She’ll Be Riding Horses (4:35)
10. Late Summer (2:24)
11. Remembrance (11:44)
12. Epilogue (0:36)

Bonus DVD:
1. Roger Dean live painting sessions
2. Love Among the Ruins *
3. Your Heart Will Find the Way *
4. Today *

Line-up

– Geoffrey Downes / keyboards, piano, programming, Vocoder
– Chris Braide / vocals, keyboards, piano, programming, guitar

With:
– Ash Soen / drums
– Andy Hodge / bass
– Dave Bainbridge / guitars
– David Longdon / vocals (2,4)
– Marc Almond / vocals (6)
– Barney Ashton Bullock / narration

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A propos de l'auteur

Stéphane Rousselot

C’est la découverte de la pochette de l’album « Killers » en 1981, ce rictus grimaçant dans les rues mal éclairées de l’East end londonien, œuvre de Derek Riggs, dessinateur attitré de la Vierge de Fer, qui fut à l’origine de mon parcours musical. Il me faudra toutefois attendre l’acquisition du single « Flight Of Icarus » en 1983 pour enfin découvrir la proposition musicale derrière l’illustration visuelle. C’est dans doute pour cela, qu’au-delà d’une passion pour un style musical, j’ai développé un goût prononcé pour l’iconographie et par extension, pour le soin apporté à présenter un album comme une œuvre globale. Un visuel, une musique, une narration – une parfaite invitation à des voyages immobiles fascinants. Du Heavy Metal au hard-rock plus globalement (dans toutes ses infinies composantes), en passant entre autres par le rock progressif, le jazz-rock, le trio-jazz, l’électro, le classique et sans oublier une certaine chanson française avec en premier lieu le grand Léo Ferré, poète post-moderne avant l’heure. De l’amour des mots est née une passion pour la littérature, des classiques contemporains (Montherlant, Gracq, Aragon) à l’anticipation (Serge Brussolo, l’auteur fétiche de mes nuits blanches avec sa contribution inestimable à la collection Fleuve Noir). Enfin, de la littérature au cinéma avec le plaisir à chaque fois renouvelé d’aller aux festivals de Gerardmer et Deauville chaque année. A l’heure de proposer ici quelques critiques d’albums ou autres, je garde à l’esprit la phrase de Prévert à Carné au sujet du film « Les Portes de la Nuit », « J’en ai marre de bosser dix mois sur un scenario pour me faire engueuler en dix lignes par un con de critique ». Tout est dit.

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