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Appice Perdomo Project - Energy Overload
4.3Note Finale

Véritable révélation, APP est le fruit d’une collaboration qui déboule sans préavis et réunit, de manière à priori improbable, deux musiciens américains, que séparent plusieurs générations. Et pourtant, à regarder de près leurs parcours respectifs, on s’aperçoit très vite que tous deux possèdent, in fine, de nombreux points en commun.

A ma droite, le célébrissime batteur Carmine Appice, qui aura accédé à la reconnaissance médiatique dès la fin des années 60 au sein de Vanilla Fudge. Et si ce groupe l’aura institué en tant que premier batteur “power-rock” de l’histoire, ses aptitudes à pouvoir jouer des styles aussi différents que le jazz, le rock, la fusion ou le hard rock en auront fait un musicien très sollicité par une multitude d’artistes aussi différents les uns que les autres (Rod Stewart, Pink Floyd, King Cobra, Blue Murder, Ozzy Osbourne et même Christophe. On se souviendra d’ailleurs, avec émotion, de l’imposante prestation de Carmine à l’Olympia, pendant l’excellente tournée Aimer ce que nous sommes) .

A ma gauche, le guitariste Fernando Perdomo qui, à tout juste 41 ans, est d’ores et déjà un musicien de studio très convoité (au regard de ses états de service auprès de Jennifer Lopez et de nombreux autres artistes mexicains ou portoricains), multi-instrumentiste au demeurant, artiste solo (bien plus d’une quinzaine d’albums au compteur) et producteur de renom (Life on Mars, Andy Pratt etc..). Parmi ses influences revendiquées, on retrouve, pêle-mêle, les guitaristes Todd Rundgren, Robert Fripp, Neil Young et Peter Banks. Et si l’éclectisme caractérise son parcours, sa prestation en tant que directeur musical du Greg Lake tribute lors de l’édition 2017 du festival Cruise To The Edge confirme son amour pour le rock progressif. Tout autant que son album Out to sea (2018), hommage, entre autres, à des groupes comme Focus ou Nektar.  Bref, vous l’avez compris, à l’instar de Carmine Appice, Fernando Perdomo est un touche-à-tout extrêmement doué.

Si c’est le hasard des rencontres qui a permis, il y a environ un an, à leurs chemins de se croiser, Fernando confiait toutefois récemment avoir «toujours rêvé de concrétiser cette collaboration avec Carmine, qui est l’un de mes batteurs préférés au monde». Une fois les deux artistes réunis, il restait à définir la direction musicale de l’album. Dilemme fort cornélien lorsque l’on sait à peu près tout jouer. Plutôt que de devoir choisir, les deux musiciens semblent avoir décidé de laisser libre cours à leur inspiration, avec pour seul mot d’ordre, de graver pour la postérité un album instrumental d’une rare intensité. Mission accomplie avec ce disque en surchauffe permanente, qui transpire la vie dans son intensité la plus folle, emporte tout sur son passage dans un grand élan positif, en impose techniquement sans jamais sacrifier aux harmonies.

Blow speaker boogie“, la compo qui ouvre l’album, sonne comme un hommage appuyé à des ZZ Top sous amphétamines avec ses descentes de manche infernales, grasses et bluesy. Le soigné “Funky Jackson“, comme son nom l’indique, est calé sur une rythmique très funk qui rappellerait certaines meilleures heures des Red Hot Chili Peppers.  Le véloce “Energy Overload” nous convie à un déluge de feu (sans aucun doute le morceau le plus heavy de l’album). Quatre minutes d’une course poursuite infernale, digne des plus grands shredders, et sur laquelle vient se greffer un solo du claviériste Derek Sherinian  (invité sur deux titres) aux sonorités immédiatement reconnaissables entre mille. Le single “Rocket to the Sun” avec son intro slide est du même acabit, s’appuyant sur une partition hors normes du talentueux Carmine et permettant à Fernando d’aller directement à son propos, le temps d’un décollage incandescent de trois minutes au compteur avec une petite touche presque prog-metal sur la fin. “Pure ecstasy” et “Little Havana“, dans un esprit jazz rock, prennent tous deux le contrepied des morceaux plus heavy. “Pure ecstasy” est sans doute le plus mémorable des deux. D’une exécution parfaite, très easy-going et sur un thème enjoué, il permet à la guitare de Fernando et aux claviers de Derek Sherinian (qui opte ici pour des tonalités assez surprenantes) de se livrer à de périlleux solos. Enfin, il convient de citer deux reprises sur cet extraordinaire album. Tout d’abord, “Do you think I’m sexy” (de Rod Stewart, co-écrit en 1978 avec Carmine Appice lui-même !), sur un rythme presque reggae et avec une guitare qui se substitue complètement au chant. Superbe et déjanté. Et dans un registre peut-être plus conventionnel mais tout aussi réussi,  la version de “Maybe I’m amazed” de Paul Mc Cartney sur laquelle officie Durga McBroom, la choriste attitrée de Pink Floyd.

Cette collaboration inattendue entre Carmine Appice et Fernando Perdomo vient de créer un combustible hautement explosif. Un premier essai discographique comme une claque magistrale qui force le respect et fait un bien fou dans le paysage musical actuel. Et l’on peut définitivement conforter le guitariste qui se questionnait au sujet de Energy Overload, espérant «que la formidable énergie créée au travers de cet album se révèle contagieuse».

APPICE PERDOMO PROJECT – ENERGY OVERLOAD

Appice Perdomo Project - Energy Overload (2021)

Titre : Energy Overload
Artiste : Appice Perdomo Project

Date de sortie : 2021
Pays : États-Unis
Durée : –
Label : Cleopatra Records

Setlist

1. Blow Speaker Boogie
2. Funky Jackson
3. Energy Overload
4. Flower Child
5. Rocket To The Sun
6. Pure Ecstasy
7. The Triumph
8. Maybe I’m Amazed
9. Little Havana, Big Havana
10. Da Ya Think I’m Sexy?
11. Starstream
12. Thunder
13. Reprise

Line-up

Carmine Appice
Fernando Perdomo

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