Riverside - Wasteland
4.5TOP 2018

O[Album]n a encore un peu de mal à s’en remettre. La disparition, soudaine, du guitariste Piotr Grudziński en 2016 avait laissé Mariusz Duda et ses compagnons Michał Łapaj et Piotr Kozieradzki dans une déferlante de tristesse. Un sentiment que l’on retrouvera largement étalé via Lunatic Soul, le projet solo de Mariusz, et ses deux albums brisés : Fractured (2017) puis Under the Fragmented Sky (2018). Pour Riverside, tout n’était alors qu’incertitude et futur hypothétique. Malgré tout, après la sortie de l’atmosphérique Eye of the Soundscape (2017), compilation d’inédits en hommage au travail de Piotr, les membres se sont finalement lancés dans l’aventure d’une septième étape studio forcément attendue.

Pour ne pas faire les choses à moitié, Wasteland se veut donc un album concept sur les premiers jours d’un univers post apocalyptique, le tout habillé de ces sentiments de perte et d’abandon qui ne se défait jamais vraiment des neuf morceaux proposés. La profondeur du propos s’accompagne d’une instrumentation qui surprendra les amateurs historiques du groupe sans pour autant s’avérer totalement hors zone. A la première écoute, certains pourront être décontenancés tant l’album entretient ce sentiment étrange d’un univers à la fois connu (on pense souvent à Out of Myself sorti il y a 15 ans) qui se serait vu plongé dans de multiples influences telles que Jethro Tull, Pink Floyd et, moins surprenant, Lunatic Soul dont la musique ne cesse de s’accoupler avec celle de Riverside et vice et versa.

De l’introduction a capela sur « The Day After » aux riffs puissants de « Acid Rain » qui annoncent finalement un somptueux passage aérien, Riverside s’amuse à annoncer une couleur tout en changeant la donne pour mieux surprendre. Wasteland alterne ainsi les mélodies catchy (« Vale of Tears »), les passages plus apaisés (« Guardian Angel », « The Night Before ») et les envolées délicates (« Wasteland », « River Down Below ») sans se départir d’une rugosité discrète mais affirmée. Au passage, il se permet une instrumentale de neuf minutes délicieusement azimutée (« The Struggle for Survival »)… sans grandiloquence ni emphase malvenue, la setlist gigogne emboîte les titres avec logique imparable.

Il est évident que le choix de Mariusz Duda de s’occuper de la majeure partie des guitares (hormis quelques soli réservés à Maciej Meller et Mateusz Owczarek) offre un son joliment travaillé, à la fois si loin et si proche des précédents albums, qui ne se lasse pas de nous plonger dans ses abîmes mélancoliques. En choisissant de commencer ce nouveau chapitre de leur histoire sans abandonner un passé foisonnant, les musiciens de Riverside regarde devant eux et livre un Wasteland à la fois sombre et fascinant.

 

photo by Oskar Szramka

RIVERSIDE – WASTELAND

Riverside - Wasteland (2018)

Titre : Wasteland
Artiste : Riverside

Date de sortie : 2018
Pays : Pologne
Durée : 51’01
Label : Inside Out

Setlist

1. The Day After (1:48)
2. Acid Rain (6:02) :
– Part 1: Where Are We Now?
– Part 2: Dancing Ghosts
3. Vale of Tears (4:48)
4. Guardian Angel (4:24)
5. Lament (6:10)
6. The Struggle for Survival (9:31):
– Part 1: Dystopia
– Part 2: Battle Royale
7. River Down Below (5:43)
8. Wasteland (8:27)
9. The Night Before (4:08)

Line-up

– Mariusz Duda / vocals, bass, piccolo bass, electric (solo 5,8) & acoustic guitars, banjo, composer & co-producer
– Michał Łapaj / keyboards, synth, Fender Rhodes, Hammond, Theremin (8)
– Piotr Kozieradzki / drums

With:
– Maciej Meller / guitar solo (2,4,6,7)
– Mateusz Owczarek / guitar solo (3)
– Michal Jelonek / violin (1,5,6,8)

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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