Transatlantic: The Absolute Universe Tour
Olympia, Paris / 28 juillet 2022
L’excitation est à son comble dans cette mythique salle de l’Olympia en ce jeudi 28 juillet, peu avant 20h. Et pour cause, non seulement il aura fallu attendre plus d’un an pour que Transatlantic puisse venir défendre sur scène ce magnifique album qu’est The Absolute Universe mais c’est aussi la première venue du groupe en France depuis 2014 (tournée Kaleidoscope). En outre, le programme de la soirée s’annonce fabuleux au regard des set lists des précédents concerts européens (la date française étant la dernière de cette tournée). Et enfin, le groupe a annoncé avoir la ferme intention d’enregistrer pour la postérité ce show, avec un DVD blu-ray à suivre (cf interview de Roine Stolt sur ce site).
Le « supergroupe » Transatlantic ne semble pas connaitre la demi-mesure. Car si la version longue de The Absolute Universe flirte avec l’heure et demie de musique, la prestation du groupe ce soir avoisine quasiment les trois heures de show, dont une grande partie, bien sûr, consacrée au dernier album. Aux commandes de ce dirigeable absolument hors normes, pour un voyage astral aux confins d’un univers progressif qui l’est tout autant, on retrouve tout d’abord, dans une mise en scène assez unique, les deux leaders charismatiques du groupe encadrant la scène, chacun à une extrémité, Neal Morse à gauche et Mike Portnoy à droite, tous deux légèrement surélevés par rapport au reste du groupe. La position de face du kit de batterie de ce dernier lui permet non seulement un contact direct avec les autres musiciens mais aussi d’animer pleinement le show avec Neal Morse. Et elle a, en outre, le mérite de nous donner l’occasion de mieux apprécier la performance de son jeu. Si la capacité de Mike Portnoy a « tenir sa scène » n’est plus une surprise (pour l’avoir vu officier live au sein d’autres groupes comme Dream Theater ou Sons of Apollo), je dois concéder que la performance éblouissante de Neal Morse est pour moi une véritable révélation ce soir. Et si cette connivence entre les deux américains ne saurait, à elle seule, expliquer le succès de Transatlantic, elle en est très certainement la clé de voûte. La magie qui opère ce soir repose également sur la performance du suédois Roine Stolt (The Flower Kings), certes très réservé mais sublimissime guitariste, démontrant une fois de plus une réelle finesse d’exécution et un grand feeling, avec ces harmonies typiquement seventies, ainsi que sur celle du sautillant bassiste anglais Pete Trewavas, dont le plaisir indicible de jouer avec Transatlantic se lit sur le visage tout au long du show, la musique du groupe lui permettant très clairement d’exprimer de manière plus diverse son large talent qu’avec ses compères historiques de Marillion. Et l’on note au passage que sa performance sur les quelques rares parties chantées passe bien mieux en live qu’en studio (notamment sur la splendide composition « Solitude »). Enfin, l’adjonction sur cette tournée de Ted Leonard (Enchant, Spock’s Beard) en tant que 5ème membre temporaire, tantôt à la guitare, aux claviers et au chant (même si quelque peu en retrait sur la scène par rapport au reste du groupe), se révèle absolument fondamentale compte tenu de la complexité de la musique du combo.
La set list de ce soir, extrêmement large, couvre la quasi intégralité des multiples périodes du groupe, à l’exception de l’album Kaleidoscope, seule réelle impasse du show. Au terme d’une première partie très réussie dédiée à The Absolute Universe, le groupe revient au terme de vingt minutes de pause pour nous offrir tout d’abord un long medley de l’album The Whirlwind avec, notamment, ce passage irréel « Is It Really Happening » baigné dans un magnifique halo de lumières. S’ensuit un court duo de toute beauté entre Neal Morse et Roine Solt, tous deux à la guitare, avant que le groupe ne nous gratifie d’une très belle version de « We All Need Some Light ». Mais l’acmé de ce show est assurément le second et dernier medley de la soirée, articulé autour de l’album SMPTe (la section « Full Moon Rising » de « All of the Above » et une version raccourcie de « My New World ») et de l’album Bridge Across Forever (les sections « Motherless Children » et « Walk Away » de « Duel With the Devil » ainsi qu’un majeure partie de l’exceptionnelle compo « Stranger in Your Soul »). Un moment d’extase absolu qui, sans renier la constante qualité de tous les opus du groupe, démontre néanmoins la suprême excellence des deux premiers albums de Transatlantic.
Le public ne s’y est pas trompé au regard des multiples standing ovations, abandonnant progressivement au cours du set le confort des fauteuils pour célébrer, débout, la musique incroyablement solaire de Transatlantic (une caractéristique de la musique du groupe somme toute très Yessienne qui fait un bien fou par ces temps anxiogènes). Le groupe ne semble d’ailleurs pas revenir de l’accueil du public de l’Olympia ce soir. Très clairement ému au point de voir Neal Morse verser des larmes d’émotions. On ne le dit pas assez mais le public français a cette capacité à être extrêmement démonstratif, surpassant de loin dans ses élans de joie les réactions des publics hollandais, allemands ou anglais. De là à penser que c’est ce qui a pu présider au choix d’enregistrer le show parisien, outre l‘excellente acoustique de la salle et le fait que le groupe soit très bien rôdé avec ce dernier concert de la tournée, il n’y a qu’un pas…
Ainsi que Roine Stolt s’en est expliqué récemment (cf l’interview de Roine Stolt sur ce site), Transatlantic demeure fondamentalement, en premier lieu, un projet. Et le groupe a cette propension à ne pas se projeter au terme de chaque album et tournée qui s’ensuit. Il est donc bien trop tôt pour savoir, si et quand, il s’attèlera à donner une suite à The Absolute Universe. A défaut, le show de ce soir restera profondément gravé dans nos mémoires et le Blu-ray qui l’immortalisera constituera, c’est certain, l’opportunité de nous rappeler que le moment que nous venons de vivre était bien réel.
Setlist
The Absolute Universe
Overture: The Absolute Universe
Reaching for the Sky
Higher Than the Morning
The Darkness in the Light
Take Now My Soul
Bully
Rainbow Sky
Looking for the Light
The World We Used to Know
The Sun Comes Up Today
Love Made a Way (Prelude)
Owl Howl
Solitude
Belong
Lonesome Rebel
Can You Feel It
Looking for the Light (Reprise)
The Greatest Story Never Ends
Love Made a Way
The Whirlwind medley
Overture
Rose Colored Glasses
Evermore
Is It Really Happening?
Dancing With Eternal Glory
(Whirlwind reprise only)
Duo de guitars
We All Need Some Light
SMPTe/Bridge Across Forever medley
Duel With the Devil (Motherless Children and Walk Away)
My New World (Abridged)
All of the Above (Full Moon Rising)
Stranger in Your Soul (Sleeping Wide Awake, abridged Awakening the Stranger and Slide, and Stranger in your Soul)
Et un grand merci à Valérie Reux.


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