Tailgunner - Guns for Hire
3.5Note Finale

Quelques indices laissent immédiatement présager du contenu musical de cet album. En premier lieu, un nom de groupe qui renvoie directement à un titre d’Iron Maiden. En second lieu, l’ex-guitariste de Judas Priest, KK Downing, a adoubé le groupe, le sélectionnant pour la première partie de la tournée de son propre combo. Enfin, le look des musiciens, qui est le véritable marqueur d’une époque désormais révolue (il ne manque d’ailleurs que les cartouchières).  Et donc, sans avoir écouté la moindre note de cet album, l’on devine que les anglais de Tailgunner proposent une musique sanctifiée, dans la pure tradition, sur l’autel d’un heavy metal profondément 80’s.

Et effectivement, ô surprise, le groupe reprend, in extenso et de manière millimétrée, tous les codes de cette période musicale, l’audace en moins. Les compos sont carrées et vont droit au but, de riffs incisifs en refrains enflammés, sans oublier les descentes de manche et les soli en double leads. Avec une voix abrasive mais également capable d’aller également chercher les notes hautes. Pas le temps de souffler, les compos défilent pied au plancher (et quand ça ne va pas assez vite, on accélère encore, comme sur la première partie du break de « Crashdive« ). Aucun mid-tempo et encore moins de balade. Pas de temps pour la romance, l’heure est à la mitraille.  Peu de longues digressions en dehors des 8 minutes de « Rebirth » qui clôt l’album, mais, là encore, sans temps mort.

L’influence majeure de Tailgunner demeure la Vierge de Fer (perceptible dès le riff d’ouverture de « Shadows of War » et jusqu’à l’utilisation des cymbales sur « Futures Lost »), sentiment qui se confirme tout au long de l’album. Mais un Maiden dans son approche la plus frontale, très clairement. L’ombre de Judas Priest plane également (« Guns for Hire« ) sur la musique du groupe, tout autant que celle d’un Metallica des premiers jours (« White Head » ou « Crashdive« ), encore fortement influencé à l’époque par la NWOBHM. Quant aux textes, ils sont à l’image de la pochette, c’est-à-dire le reflet d’une certaine idée du heavy metal, en adéquation parfaite avec la musique et sans peur aucune du cliché (« We’re born of vengeance in the heart of the war  / Nous sommes nés de la vengeance au cœur de la guerre », rien que ça !). Etrangement la musique du groupe semble presque incroyablement accessible comparativement à la majeure partie de la production metal actuelle, preuve s’il en était de l’évolution de ce courant musical, au cours des trois dernières décennies vers une puissance décuplée au détriment, parfois, de la mélodie.

Tailgunner n’apporte aucune pierre nouvelle à l’édifice. Mais, au gré des écoutes, il faut reconnaître que certains titres s’ancrent insidieusement dans votre tête, avec une envie irrépressible d’y revenir. Si vous avez usé jusqu’à la corde les vinyles de vos groupes de heavy metal préférés et souffrez d’un manque chronique, alors ce disque est pour vous. Guns for Hire fera office d’un remontant survitaminé et vous incitera peut-être à trouver une place sur votre veste en jeans pour ajouter un nouveau patch. Il n’en demeure pas moins que la démonstration de force du tout dernier Judas Priest(Invicible Shield) ou la dimension épique du dernier Iron Maiden (Senjutsu) placent, comparativement, la barre sacrément haut. Sans vouloir donner raison à certains, il y a effectivement parfois de quoi préférer l’original à la copie.

TAILGUNNER – GUNS FOR HIRE

Tailgunner - Guns for Hire (2024)

Titre : Guns for Hire
Artiste : Tailgunner

Date de sortie : 2023
Pays : Angleterre
Durée : –
Label : Fireflash Records

Setlist

1. Shadows Of War 4:12
2. Guns For Hire 3:25
3. White Death 4:02
4. Revolution Scream 3:43
5. Futures Lost 4:09
6. New Horizons 5:27
7. Warhead 4:04
8. Crashdive 5:01
9. Blood For Blood 4:05
10. Rebirth 8:42

Line-up

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