Seven Reizh - Quand S'Envolent Les Mots...
4.8TOP 2023

Invitation au voyage. Aux voyages pourrait-on préciser. Car depuis presque 25 ans, le duo de Seven Reizh conjugue à tous les temps la rareté avec l’excellence sans jamais se contenter d’une simple destination, le regard ailleurs, suspendu, où la musique embarque. Cette fois sans Gérard Le Dortz (auteur), la création de ce cinquième album reposait donc sur le compositeur, pianiste et guitariste Claude Mignon qui allait de fait précipiter le concept dans une direction à la fois simple et équilibriste. En effet, Quand s’envolent les Mots reprend, triture, modifie, éclate, recompose en mode « instrumental » la plupart des seize titres qui composaient les deux précédents opus, La Barque Ailée et l’Albatros, projets démesurés déboulés respectivement en 2015 et 2018. Et ce qui ne devait être qu’un diptyque se transforme par la même occasion en trilogie puisque ce volet fait bien plus que « simplement » jouer les flash-back raccourcis. Il réécrit, réinterprète, en un mot, destructure, sans jamais lui faire perdre son âme. Pour Claude Mignon c’est aussi l’occasion de partager avec une trentaine de musiciens, d’incorporer de nouveaux instruments (flûte bambou, erhu, guzheng etc.), de nouvelles voix… et si l’album n’est pas chanté au sens propre du terme, il ne s’épargne jamais l’appui de vocalises planantes, qu’elles soient orientales (Pelin Başar), asiatiques (Huong Thanh) ou même russes (Alexis Vassiliev).

Ce mélange d’alchimiste donne à l’aventure des accents étonnants, parfois déstabilisants, un terreau fertile de cultures et de folklores qui casse et chasse les étiquettes. Et surprend, quand bien même nous viendrions en habitués de Seven Reizh. En cela, le voyage s’avère fantasque et fantastique. Entre la belle introduction éthérée (« Antre« ) et son pendant conclusif où la harpe joue à merveille de la délicatesse et les mélanges orientaux-celtiques qui pourront évoquer les essences d’une Loreena McKennitt, nous croisons le chemin de guitares hispanisantes (« Herzel« ), électrisées façon Mike Oldfield (« Cheñch« ), franchissons les frontières de l’Asie tout en jouant sur l’atmosphérique (« Vents Contraires« ), le mystérieux (« Kraozon« ), le grand cinémascope (« Brems« ) qui parfois s’emballe (« Odisea« , « The Middle Path« ) comme pourrait le faire Iona. Inutile de passer en revue toute l’étendue des territoires explorés, la découverte fait partie du voyage. Quand s’envolent les Mots est un double album d’une belle richesse mélodique, que les arrangements subtils éclairent pleins feux pour nous offrir une conclusion musicale digne de ce nom. De celles qui vous attrapent pour ne plus vous lâcher.

ENGLISH VERSION

An invitation to travel. Travel could be specified. Because for almost 25 years, the Seven Reizh duo has always combined rarity with excellence without ever settling for a simple destination, looking elsewhere, suspended, where the music embarks. This time without Gérard Le Dortz (author), the creation of this fifth album therefore rested on the composer, pianist and guitarist Claude Mignon who was in fact going to rush the concept in a direction that was both simple and balancing act. Indeed, Quand s’envolent les Mots resumes, grinds, modifies, explodes, recomposes in « instrumental » mode most of the sixteen titles that made up the two previous opuses, La Barque Ailée and l’Albatros, disproportionate projects that emerged respectively in 2015 and 2018. And what was only supposed to be a diptych turns into a trilogy at the same time since this part does much more than « simply » play shortened flashbacks. He rewrites, reinterprets, in a word, destructures, without ever losing its soul. For Claude Mignon it is also an opportunity to share with around thirty musicians, to incorporate new instruments (bamboo flute, erhu, guzheng etc.), new voices… and if the album is not sung in the literal sense of the term, it never spares itself the support of hovering vocals, whether oriental (Pelin Başar), Asian (Huong Thanh) or even Russian (Alexis Vassiliev). This mixture of alchemy gives the adventure surprising accents, sometimes destabilizing, a fertile ground of cultures and folklores which breaks and drives out the labels. And surprisingly, even if we come as regulars to Seven Reizh. In this, the trip turns out to be whimsical and fantastic. Between the beautiful ethereal introduction (« Antre ») and its concluding counterpart where the harp plays marvelously with delicacy and the oriental-Celtic mixtures that could evoke the essences of a Loreena McKennitt, we cross paths with Hispanic guitars (« Herzel « ), electrified like Mike Oldfield (« Cheñch »), let’s cross the borders of Asia while playing on the atmospheric (« Vents Contraires »), the mysterious (« Kraozon »), the great cinemascope (« Brems ») who sometimes gets carried away (« Odisea », « The Middle Path ») as Iona could do. There is no need to review the full extent of the territories explored, discovery is part of the journey. Quand s’envolent les Mots is a double album of beautiful melodic richness, which subtle arrangements illuminate in the spotlight to offer us a musical conclusion worthy of the name. Of those who catch you never to let go.

SEVEN REIZH – QUAND S’ENVOLENT LES MOTS

Seven Reizh - La Barque Ailée et l’Albatros (2023)

Titre : … Quand S’Envolent les Mots…
Artiste : Seven Reizh

Date de sortie : 2023
Pays : France
Durée : –
Label : –

Setlist

01. Antre (1’38)
02. Cheñch (14’01)
03. Kraozon (9’32)
04. Odisea (6’06)
05. The middle path (10’15)
06. Brems (5’49)
07. Herzel (6’55)
08. Vents contraires (6’30)
09. NeŞeli (8’01)
10. Breathe (5’48)
11. L’ombre de Féng (10’55)
12. Klozañ (2’40)

Line-up

– Claude Mignon : Compositions/arrangements, guitares électriques et acoustiques, piano, synthés, lap steel

  • Marcel Aubé : Erhu
  • Pelin Başar : Ney, voix turque
  • Éléonore Billy : Nyckelharpa
  • Loïc Bléjan : Uilleann pipes
  • Cyrille Bonneau : Duduk
  • Olivier Carole : Basses
  • Sébastien Charlier : Harmonica
  • Shan Charriau : Flûtes bambou
  • Mathilde Chevrel : Violoncelle
  • Jonathan Dour : Violon
  • Philippe Durand : Cor d’harmonie
  • Rosendo Gomez : Guitare flamenca
  • Ronan Hilaireau : Piano
  • Michel Hoffman : Hautbois
  • Régis Huiban : Accordéon
  • Vincent Lecomte : Basse, trompette
  • Bernard Le Dréau : Saxophone ténor, clarinette
  • Ewan Le Gallic : Cornemuse écossaise
  • Shane Lestideau : Violon
  • Gurvan Mével : Batterie, percussions
  • Gwenaël Mével : Tin et low whistles, bombarbe
  • Gwendal Mével : Flûte traversière
  • François Pernel : Harpe celtique
  • Ying Rao : Guzheng
  • Thierry Runarvot : Contrebasse
  • Olivier Salmon : Guitares électriques et acoustiques
  • Gilles Sasongko : Violon
  • Nadia Simon : Voix française
  • Laurent Sureau : Handpans
  • Huong Thanh : Voix vietnamienne
  • Stefanie Theobald : Voix
  • Mihaï Trestian : Cymbalum
  • Alexis Vassiliev : Contre-ténor
  • Xuân Vinh Phuoc : Dàn Tranh
    Chœurs à voix égales « Stimmung » et « Solfanelli », du Conservatoire de Brest, dirigés par Cécile Le Métayer.

  • Xavier Aubert : Ingé-son

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