Lazuli - Nos âmes Saoules
4.5TOP 2016

Lazuli est un groupe français fondé en 1998. Très influencé par des groupes tels que Ange, Peter Gabriel ou encore Pink Floyd, il officie depuis dans un registre mêlé de rock, d’électro ou encore de world music. Leur musique est virevoltante, empreinte de poésie, d’énergie et d’une recherche perpétuelle, celle d’aller toujours plus haut. La léode est tout cela en même temps : une souffrance, un rêve et soudain la lumière, un horizon infini (l’invention d’un instrument pour combler un handicap et ensuite se projeter dans l’avenir). Depuis leurs débuts, ils n’ont cessé de s’améliorer, de travailler dur pour devenir sans aucune contestation la référence française du genre sur les scènes internationales. A chaque fois, ils mettent le feu, c’est leur terrain de jeu absolu. Leur notoriété en France et hors de nos frontières semble à son paroxysme avec une dernière tournée où ils réalisaient la première partie d’un certain Fish. Le public est conquis.

Après le très réussi Tant que l’herbe est grasse, nos amis gardois nous présentent en ce début d’année Nos âmes saoules.

Ce qui frappe instantanément est la qualité sonore de l’oeuvre. Le mixage a du faire l’objet de soins et de prises aux « petits oignons ». On ressent ainsi tout le perfectionnisme qui est leur. « Le temps est à la rage » est le premier titre. Tout en douceur, la délicate voix de Dominique Leonetti se juxtapose au piano. On y parle d’illusions perdues. Toute la subtilité du morceau arrive peu à peu: les petites touches de guitare et de claviers nous emmènent dans un conte presque enfantin et ô combien cruel, les rêves y semblent brisés. Un fantastique solo de guitare conclut le tout avec brio. « Le lierre » suit et offre la quintessence du savoir-faire lazulien : énergie, puissance, poésie. Les parties de guitare de Gédéric Byar sont particulièrement réussies et travaillées tout comme Vincent Barnavol se distingue derrière ses fûts à travers nombre de changements de rythmes et autres perles. « Vita Est Circus » suit le mouvement dans un registre classique. La construction est impeccable. Encore une fois, Monsieur Byar frappe fort avec un final de très grande classe.

Outre l’enivrant titre « Les sutures » et son atmosphère particulière, le morceau éponyme nous atteint (« Nos âmes saoules »). Il y a peu à redire tant le tout est fait de maîtrise et de talent. Les textes sont touchants, la qualité de l’interprétation est absolue. Je citerais enfin « Mar du passé » qui à mon sens, est digne du plus grand intérêt. Cette envolée quasi théâtrale sent la poudre à plein nez. La rythmique reprend le son subliminal de mitraillettes, cette étrange impression rôde. Cette chanson engagée et anti Front National me réconcilie presque avec la politique tant le texte est beau : « une peste brune exhume visions et chimères d’un monde blanc et noir, sans couleurs intermédiaires ». Il est enfin à signaler que trois parenthèses instrumentales se trouvent sur cette œuvre (« Fanfare lente », « Le labour d’un surin » et « Un œil jeté par la fenêtre » ce dernier achevant l’ensemble avec douceur).

Que dire ? Nos âmes saoules est une réussite absolue et a le don d’atteindre les âmes. Soyons au passage fiers d’eux : ils sont devenus le porte-étendard du rock progressif à la française et de notre merveilleuse langue. Merci à eux et surtout chapeau !.

LAZULI – NOS ÂMES SAOULES

Lazuli - Nos Ames Saoules (2016)

Titre : Nos Âmes Saoules
Artiste : Lazuli

Date de sortie : 2016
Pays : France
Durée : 44’13
Label : –

Setlist

1. Le Temps Est A La Rage (7:00)
2. Le Lierre (5:54)
3. Vita Est Circus (5:23)
4. (Fanfare Lente) (1:01)
5. Chaussures A Nos Pieds (5:55)
6. Le Mar Du Passe (4:17)
7. (Le Labour D’un Surin) (1:19)
8. Les Sutures (6:08)
9. Nos Ames Saoules (5:12)
10. (Un Oeil Jete Par La Fenetre) (2:04)

Line-up

– Claude Leonetti / Léode choirs
– Gédéric Byar / guitar
– Dominique Leonetti / vocals, guitar, mandolin
– Romain Thorel / keyboard, French horn, choirs
– Vincent Barnavol / drums, percussion, choirs

 

A propos de l'auteur

Sébastien Buret

Né à Lille en 1972, je découvre Les Beatles à 10 ans, un premier amour dont je me souviens encore : paroles en main, je chantais à tue-tête dans le salon familial. A 15 ans, c'est le déclic. Par une après-midi bénie, mon cousin me passe deux albums : « 90125 » de Yes et « Are you sitting confortably » d'IQ. C'est alors la claque, la révélation. De là naîtra un amour profond pour le rock progressif et une passion ultime pour le groupe Yes dont j'achèterai deux albums dès le lendemain. Cette mélomanie se renforcera au fil des années, de belles amitiés se greffant au passage à force de rencontres et de partages. Eclectique jusqu'au bout, je peux passer de Sépultura à Beethoven sans soucis. J'aime le beau, l'émotion, la sincérité et la profondeur de l'expression musicale. Pour ces raisons, je me passionne notamment chaque jour davantage pour des musiciens tels que Steve Hogarth et le groupe Marillion ou encore pour des formations telles que Gazpacho, Opeth ou Steven Wilson. Car la musique est une histoire d'hommes et de femmes, mon exercice de prédilection est l'interview. Quoi de plus intéressant et enthousiasmant que de rentrer dans l'intimité d'artistes, que de tenter à comprendre leurs messages et les mettre en lumière ? Ecrire a pour moi du sens et ce en toute modestie : rendre hommage aux artistes que j'admire et tenter l'impossible : rendre justice à leur talent ! Tout en m'amusant et en apprenant...

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