Tim Bowness - Late Night Laments
4.0Note Finale

Un brin d’appréhension à la sortie de ce nouveau disque de Tim Bowness m’aura fait décaler son écoute. Le dernier No-man m’avait rebuté et … le virage amorcé par son compère Wilson m’avait laissé craindre une contagion néfaste sur la discographie du dandy anglais.

Belle erreur, Tim Bowness reste Tim Bowness et reste fidèle à son style inimitable, tout en l’enrichissant et en le revisitant à chaque album. Toujours bien entouré, avec ici, entre autres Colin Edwin, Richard Barbieri, Kavus Torabi ou encore Peter Hammill et Alan Holzman sur les titres bonus, Tim Bowness nous livre un disque de pop atmosphérique raffiné, aux mélodies et arrangements délicatement ciselées.  J’ai rapidement parlé de bonus, le disque est en effet disponible en deux durées : une courte, au format CD simple / vinyle et une longue au format double CD qui rajoute un EP de 20 min (sous-titré Cheerlearders For The Damned) au premier. Pas de surprise sur l’ambiance générale avec la poursuite d’un style Bowness assumé et dans la continuité des opus précédents : voix éthérée, compositions en apesanteur aux ambiances travaillées. Bowness évite toute fois de tomber dans la redite en apportant quelques fioritures : Colin Edwin intervient à la contrebasse et non à la basse (sur “We Caught The Light” par exemple), ou en support d’un vibraphone sur le court et intense “The Hitman Who Missed“. Les effets électroniques sont saupoudrés avec subtilité et parcimonie (“Never A Place“) tandis que des instruments plus exotiques font leur apparition (le ukulélé sur “We Caught A Light“, la trompette bouchée sur “Beyond The Firing Line“). Pour autant l’ensemble garde l’unité et le style habituel avec la voix fragile presque désenchantée de Bowness en fil rouge. Par rapport aux albums précédents, la musique se fait encore plus atmosphérique : l’aspect rock est presque entièrement gommé par la quasi absence de batterie, la rythmique étant presque exclusivement l’œuvre de contrebasse, de percussions légères et de boites à rythmes. Tim Bowness est un conteur et non un exubérant démonstratif : ça se ressent dans sa musique, il pose des ambiances, simples mais non simplistes sur lesquelles son chant si particulier vient aborder des thèmes graves, sombres : le déclin actuel du monde (“Northern Rain“), le dérèglement climatique (“Darkline“) ou la violence (“I’m Better Now“).  Avec Late Night Laments Bowness développe une approche plus minimaliste de sa musique pour se concentrer sur des thèmes forts, courts, intimes. L’EP bonus reste dans la même veine délicate (“Beyond The Firing Line“) ou minimaliste (“The Other Side“).

Pour autant, le disque possède une force intérieure qui le rend tout sauf ennuyeux. Les thèmes courts, la variété de l’instrumentation font de ce disque un album profond, à déguster au calme, bien installé dans son fauteuil un verre à la main.

TIM BOWNESS – LATE NIGHT LAMENTS

Tim Bowness - Late Night Laments (2020)

Titre : Late Night Laments
Artiste : Tim Bowness

Date de sortie : 2020
Pays : Angleterre
Durée : 38’51
Label : InsideOut

Setlist

1. Northern Rain (4:49)
2. I’m Better Now (3:52)
3. Darkline (3:57)
4. We Caught the Light (3:56)
5. The Hit-Man Who Missed (3:21)
6. Never a Place (4:41)
7. The Last Getaway (4:55)
8. Hidden Life (5:05)
9. One Last Call (4:15)

Line-up

– Tim Bowness / vocals, synths, co-producer

With:
– Richard Barbieri / keyboards & synth
– Colin Edwin / bass
– Kavus Torabi / guitars, vocals
– Evan Carson / drums & percussion
– Brian Hulse / synthesizers, keyboards, guitars, drum programming

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