Spleen Arcana - The Light Beyond The Shades
4.0Note Finale

Cinq années auront été nécessaires à Julien Gaullier pour donner un successeur à The Field Where She Died, le premier album publié sous le nom de Spleen Arcana.
 Avec The Light Beyond The Shades, Julien affirme son statut d’artisan ( au sens noble du terme ) du progressif vintage français, à la fois auteur-compositeur-multi-instrumentiste-interprète-producteur, seule la batterie et quelques chœurs féminins lui auront au final échappés. Le disque composé de seulement trois (longs) morceaux aurait pu sortir en vinyle dans la première partie des seventies.

Par rapport au premier disque, on note les progrès évidents fait sur la production, avec cette volonté de conserver intacte la dynamique, et de ne pas céder aux standards actuels du son compressé formaté FM, le résultat est du coup très naturel, très analogique. Avec deux morceaux de 10 et 12 min puis une longue et monumentale suite de 24 mn, l’album a le même format que Close to The Edge ou Pawn Hearts de qui vous savez… Hors de ce format peu habituel au 21ème siècle, Julien affirme ici haut et fort son amour pour l’âge d’or du rock progressif, avec des influences marquées allant de Oldfield à Yes en passant pas Crimson ou Pink Floyd. Coté son, on est également en plein dans les seventies. La prise de son, impeccable, fait la part belle aux sonorités vintage avec une basse présente, grasse, et duos de synthés typés / guitares, tantôt aérienne et sensible, tantôt acérée et rageuse. “Erin Shores” ouvre le disque avec une mélodie celtique, l’Irlande et le Mike Oldfield d’Incantations ne sont pas loin. La première moitié du morceau offre des duels guitares/claviers du tonnerre, les parties instrumentales sont parfaites. La deuxième partie du morceau, plus dissonante, plus Crimsonienne est plus difficile d’approche. “Fading away” poursuit ce voyage dans le passé des 70’  portés par des thèmes de guitares majestueux alternant passages acoustiques et électriques saturés, et une montée vers un final en apothéose ( la ligne de basse de la dernière minute) “Memento Mori” et ses 24 min sont la pièce maitresse de l’album, tour à tour psychédélique, électrique, majestueux le morceau développe une progression tout au long de ces 24 min telle que pouvait nous l’offrir les grands cités plus haut… Il y a du early Pink Floyd dans ce “Memento Mori“, les thèmes se complètent, s’enchevêtrent, se répètent sans temps mort…

En fait, cet album ne souffre que d’une relative faiblesse : le chant de Julien, encore perfectible. Depuis le premier album, la voix est plus posée, plus éthérée moins forcée… mais pas encore au niveau, très élevé lui des compositions et de l’interprétation.  Les parties instrumentales étant les plus nombreuses, la voix n’est heureusement considérée que comme un instrument de plus, pas comme le fil conducteur des morceaux. Pour autant, cet album est vraiment réussi car fait avec sincérité. Conjuguant les courants celtiques, progressifs, psychédéliques, il possède ce que beaucoup de disque n’ont pas : une âme, une vrai richesse..

Cet article est également paru dans le n° 92 de Koid9 magazine.

SPLEEN ARCANA – THE LIGHT BEYOND THE SHADES

Spleen Arcana - The Light Beyond The Shades (2014)

Titre : The Light Beyond The Shades
Artiste : Spleen Arcana

Date de sortie : 2014
Pays : France
Durée : 46’23
Label : –

Setlist

1. Erin Shores (12:00)
2. Fading Away (10:16)
3. Memento Mori (24:07)

Line-up

– Julien Gaullier / Vocals, acoustic and electric guitars, bass and keyboards
Guest musicians:
– David Perron / Drums
– Marie Guillaumet / Backing vocals

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