Michael Romeo - War of the Worlds, Pt. 2
4.3Note Finale

War of the Worlds, Pt1, le second effort solo de Michel Romeo paru en 2018 (soit tout de même pas moins de 22 ans depuis la sortie de l’instrumental The Dark Chapter) avait reçu un accueil plus que positif. Un album, s’appuyant sur l’œuvre de H.G. Wells, distillant une musique certainement plus condensée et moins complexe que ce que le guitariste propose usuellement avec son groupe de métal progressif  Symphony X (dont on rappellera qu’il est à la fois compositeur, arrangeur et fondateur) mais diablement efficace et ultra mélodique. Et techniquement, le guitariste nous avait une fois de plus révélé tout son immense talent, parfaitement illustré par le solo hallucinant de « Djinn » qui restera un temps fort parmi tant d’autres de ce disque.

War of the Worlds, Pt2, comme son nom l’indique, en est donc tout naturellement la suite. L’histoire de la production musicale enseignant que les suites peinent à égaler en qualité la matrice originelle, il serait donc légitime de nourrir quelque appréhension à l’heure de découvrir cet album. Mais autant vous rassurer tout de suite, ce nouvel opus est dans le droit continuum du premier et en prolonge l’univers avec succès. Une raison sans doute à cela ; la majeure partie des idées de ce disque avaient été développées lors du travail titanesque d’écriture réalisé à la genèse du projet.

Le canevas de War of the Worlds, Pt2 est donc très similaire à celui du premier disque, avec néanmoins une dimension cinématique et symphonique plus prononcée, de l’intro de l’album à sa conclusion et notamment au travers des 3 instrumentaux (« Mothership« , « Hunted » et « Alien Deathray » titre en bonus track), voir quasi opératique sur l’excellent  « The Perfect Weapon« , qui étrangement lui aussi figure en bonus track ! Et Michael d’expliquer « J’écoute Holst, Stravinsky et Ravel. J’aime aussi beaucoup John Williams et les musiques de films. Il y a des parties de cet album qui sont un hommage à ce que j’aime, à ce qui m’a influencé musicalement et a façonné le musicien que je suis devenu. ». Le guitariste est de nouveau épaulé sur cet album par la redoutable rythmique basse-batterie constituée de John DeServio (Black Label Society) et John Macaluso (Yngwie Malmsteen, Ark, James Labrie). Le seul changement provient du chant. Exit Rick Castellano et place au croate Dino Jelusick (Trans-Siberian Orchestra, Dirty Shirley). Sa voix plus chaude, plus rauque confère une tonalité plus agressive au chant alors que celle de son prédécesseur, à défaut de posséder la même présence, était capable de magnifiques envolées (il suffit pour s’en convaincre de réécouter le refrain de « Fear of the Unknown« ). Les uppercuts et les avalanches de riffs sont surmultipliés sur ce LP en commençant par le premier single « Divide and Conquer » qui ouvre l’album. Le rythme ne faiblit jamais et ce, même sur les 9 minutes de l’épique  « Maschinenmensch » dont le solo final est d’une certaine manière la vitrine du savoir-faire de Michael Romeo. Le style ne dévie que rarement de sa trajectoire. Seule exception peut-être, ce parfum prononcé 80’s dès les premières notes du morceau « Just Before the Dawn« , lequel au passage contient lui aussi un des autres solos marquants de cet album. Le guitariste ne se contente pas de nous surprendre dans l’exécution de ses partitions mais également en intégrant des éléments jazzy sur le break de « Hybrids » ou, de manière très organique, des instruments ancestraux tels que le Oud et le Saz sur « Destroyer« ,  enveloppant le morceau de consonances moyen-orientales. Enfin, il met à l’honneur sa guitare à sept cordes qui permet, selon ses propres mots, de renforcer « l’ambiance sombre sur plusieurs morceaux de l’album ».

En parallèle du plaisir d’écoute de ces compositions tout aussi incisives que carrées et mélodieuses, cet album est une fois de plus le plaisir indicible de redécouvrir ce guitariste hors pair qu’est Michael Romeo. De manière assumée, il porte haut l’héritage de Yngwie Malmsteen et les techniques propres au style néo-classique. Il aura su non seulement s’approprier ce style mais également le développer au cours des années et l’enrichir pleinement. A l’instar d’un Frank Gambale en jazz rock, sa maîtrise du sweet picking est phénoménale (technique à l’inverse de ce que pratiquent la majeure partie des guitaristes et qui consiste à garder le même sens d’attaque du médiator quand on change de corde). La particularité de son style tient aussi à l’utilisation de la gamme par tons à l’instar de Debussy qui aura révolutionné la musique avec cette échelle de note. Mais plus que tout, ce qui frappe avec Michel Romeo c’est la vitesse comme la qualité absolue de son exécution, pareilles à nul autre, et qui rendent son jeu tout simplement spectaculaire.

Digne successeur de War of the Worlds, Pt1, ce nouvel album de Michael Romeo, aux solos dantesques, nous convie à un nouveau périple aux confins d’un metal somme toute peut-être plus symphonique que progressif. Et à défaut de proposer une musique révolutionnaire, il aura le mérite de nous faire plus qu’agréablement patienter en attendant un hypothétique prochain Symphony X.

MICHAEL ROMEO – WAR OF THE WORLDS, PT. 2

Michael Romeo - War of the Worlds, Pt. 2 (2022)

Titre : War of the Worlds, Pt. 2
Artiste : Michael Romeo

Date de sortie : 2022
Pays : États-Unis
Durée : –
Label : InsideOut

Setlist

1. Introduction, Pt. II
2. Divide & Conquer
3. Destroyer
4. Metamorphosis
5. Mothership
6. Just Before the Dawn
7. Hybrids
8. Hunted
9. Maschinenmensch
10. Parasite
11. Brave New World (Outro)

Line-up

– Michael Romeo / Guitars, Bass, Keyboards

Guest Musicians:

  • Dino Jelusić / Vocals
  • John DeServio / Bass
  • John Macaluso / Drums

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