Neal Morse
le Divan du Monde – Paris
05 avril 2017

Quoi de plus sympa qu’un concert qui n’était pas prévu dans mon emploi du temps, et qui m’a été proposé  en toute dernière minute, de surcroît c’était celui du Neal Morse Band qui jouait ce soir-là au Divan du Monde et coup de peau, je me trouvais à cinq minutes à pied de la salle le jour en question.

En effet, tout juste une petite heure avant le début du concert, un pote (Christian Arnaud) me demandait au téléphone si j’étais partant pour acheter un billet pour ce concert, car un autre pote à lui le revendait, ma réponse fut catégorique et positive, puisque n’ayant pu obtenir un billet car le concert était « sold out« ,  je m’étais résigné à ne pas y aller et de ce fait ma surprise  à cette proposition n’en  fut que plus grande.

Ça tombait super bien car j’avais adoré le dernier album The Similitude of a Dream que j’écoute en boucle et que je considère comme la meilleure réalisation de Neal Morse à ce jour, mais je pense ne pas être le seul dans ce cas-là.

Neal Morse

Toutes les conditions étaient donc requises pour que cette soirée soit inoubliable, et bien je n’ai pas été déçu, elle le fut, car vers vingt heures, la salle s’éteignit et Neal Morse devait  entrer seul sur scène, la tête couverte d’une capuche et tenant dans ses mains une lampe torche dirigée vers son visage, il entamait l’intro’ d’une de ses anciennes compos, avant d’attaquer justement cet album  qu’il interprétera dans son intégralité  avec ses musiciens.

Après cette courte entrée en matière, les autres fameux musiciens investissaient la scène d’un Divan du Monde bourré à craquer, et comme il se doit,  les regards se portaient pas mal  sur le batteur Mike Portnoy, le génial transfuge de Dream Theater  qui avait rejoint la bande à Morse pour la plus grande joie des aficionados.

Ces deux extraordinaires  musiciens  ont tellement d’affinités musicales, qu’il semblait  d’ailleurs étrange qu’ils ne se soient pas réunis avant, leur carrière antérieure entravait quelque peu cette réunion, mais le fait qu’ils s’en soient à présent détachés, leur permettent enfin de se retrouver sur disque et ce soir devant un Divan du Monde « aux anges« .

Mike Portnoy

Nous étions partis pour plus de deux heures trente durant lesquelles ils joueront sur deux parties entrecoupées d’une légère pause The Similitude of a Dream qui est sans aucun doute l’œuvre la plus aboutie de Neal Morse, d’ailleurs Portnoy se plait à dire que cet album est le plus réussi et le plus ambitieux de toute sa carrière.

Ils prennent visiblement un « pied » colossal à jouer ensemble, il est vrai qu’ils sont secondés par trois musiciens haut de gamme, en commençant par Eric Gilette, cet excellent  guitariste à l’ inspiration foisonnante (il chante aussi)  au jeu précis et incisif  dans la lignée d’un Petrucci, Le bassiste assure bien lui aussi, mais c’est surtout le second clavier qui chante assez souvent Bill Hubauer, qui excelle aux différents claviers et recueille le plus souvent l’adhésion du public.

Public qui s’est déplacé pour le duo vedette et bien lui en a pris, car Morse s’en donne à cœur joie et à gorge déployée, le musicien est visiblement heureux d’être là, et heureux de jouer une fois de plus dans la capitale. On ne dira jamais assez, ce que ce musicien a pu apporter à la musique progressive à qui il a redonné ses lettres de noblesse.

Il créera même la surprise en descendant guitare à la main au milieu des spectateurs surpris par ce « cliché » propre aux artistes de « variétoche », mais qui prend avec lui des connotations tellement « bon enfant ».

Mais Morse peut se le permettre, comme il se permet aussi d’utiliser quelques masques (cheap?) et autres gadgets qui n’enlèvent rien à son talent de « showman » et de chanteur multi instrumentiste de premier ordre, car il tient pas si mal la six cordes aussi.

Bill Hubauer

Ses duos de claviers avec Hubauer sont à couper le souffle, quant aux harmonies vocales, elles sont  souvent perceptibles  par les quatre musiciens (seul le bassiste ne chante pas) elles  sont remarquablement bien ficelées.

Pour ce qui est de Portnoy son jeu de batterie est toujours aussi enlevé, inventif et « allumé« , et c’est un peu pour cela qu’on l’aime, son départ de Dream Theater a rendu  le groupe un peu plus terne, il manque cette « folie » inhérente à ce musicien qui trouve en Morse l’alter-égo qu’il lui fallait.

Neal Morse

On se doit de constater que certaines compos de cet album ont un léger parfum du Dream Theater de la grande époque prouvant à ceux qui en doutaient encore que Portnoy avait  profondément marqué le groupe.

On ne peut que  conseiller aux fans des deux musicos leurs collaboration à l’excellent projet Yellow Master Custard, en hommage aux « fab four« , qu’ils vénèrent( comme moi) tous les deux.

Les Beatles ne sont pas les seules références pour Morse et Portnoy, il ont beaucoup aimé les Who aussi, d’ailleurs le début de « Slave to your Mind » fait vaguement penser à l’emblématique Tommy du groupe légendaire, mais à la sauce Morse.

Après nous avoir donné le maximum d’eux même sur ce concert dédié au dernier album, Morse et ses musiciens quittèrent la scène, et ce qui faisait plaisir à entendre c’était le public qui entonnait en cœur le « gimmick »  d’une des chansons phare »Back to the City » d’u set qui fut  éblouissant de bout en bout.

Ils ne tardaient pas à revenir et  devaient nous en donner un peu plus pour le rappel et sur deux titres tirés de The Grand Experiment qui est le précédent album du groupe, puis d’un dernier morceau « The Call » puis ils saluèrent enfin un public apparemment ravi, et partirent définitivement, mais comment peut-on se sentir  autrement après avoir assister à autant de « talent » – The Neal Morse Band c’est la grande classe quoi !

Photos : Christian Arnaud

Setlist

Intro
(Cover Songs by Neal Morse)

Long Day
Overture
The Dream
City of Destruction
We Have Got to Go
Makes No Sense
Draw the Line
The Slough
Back to the City
The Ways of a Fool
So Far Gone
Breath of Angels

Intermission
(Twin Peaks OST)

Set 2 (The Similitude of a Dream, Part 2)
Slave to Your Mind
Shortcut to Salvation
The Man in the Iron Cage
The Road Called Home
Sloth More
Freedom Song
I’m Running
The Mask
Confrontation
The Battle
Broken Sky / Long Day (Reprise)

Encore:

Author of Confusion
(Neal Morse song)
Agenda
The Call

Line up

– Neal Morse – (chant+claviers+guitare)
– Eric Gillette -(guitare+chant)
– Bill Hubauer – (synthés+piano+chant)
– Randy George – (basse)
– Mike Portnoy – (batterie+chant)

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany