The Neal Morse Band - The Similitude of a Dream
4.5TOP 2016

Avoir sur le comptoir un nouvel album avec Neal Morse au générique, c’est toujours la promesse d’un prog-rock luxuriant, foisonnant, bouillonnant et pour tout dire, exaltant (voire exalté). Avec The Similitude of a Dream, le deuxième album estampillé du Neal Morse Band, les cinq musiciens en présence (Neal Morse, Mike Portnoy, Eric Gillette, Randy George et Bill Hubauer) n’ont pas laissé les affaires aux seules mains de leur frontman. En partageant, confrontant, mélangeant leurs talents, leurs influences et leurs idées, nos amis ont même passé la seconde et pour l’occasion se sont lancés un défi de taille mais somme toute classique pour un groupe certifié “prog” : le double album conceptuel.

Évidemment, Neal Morse et Mike Portnoy avaient déjà tripoté la chose avec Spock’s Beard (Snow) ou en solo (Testimony 1 et 2) pour l’un et Dream Theater pour l’autre (Six Degrees of Inner Turbulence). Résultat, tout semblait pencher vers le magma créatif et constamment mélodique, qui ne nécessiterait pas d’aspirines. Plus encore, le célèbre batteur n’avait pas hésité à qualifier le résultat de sommet discographique de leur prolifique carrière ce qui, à la vision de la quantité d’albums produits avec Morse et Portnoy sur le ponton, ne pouvait que placer la barre très haute sur l’échelle du prog. Et la pression avec. Pour tout dire, si The Similitude of a Dream n’est pas tout à fait un chef d’œuvre absolu attentendu (on lui préfèrera Question Mark), le résultat ne manquera pas de donner quelques sueurs froides à tous ceux qui pensaient l’inspiration de nos amis sur le déclin.

Avec ses 106 minutes au compteur, le projet est ambitieux mais pas démesuré. Sur le fond, par contre, il s’attaque à l’ouvrage « Le Voyage du Pèlerin » (The Pilgrim Process) écrit en 1678 par le baptiste réformé John Bunyan. Une allégorie sur le voyage d’un homme ordinaire nommé Christian qui décide de prendre la route pour atteindre la Cité de Sion. Pour cela, il quitte la cité de la destruction (terrestre), affronte de nombreuses épreuves, rencontre des personnages archétypaux et se fraye un chemin vers la cité céleste (sorte de paradis). Bref, du costaud, du mastoc, du cimenté. Sur une telle storyline, inutile de dire que Neal Morse s’en donne à cœur joie et qu’il peut derechef placer cet album à la hauteur de ses ambitions avec ses compositions à la fois très mémorisables et souvent instables.

Jouissant d’une qualité technique proprement hallucinante, certains avanceront que le résultat brasse ce que Neal Morse et ses divers projets avaient déjà pu offrir : du riff dodu, du virevoltant, des rythmiques gargantuesques, des mélodies ensorcelées (un comble), pétries façon pâte à modeler, qui parviennent à retomber sur leurs pieds avec une agilité à toute épreuve. L’exigence reste au rendez-vous. La dynamique affolante. En faisant participer toute l’équipe sur un même pied (même Mike Portnoy se colle au chant), l’œuvre est totalement collective. Si The Grand Experiment posait les premiers jalons d’un groupe qui apprenait à se connaître, The Similitude of a Dream confirme non seulement la virtuosité additionnée des zigotos mais également leur enthousiasme communicatif pour nous offrir une musique pleine de circonvolutions qui s’égare dans un rock seventies, de la pop lêchée, du folk joyeux, du métal carabiné, de l’alternatif mutant. Peu de temps morts, surtout des temps forts. Bien équilibrés, les deux disques se répondent idéalement, rafutent quelques anciens passages, brasse avec gourmandise un savoir-faire qui n’est plus à démontrer. Si nous restons en terrain connu, avec le déficit d’impact que d’aucun sauront commenter à loisir, il faut avouer que The Neal Morse Band déploie ici un rock progressif toujours séduisant, subtile et en un mot, kaleïdoscopique.

THE NEAL MORSE BAND – THE SIMILITUDE OF A DREAM

The Neal Morse Band - The Similitude of a Dream (2016)

Titre : The Similitude of a Dream
Artiste : The Neal Morse Band

Date de sortie : 2016
Pays : États-Unis
Durée : 106’35
Label : Radiant Records

Setlist

Disc 1: 51:59
1. Long Day
2. Overture
3. The Dream
4. City Of Destruction
5. We Have Got To Go
6. Makes No Sense
7. Draw The Line
8. The Slough
9. Back To The City
10. The Ways Of A Fool
11. So Far Gone
12. Breath Of Angels

Disc 2 : 54:36
1. Slave To Your Mind
2. Shortcut To Salvation
3. The Man In The Iron Cage
4. The Road Called Home
5. Sloth
6. Freedom Song
7. I’m Running
8. The Mask
9. Confrontation
10. The Battle
11. Broken Sky/Long Day Reprise

Line-up

– Neal Morse/ guitars, keyboards, vocals
– Mike Portnoy / drums, vocals
– Randy George / bass, vocals
– Eric Gillette / guitars, vocals
– Bill Hubauer / keyboards, vocals

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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