Anderson / Stolt - Invention of Knowledge
4.0TOP 2016

Quand l’ex chanteur de Yes rencontre le monsieur loyal des Flower Kings (entre autres projets haut de gamme), que se racontent-ils ? Des histoires de prog-rock vintage, seventies, et plus si affinités ! Et oui ! En décidant de faire cet album commun dans leur coin, en petits cachotiers, Jon Anderson et Roine Stolt ne se mettaient aucune pression superflue, sans contrainte de livrer la bête en temps et en heure. De fait, le résultat ne réinvente rien mais devrait cueillir l’auditeur lambda autant qu’étonner l’amateur des deux formations précitées. Plusieurs raisons à cela : une fois n’est pas coutume, la réunion des deux héros débouche sur un album enthousiaste et enthousiasmant. En laissant leur égo de côté, la fusion de leur univers tourne à plein régime. Le voyage temporel inverse une courbe sonique qui retrouve les exaltations d’antan sans jamais perdre d’ouïe le son d’aujourd’hui. Enfin, Invention of Knowledge (invention de la connaissance pour ceux qui douteraient de leur côté anglophile) ressemble furieusement à un pont, un viaduc improbable entre le mal aimé Tales of Topographic Ocean (1975) et le symphonique Magnification (2001) avec une cuillère de Going For The One (1979) pour faire bonne mesure.

Du lourd. Du copieux. Avec quatre titres qui flirtent entre 11 et 23 minutes, nous voici dans du prog-rock pur premium ! La recette aura pris un an et demie (merci Internet) mais ces deux là ont échangé leurs idées jusqu’à cet album non officiel (évidemment) de Yes tellement emprunt des effluves de ces géants du genre que ce satellite luxueux ne peux décemment pas être écarté de leur discographie… Avec des invités de luxe à n’en plus finir (Tom Brislin, Lalle Larsson, Jonas Reingold, Michael Stolt, Felix Lehrmann, Daniel Gildenlöw, Nad Sylvan, Anja Obermayer, Maria Rerych et Kristina Westas), les compositions irradient par la cohérence de leur concept initial et cette volonté de retrouver la gnaque estampillé de l’âge d’or du prog-rock.

Le pari était loin d’être gagné tant les projets de ce type restent le plus souvent des tributes sympathiques mais sans véritable âme. Invention of Knowledge évite tous les écueils de l’exercice. Jon Anderson, totalement remis de ses problèmes de santé, plane toujours juste ce qu’il faut alors que Roine Stolt déploie ce côté méthodique, mathématique et organisé qui le caractérise. Les étincelles n’attendent pas et Invention of Knowledge entretient fièrement la flamme d’une époque révolue et pourtant si vivante. Si on n’est pas KO, il faut avouer que la victoire aux points est dans la poche

JON ANDERSON / ROINE STOLT – INVENTION OF KNOWLEDGE

Anderson Stolt - Invention of Knowledge (2016)

Titre : Invention of Knowledge
Artiste : Anderson / Stolt

Date de sortie : 2016
Pays : Angleterre / Suède
Durée : 65’02
Label : Inside Out

Setlist

I. Invention of Knowledge
1. Invention (9:41)
2. We Are Truth (6:41)
3. Knowledge (6:30)
II. Knowing
4. Knowing (10:31)
5. Chase and Harmony (7:17)
III. Everybody Heals
6. Everybody Heals (7:36)
7. Better by Far (2:03)
8. Golden Light (3:30)
IV. Final
9. Know… (11:13)

Line-up

– Jon Anderson (Yes) / Lead & Backing vocals, Additional keyboard
– Roine Stolt (The Flower Kings, Transatlantic, Agents of Mercy) / Electric guitars, 6 &12 str. Acoustic guitars, Dobro, Portuguise guitar, Lap steel, Keyboards, Percussion, Backing vocals

With:
– Tom Brislin (Spiraling) / Yamaha Grand C 7 Piano, Fender Rhodes Piano, Hammond B 3 organ & synthesizers
– Lalle Larsson (Karmakanic, Agents of Mercy) / Grand Piano & Synthesizer
– Jonas Reingold (The Flower Kings, Karmakanic) / Bass
– Michael Stolt (Eggs & Dogs) / Bass & Taurus pedals
– Felix Lehrmann (The Flower Kings) / Drums
– Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation), Nad Sylvan (Unifaun, Agents of Mercy), Anja Obermayer, Maria Rerych, Kristina Westas / Backing vocals

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?