Deafening Opera - Driftwood
3.8Note Finale

On va commencer cette chronique par une analogie : imaginez ce que les fans de Led Zeppelin ont ressenti en passant de « Whole Lotta Love » à « Tangerine » entre les albums II et III de leur formations favorite et vous aurez, toutes proportions gardées, le sentiment ressenti à l’écoute de Driftwood.

Deafening Opera nous avait habitué à un progressif plutôt heavy, parfois métallique avec moult headbang du chanteur Adrian Daleore, ici le groupe qualifie lui-même ce nouvel album de prog acoustique artisanal influencé par le folk et le jazz. C’est dire le virage à 180° opéré par la formation teutonne qui ne manquera pas d’interpeler leurs fans. Formation 100% teutonne désormais car Gérald Marie, le frenchie de la bande a quitté le groupe, les claviers étant désormais tenus, en plus des guitares, par Moritz Kunkel. Dernier changement, la présence d’une chanteuse, Alexandra Stovall, sur « Farewell Kiss » qui achève la métamorphose de la formation.

Driftwood est donc avant tout un album d’une douceur extrême, où les guitares acoustiques (« Little Stone« ) et le piano (« 25.000 Miles« ) se taillent la part du lion avec une rythmique très discrète, très soft, à tel point qu’à part quelques coup de balais sur le charley on se demande parfois si la batterie est présente (« Farewell Kiss« , « As Night And Day Collide« ). La musique de Deafening Opera se fait donc intimiste, et démontre une qualité mélodique et harmonique que les albums précédents n’avaient pas forcément laissé apparaitre (le très beau et délicat « As Night And Day Collide« ). Le chant est très expressif, plus doux et accompagné d’harmonies vocales travaillées qui lui donnent une belle épaisseur (« 25.000 Miles« ). Les synthés sont ultra discrets et utilisés plutôt comme un orchestre à cordes que comme un synthétiseur moderne, ce qui renforce le côté acoustique avec l’omniprésence de la guitare sèche et du piano. La guitare électrique lorsqu’elle est présente est très peu amplifiée, sans effets et travaillée comme dans un quintet de jazz comme dans « Man And Machine » ou « Snowman’s Meadow« . Le groupe passe d’ailleurs dans ce dernier titre du jazz au funk avec une facilité déconcertante.  Le groupe se permet même quelques incursions country (« Outlow Feline« ) pour encore mieux brouiller les pistes.

Le risque paie : avec Driftwood, Deafening Opera va prendre tout le monde à contre-pied pour offrir un disque très réussi, très élégant et surtout très musical. Un défaut ? un CD de 36 min, c’est peu court, j’en aurais bien pris un peu plus.

DEAFERING OPERA – DRIFTWOOD

Deafening Opera - Driftwood (2021)

Titre : Driftwood
Artiste : Deafering Opera

Date de sortie : 2021
Pays : Allemagne
Durée : 36’54
Label : –

Setlist

1. Murghab Morning (1:30)
2. 25.000 Miles (5:58)
3. Snowman’s Meadow (5:55)
4. Outlaw Feline (4:51)
5. As Night and Day Collide (3:38)
6. Farewell Kiss (5:32)
7. Man and Machine (6:10)
8. Little Stone (3:20)

Line-up

– Moritz Kunkel / guitars, pianos, backing vocals
– Thomas Moser / guitars
– Christian Eckstein / bass, backing vocals
– Adrian Daleore / vocals
– Konrad Gonschorek / drums

With:
– Alexandra Stovall / vocals (6)
– Tilman Eispert / keyboards (1)

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