Cosmograf - Rattrapante
4.3Note Finale

En 2019 Robin Armstrong sortait son album de Cosmograf le plus heavy, Mind Over Depth, et annonçait en même temps renoncer à sa collaboration avec le line-up live de Big Big Train pour se concentrer sur son propre projet et refaire de la scène sous son nom. Comme pour beaucoup d’artistes, le covid est passé par là et aura chamboulé les plans. L’album prévu pour 2020 sort seulement fin mars 2021 et les projets de concerts ou de tournée sous le nom de Cosmograf sont reportés également à l’automne de cette année. Etonnamment, par rapport au contexte de report ou de confinement, ce nouveau Cosmograf, Rattrapante, est un concept sur l’interaction de l’homme avec le temps qui passe, comment on peut le perdre ou le gaspiller, comment il forge ou conduit notre existence et comment on peut chercher à le battre en cherchant l’immédiat… Une sorte d’hyperbole sur l’année 2020 où le temps s’est arrêté pour beaucoup. C’est aussi une inspiration qui vient de la passion de Robin Armstrong pour l’horlogerie.

Comme Mind Over Depth, Rattrapante ne comporte que cinq titres, mais c’est là une de leurs seules similitudes, l’aspect très heavy, qui personnellement ne m’avait pas totalement convaincu, est délaissé et Cosmograf revient à son style propre, sorte de croisement entre Pink Floyd et Porcupine Tree. L’intro de « In 1985 », d’ailleurs est typiquement Floydienne, avec une guitare légère qui vient survoler des bruits de foule du concert du Live Aid (de 1985) et évoquer le temps passé dans le concorde par les musiciens qui jouaient le même jour à Londres et à New York. Pour évoquer ce moment et la performance de Phil Collins avec Led Zeppelin, le morceau va d’ailleurs prendre une tournure un peu orientale, à la « Kashmir« . Finalement ce titre nous renvoie à une revisite moderne des années 80, la batterie de Kyle Fenton, sèche, presque synthétique, vient épauler des sons de synthés typés, comme l’AOR de l’époque savait en produire (avec un petit gout de « Final Countdown« ), et une guitare qu’Armstrong colore de pourpre profond. A côté « Rattrapante« , se veut plus rock, plus direct avec en particulier des interventions d’orgue de toute beauté qui associés à une guitare en feu viennent encore évoquer Deep Purple avant un final plus fluide et Floydien. Avec « I Stick To You« , Armstrong invite Chrissy Mostyn à partager le chant pour une ballade mélancolique sur le thème de l’immortalité tandis que « Memories Lie » ou « Time Will Flow » sont plus typiques du style Cosmograf : la musique est majestueuse, avec beaucoup d’emphase, des guitares qui décochent les solis qui font mouche ou les claviers qui savent appuyer sur la corde sensible. On retrouve avec ces titres plus lents et aériens, les passages les plus réussis de Capacitor ou de Hay-Man Dreams.

Au fil des sorties, Robin Armstong, tel un artisan, peaufine son œuvre. Par petites touches, il enrichi son écriture, ses compos pour nous livrer des albums toujours aboutis. Il n’y a pas d’albums ratés dans la discographie de Cosmograf, mais il y en a qui touchent plus que d’autres, à la fois par les thèmes visités et par leur réalisation. Rattrapante est de ceux-là.

COSMOGRAF – RATTRAPANTE

Cosmograf - Rattrapante (2021)

Titre : Rattrapante
Artiste : Cosmograf

Date de sortie : 2021
Pays : Angleterre
Durée : 50’34
Label : Gravity Dream Music

Setlist

1. In 1985 (12:46)
2. Rattrapante (9:44)
3. I Stick to You (6:52)
4. Memories Lie (8:29)
5. Time Will Flow (12:43)

Line-up

– Robin Armstrong / vocals, guitars, keyboards, bass

With:
– Chrissy Mostyn / vocals (3)
– Kyle Fenton / drums, backing vocals
– Tommy McNally / spoken words (5)

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