Après deux excellents albums en 2016 et 2018, Evership nous revient avec un troisième album concept autour du livre « The Uncrowned King » de Harold Bell Wright. C’est une première livrée sous-titrée Act 1 qui nous est proposée ici et qui reprend toutes les recettes qui ont forgé la renommée d’Evership depuis sa naissance. La formation est toujours articulée autour du multi-instrumentiste et compositeur Shane Atkinson (claviers, batterie, chœurs) et du formidable chanteur Beau West. Les guitares sont assurées par James Atkinson et John Rose, la basse par Ben Young. Par rapport à ses deux ainés cet album possède un gros point fort qui saute immédiatement aux oreilles : la qualité de la production a fait un grand bond en avant et sert au mieux les compos d’Atkinson et le chant de West. La voix de West est vraiment à souligner : le chant est très important, puisque le concept du livre, autour d’un pèlerin qui cherche la Vérité, est entièrement traduit et narré par le chant de West. Un des éléments clés de l’histoire est la visite du pèlerin aux quatre voix de la vie qui vont le guider vers la vérité, ces quatre voix, sont représentées par 4 titres, deux dans cet Act 1 et deux dans le prochain à venir. « The Voice Of The Waves » et « The Voice Of The Evening Wind » sont les titres les plus courts, les plus doux et lents du disque, comme une sorte d’interlude, d’introduction aux morceaux épiques qui constituent l’ossature de l’album. « The Pilgrimage » et ses trois parties sert d’introduction symphonique à l’histoire, avec une orchestration grandiose qui laisse aussi la place à un progressif riche et puissant, parfois comme Yes boosté par Rush, parfois comme un Kansas accompagné d’un orchestre symphonique, avec à la fois des breaks qui explosent de partout ou des riffs presque métalliques. Le résultat pourtant semble immédiat et le morceau de 11mn semble avalé bien plus rapidement. Entre les deux interludes des ‘Voix’, « Crownshine/Allthetime » nous emporte vers un progressif très américain, proche en construction des épiques signés Neal Morse (la bondieuserie en moins). Autour d’un chant toujours juste et prépondérant, la musique enchevêtre les solos de guitares autour d’ambiances baroques ou symphoniques. Plus soft, « The Tower » est aussi moins tortueux, plus rock et direct, plus rentre dedans, avec quelques punchlines bien puissantes comme Trent Gardner pouvait en décocher dans les meilleurs Magellan…C’est encore ce rollercoaster progressif qui nous emporte sur « Yettocome/Itmightbe », autre morceau de plus d’un quart d’heure. Tantôt ballade, tantôt tornade de son, Evership colore ici son progressif de rock des années 70, un peu de grandiloquence à la Queen, un peu de glam également et toujours cette faculté d’écrire des mélodies imparables : du grand art.
Pour faire patienter jusqu’à l’Act 2, c’est le bien nommé « Wait » qui termine l’album avec une mélodie très Beatles.
Evership signe encore ici un grand disque : moins facile d’accès peut-être, car moins néoprog, que les précédents, il est survolé par la voix de Beau West, qui signe une performance incroyable : aussi bon dans les aigues que J. Anderson, aussi puissant que F. Mercury dans les passages les plus rock, au service des compositions riches de Atkinson… Le groupe signe avec ce premier volet e « The Uncrowned King » un disque majeur.
EVERSHIP – THE UNCROWNED KING – ACT 1

Titre : The Uncrowned King Act. 1
Artiste : Evership
Date de sortie : 2021
Pays : États-Unis
Durée : 60’40
Label : Atkinsong Productions, LLC
Setlist
1. The Pilgrimage (10:38) :
– i. Desert of Facts
– ii. The Temple of Truth
– iii. The Quiet Room
2. The Voice of the Waves (3:08)
3. (a) Crownshine / (b) Allthetime (10:50)
4. The Tower (9:47)
5. The Voice of the Evening Wind (4:23)
6. (a) Yettocome / (b) Itmightbe (16:42)
7. Wait (5:12)
Line-up
– Beau West / lead vocals
– Shane Atkinson / keyboards, drums, vocals, percussion, theremin, sound design
– James Atkinson / lead guitar (3b,4,6b)
– John Rose / rhythm, classical, acoustic & lead guitars (1,3a,4,6a,7)
– Ben Young / bass
– Matt Harrell / 12-string guitar (1)
With:
– Poem Atkinson as « The Voice of the Evening Wind »
– Mike Priebe / additional backing vocals
– The Charles Heimermann / choir
– The Adriatic Sea / sea organ

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