Maxophone - La Fabbrica Delle Nuvole
4.0Note Finale

Maxophone. Voilà bien un groupe dont je ne m’attendais pas à découvrir une nouveauté en 2017, et qui ne doit pas être loin du record de temps passé entre deux albums. Maxophone, je les ai découverts sur le tard, en lisant l’excellent bouquin de Louis de Ny sur le prog italien (bouquin que je conseille ardemment par ailleurs). Groupe éphémère formé au moment de l’âge d’or du prog italien, Maxophone avait sorti un bel album éponyme en 1975, original, avant de se séparer en 1977. Brièvement reformé en 2006, c’est finalement une nouvelle formation, dans laquelle ne subsiste que deux des membres originaux (Sergio Lattuada (piano, claviers, choeurs) et Alberto Ravasini (guitares, claviers et chant), qui nous offre aujourd’hui, 41 ans après, un deuxième album appelé La fabbrica delle nuvole.

Ce nouveau disque, est moins aventureux que son aîné, même si le style Maxophone, avec l’apport d’instruments à vents, même plus discrets que dans le passé, est toujours présent. Le disque est constitué de 9 titres, dont un instrumental (« La fabbrica delle nuvole« ) typé jazz-rock avec un rythme très syncopé assez typique. Le fait que les morceaux soient chantés n’est pas anodin car le groupe insiste beaucoup sur les textes, qui sont l’œuvre de Roberto Roversi, poète bolognais disparu en 2012… Ceci étant, ne parlant pas un traître mot d’italien (même avec les mains, et même sous la torture …) l’intérêt est finalement limité pour mes (nos) oreilles franchouillardes.

Même après toutes ces années et le côté moins aventureux de ce deuxième disque, ce retour des Maxophone est convaincant. On retrouve l’aspect symphonique avec beaucoup de claviers et de cordes (« Un ciclone su Pacifico« ) et l’apport des instruments à vent (hautbois sur « Il passo delle ore », clarinette sur « Estate ‘41« ) ainsi que ce rythme mélodique qui n’est pas si éloigné de Gentle Giant par moments. En fait par rapport au premier opus, et aux années qui ont passé, le néo-prog est passé par là. L’influence de ce courant est donc présente dans ce disque (les claviers de « Nei fiume dei giorni i tuoi capelli« ), plus accessible encore une fois que son ainé : il en résulte un mélange intéressant de musique vintage et de modernité. Le vintage va se loger jusqu’au médiéval avec l’intro et le final de  « La luna e la lepre » dont la section centrale est plus classique, mais toujours avec une touche Gentle Giant… « Estate ‘41 » nous transporte dans un univers hispanisant, presque gitan : voix rauque de Ravasini et guitare presque flamenco démarrent le morceau qui est ensuite plus porté par des boucles de harpes et de guitares.

Avec cette renaissance Maxophone ne rate pas son retour. Sachant conjuguer son passé avec les nouvelles évolutions du progressif, le groupe livre un disque où les morceaux complexes (« Il matto e l’quilone« , « Perdo il colore blu« ) côtoient les titres plus simples (« Le parole che non vi ho detto« ), où le symphonisme italien de la grande époque tutoie le jazz et le néo…

Retour gagnant donc… dommage que je ne parle pas la langue.

MAXOPHONE – LA FABBRICA DELLE NUVOLE

Maxophone - La Fabbrica Delle Nuvole (2017)

Titre : La Fabbrica Delle Nuvole
Artiste : Maxophone

Date de sortie : 2017
Pays : Italie
Durée : –
Label : AMS

Setlist

1. Un Ciclone sul Pacifico
2. Perdo il Colore Blu
3. Il Passo delle Ore
4. La Fabbrica delle Nuvole
5. La Luna e la Lepre
6. Estate ’41
7. Nel Fiume dei Giorni i Tuoi Capelli
8. Il Matto e l’Aquilone
9. Le Parole Che non vi Ho Detto

Line-up

– Alberto Ravasini / lead vocals, classic, acoustic & electric guitars, keyboards
– Marco Tomasini / electric guitar, vocals
– Sergio Lattuada / grand piano (1,2,4,9), electric piano (1,7), keyboards, vocals
– Marco Croci / bass
– Carlo Monti / drums, percussion, violin (1,5,7-9)

 

A propos de l'auteur