Iron Maiden - The Book of Souls
4.3TOP 2015

Surplombé par la voix rouleau-compresseur de Bruce Dickinson, The Book of Souls est le premier double album des inamovibles Iron Maiden, chantres d’un rock dur à cuir moulant portant haut ses lubies morbides avec l’infatigable Eddie the Head, leur fameuse mascotte décharnée. Disons-le tout de go, ce seizième opus ne devrait pas finir immédiatement aux puces. Pour ne pas avoir mégoté sur la bête, le quintet confirme même son regain d’intérêt pour les missiles longue portée.

Avec trois morceaux franchissant la barre des 10 minutes syndicales, l’album prouve qu’après quasiment quarante années de bons et loyaux services (ndr : et pas de longs et boyaux sévices), Iron Maiden n’est pas là pour gérer sa propre légende, ni compléter une discographie avec une vocation aussi commerciale que dénuée d’inspiration (ai-je déjà évoqué AC/DC ?). Se faire plaisir. Sans contrainte. Avec cette volonté de ne pas s’enterrer dans un genre aussi codifié que le fameux Hard-Rock. Les seules options étaient alors de raccrocher les gants ou de laisser libre court aux pulsions du moment, au gré des humeurs.

Après avoir (plutôt bien) fait le boulot sur A Matter of Life and Death (2007) puis Final Frontier (2011), titré comme un ultime rappel crépusculaire, la sortie de Book of Souls échappe ainsi aux prévisions qui faisaient de la dernière tournée en date, qui passa par le Hellfest 2014, le glas d’une carrière pour le moins iconique. Malgré la maladie de Bruce Dickinson (aujourd’hui fort heureusement en rémission), les anglais tomberaient les armes à la main. Et avec ses lointains échos de Seventh Son of the Seventh Son (1988), Book of Souls serait une véritable incitation à ressortir ses colifichets estampillés !

Bien vu. Malgré l’exceptionnelle discrétion de Steve Harris aux compositions (un seul titre au compteur), La bête s’avère bien nerveuse et enchaîne les soli avec une assurance rare, les rythmes effrenés, les riffs dodus, sur un son méticuleux (Kevin Shirley aux manettes) et des mélodies qui évient le trop plan-plan dans la démarche. On sera d’accord pour dire que rien n’est vraiment original et que le groupe nous a déjà fait entendre toute l’étendue de cette poudre incendiaire il y a bien des années déjà. Mais quoi ? Bordel ! Sans tout reconstruire, Iron Maiden parvient malgré tout à se bouger suffisamment le cul pour ne pas le laisser entre deux chaises ou photocopier un passé qui deviendrait son passif à brouettes. Aussi, on pourra s’accorder à trouver le mamouth « Empire of the Clouds » un tantinet statique, sans toutefois ternir le tableau de chasse, mais l’intervention de pianos, violons et de guitares aériennes (presque atmosphériques) se révèlent paradoxalement de jolies bizarreries dans une discographie qui n’a plus rien à prouver. Et si tout n’est pas parfait, rien n’empêche Book of Souls de se muer en très belle réussite. En étant un peu téméraire, nous pourrions ajouter que Iron Maiden fait bien plus que se maintenir sous respirateur artificiel. Ils atteignent ici un sommet jamais frôlé depuis un quart de siècle… bref, une éternité ! Alors, profitons !

IRON MAIDEN – THE BOOK OF SOULS

Iron Maiden - The Book of Souls (2015)

Titre : The Book of Souls
Artiste : Iron Maiden

Date de sortie : 2015
Pays : Angleterre
Durée : 92’11
Label : Parlophone Records

Setlist

Disc 1:
1. If Eternity Should Fail (8:28)
2. Speed of Light (5:01)
3. The Great Unknown (6:37)
4. The Red and the Black (13:33)
5. When the River Runs Deep (5:52)
6. The Book of Souls (10:27)

Disc 2:
1. Death or Glory (5:13)
2. Shadows of the Valley (7:32)
3. Tears of a Clown (4:59)
4. The Man of Sorrows (6:28)
5. Empire of the Clouds (18:01)

Line-up

– Bruce Dickinson / Vocals
– Adrian Smith / Guitars
– Dave Murray / Guitars
– Janick Gers / Guitars
– Steve Harris / Bass
– Nicko McBrain / Drumss

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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