Onzième album pour celui qui a désormais une carrière aussi dense que le groupe (Galahad) auquel il prête sa guitare. Avec ce disque Abraham offre un mix parfait de ses influences progressives développées avec Comatose ou Only Human et de ses penchants plus immédiats, presque AOR (Colours). Comme à son habitude, Lee Abraham s’occupe des guitares et de la plupart des claviers, laissant la batterie au fidèle Gerald Mulligan, la basse à Ken Bryant et le chant à plusieurs invités. Ici ce ne sont rien moins que Pete Jones (Camel, Tiger Moth Tales), Marc ‘the voice’ Atkinson (Riversea) et Mark Spencer (Galahad) qui se placent au micro. Autres invités de marque : Andy Tillison qui s’est occupé de la conception graphique de la pochette et Clive Nolan, qui pose un solo sur « Origin Of The Storm« . Ce titre, prémonitoire, sert quasiment de prélude à « The Same Life« , réflexion sur Poutine et la guerre en Ukraine, chanté avec passion par Pete Jones, et ou Abraham décoche son premier solo de l’album, très mélodique et poignant pour terminer le morceau. Avec « Chalk Hill » c’est une atmosphère plus apaisée qui est proposée, comme un rayon de soleil automnal avant que Spencer ne prenne le relai au chant pour un « Isolation, Disconnection » nerveux, ou la guitare se fait lourde, plombée. C’est Alistair Martin (Cosmograf) qui tient la basse ici, ajoutant des lignes très chantantes au coté métallique des riffs de Lee Abraham. Ce dernier déchainé, et rageux comme rarement se fendant d’un solo stratosphérique pour mettre tout le monde d’accord en final de ce titre décoiffant. Deux titres plus calmes, les très symphoniques « Hole In The Sky » avec Atkinson et « When I Need A Friend » avec Pete Jones succèdent à cette tempête. Le premier, lent, majestueux permet à Marc Atkinson d’éclabousser de sa classe les mélodies et envolées de guitares. Le second, au tempo lent également, est un hymne à l’amitié, celle qui permet aux personnes souffrant de dépression de surnager. Ce titre, positif, laisse place au majestueux « Siren’s Song » qui voit Atkinson terminer en beauté l’album. Titre d’abord lent et symphonique avec de belles mélodies de guitare, Abraham transmute son morceau dans sa partie centrale en durcissant son propos, avec une section plus dure quelque part entre riffs de hard-rock et heavy prog à la Rocket Scientists pour finalement nous scotcher avec un final qui met l’émotion à fleur de peau.
On n’est jamais blasé ni déçu d’un album de Lee Abraham. Il y a toujours une production impeccable et un coté familier dans le son et la construction des morceaux, mais à chaque fois le britannique arrive à y mettre une touche d’originalité, soit par le biais de invités choisis, soit par les arrangements ou les thèmes traités.
LEE ABRAHAM – ORIGIN OF THE STORM

Titre : Origin of the Storm
Artiste : Lee Abraham
Date de sortie : 2024
Pays : Angleterre
Durée : 55’25
Label : F2 Music
Setlist
1. Origin of the Storm (4:21)
2. The Same Life (8:51)
3. Chalk Hill (8:09)
4. Isolation / Disconnection (8:51)
5. Hole in the Sky (5:12)
6. When I Need a Friend (9:25)
7. Siren’s Song (10:36)
Line-up
- Lee Abraham / guitars
With:
– Clive Nolan / keyboards
– Mark Spencer / backing vocals
– Marc Atkinson / vocals
– Paul Drew / guitars
– Alistair Martin / bass
– Peter Jones / vocals
– Rob Arnold / piano
– Ken Bryant / bass
– Gerald Mulligan / drums

Laisser un commentaire