Opeth - Pale Communion
4.0Top 2014

Dans la série des grands noms du prog rock nordique, Opeth se pose là. Pas ici, ni ailleurs, mais bien là. La bande à Mikael Åkerfeldt, chanteur et compositeur charismatique, poursuit son travail de patte à modeler permanente en poursuivant une mue largement entamée depuis Ghost Reveries (2005), Watershed (2008) et Heritage (2011).

Avec Pale Communion, leur onzième album, les suédois font un bond en arrière, non pas pour retrouver le son d’un Blackwater Park (2001) mais plus globalement pour mettre les pieds dans les seventies, celui de ELP, Deep Purple, U.K., Eloy et même Genesis dont on sent l’influence sur le rêveur « Elysian Woes », enrobé de guitares de velours. Avec Steven Wilson aux manettes (celui de The Raven That Refused to Sing, pas celui de Porcupine Tree), le son prodigué ressemble à un labyrinthe organique, clean et ambitieux, recouvrant les mélodies d’un drapé luxuriant.

On passe sans temps mort du contre temps de « Eternal Rains Will Come » (les claviers de Joakim Svalberg y sont magnifiques) au groove « Cusp of Eternity » en passant par la montagne russe « Moon Above, Sun Below », cinq sections et onze minutes au compteur avec trompette, vibraphone, percussions tibétaines, piano Rhodes, guitare acoustique, basse virtuose et orgue bien balancé. La ligne de fuite est parfaite. Si l’on ajoute l’instrumentale « Goblin », qui flirte entre hard rock et jazz fusion (si, si), et la ballade acoustique à 12 cordes « River » (on pense à Wishbone Ash), la coupe est (presque) pleine. Reste du syncopé en mode dramatique (« Voice of Treason ») – Mellotron en appui – et l’ultra mélodique « Faith in Others » pour faire de ce Pale Communion une réussite complète, bourrée de références tout en respirant exclusivement le parfum de Opeth.

C’est là toute la force de cet album que de regarder dans le rétroviseur tout en préservant sa propre identité. La greffe prend mieux que sur le précédent Heritage, peut-être trop abstrait. Ici, la rugosité et les mélodies l’emportent sur le concept. Et au bout du compte, Pale Communion est un album qui compte.

OPETH – PALE COMMUNION

Opeth_–_Pale_Communion

Titre : Opeth
Artiste : Pale Communion

Date de sortie : 2014
Durée : 55:40
Label : Roadrunner Records

Setlist

1. Eternal Rains Will Come (6:43)
2. Cusp of Eternity (5:35)
3. Moon Above, Sun Below (10:52)
4. Elysian Woes (4:47)
5. Goblin (4:32)
6. River (7:30)
7. Voice of Treason (8:00)
8. Faith in Others (7:39)

Line-up

– Mikael Åkerfeldt / vocals, guitar, production, art direction
– Fredrik Åkesson / guitar
– Joakim Svalberg / piano, keyboards
– Martín Méndez / bass
– Martin Axenrot / drums, percussion

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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