Opeth - In Cauda Venenum
4.0Note Finale

Ok. Opeth sera resté pendant quinze ans l’une des têtes de pont d’un death metal progressif, plein de lyrisme, de fureur dans son mélange de voix claire et de growl que son leader/chanteur Mikael Åkerfeldt maîtrisait à la perfection, le transformant en l’un des frontman les plus charismatique de la place. C’est pourquoi leur transformation gamma à la sortie de Watershed en surprit plus d’un(e) avec la volonté manifeste de chercher l’or du côté des seventies avec un mélange explosif d’atmosphérique, de prog rock symphonique, de heavy et de teintes jazz. Les fans les plus hardcore tombèrent de leur siège. D’autres tendirent l’oreille comme mézigue. Pour leur quatrième variation post-transformation (et treizième album studio) le titre In Cauda Venenum pourra être interprété littéralement comme « Le venin est dans la queue » ou « Les mauvaises surprises sont pour la fin ». Pourquoi ? Principalement parce que Åkerfeldt souhaitait depuis longtemps avoir un titre en latin. Soit. Mais au-delà du titre, c’est surtout la méthode qu’il envisagea différemment, laissant moins de place à ses compagnons que sur le précédent album Sorceress et décidant d’enregistrer en Suède avec une version chantée en langue native et une autre en anglais. La comparaison pourrait s’avérer futile mais la subtilité du chant permet d’extirper des variations fascinantes que l’on soit du côté pile ou face.

Du coup, l’introduction instrumentale (« Garden of Earthly Delights ») laisse place à des bouts de nuit avec chorale, cloches, sons d’enfants qui jouent… avant l’arrivée des riffs de « Dignity » et du puzzle sonique qui tape dans l’orchestral (« Next of Kin »), les chants grégoriens (« Charlatan »), la ballade (« Lovelorn Crime »), l’acoustique (« Continuum ») et du heavy où le chaos règnerait sur la pop (« All Things Will Pass »). S’il fallait visiter cet album sans vouloir y revenir pour en découvrir les secrets, nul doute que nous passerions à côté d’un grand album. Évidemment, la première impression reste un sentiment de manque de cohérence, de feu-follet stylistique dont on ne sait pas vraiment par quel bout le prendre. Ou le digérer. Mais In Cauda Venenum est de ces albums qu’il faut apprivoiser. S’il n’est en rien fuselé pour retrouver les amateurs du groupe première période, il rode son équilibre au fil de pirouettes et de combinaisons acrobatiques qui nous font perdre nos marques pour mieux titiller les sens. Et surprendre. Avec ce nouvel album, Opeth opère dans quelque chose de très écrit. Trop peut-être. Mais il se révèlera pour beaucoup comme un condensé jouissif du genre.

OPETH – IN CAUDA VENENUM

Opeth - In Cauda Venenum (2019)

Titre : In Cauda Venenum
Artiste : Opeth

Date de sortie : 2019
Pays : Suède
Durée : 67’49
Label : Nuclear Blast

Setlist

1. Garden Of Earthly Delights (3:29)
2. Dignity (6:37)
3. Heart In Hand (8:30)
4. Next Of Kin (7:10)
5. Lovelorn Crime (6:34)
6. Charlatan (5:29)
7. Universal Truth (7:22)
8. The Garroter (6:44)
9. Continuum (7:23)
10. All Things Will Pass (8:31)

Line-up

– Mikael Åkerfeldt / lead & backing vocals, acoustic & electric guitars, composer & producer
– Fredrik Åkesson / lead & rhythm guitars
– Joakim Svalberg / grand piano, Fender Rhodes 88, harpsichord, Moog, Mellotron, Hammond C3, percussion, backing vocals
– Martín Méndez / bass
– Martin Axenrot / drums, percussion

With:
– Dave Stewart / string arranger & producer

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