Nad Sylvan - Courting the Widow
4.3TOP 2015

Nad Sylvan est un trublion comme on en fait peu. Ceux qui ont pu observer le bestiau sur scène, aux côté de Steve Hackett pour ses réinterprétations de Genesis se sont vite aperçu de sa capacité d’adaptation sur un répertoire pourtant éminemment casse-gueule. Il faut avouer, également, que sa faculté caméléon à jouer sur la corde hyper tendue d’un Peter Gabriel “seventies”, et donc allergique à toute forme de sobriété, ne laisse aucun doute sur sa théatralité originale. Celle-ci pourra en énerver certains. Les autres adoreront le personnage, forcément. Des avis tranchés qui ne manqueront pas de ressurgir pour son retour en solo, après 12 ans de silence et quatre albums en groupe (avec Agents of Mercy et Unifaun), pourtant loin d’être prémédité de longue date.

Mais voilà le travail : Courting the Widow. 70 minutes d’un prog-rock qu’on aurait facilement pu entrendre il y a quarante ans chez un bon disquaire estampillé. Non pas que l’album soit vieillot mais il milite dans l’espace-temps le plus « classique » (dans le bon sens du terme) du genre. L’art fantasque de Nad Sylvan fait le reste, entre ses lubies thématiques et une instrumentation au cordeau, portée par des cadors. Au bataillon : Steve Hackett, Roine Stolt, Nick Beggs, Jonas Reingold, Nick D’Virgilio, Gary O’Toole, Doane Perry, Annbjørg Lien, Rob Townsend entre autre… et même Skrut, son chat, dont on entend les miaulements murmurés sur le gabrielesque « Ship Cat ».

Autant dire que la balance des compétences instrumentales penche nettement en faveur d’un disque qui s’amuse de l’alchimie progressive, sans subversion, mais avec une capacité d’assimilation des codes, des usages et des bons réflexes qui révèlent l’étrangeté fantastique de cet univers. Évidemment conceptuel (comment y échapper ?), le disque décrit les aventures de The Vampirate, l’avatar scénique du chanteur suédois, lors d’un voyage en bateau. Tout le périple est porté par le chant habité, onirique et sur le fil du bonhomme.

En équilibre, Courting the Widow trouve des solutions qui claques, débridées, dans la tradition, des influences plein les oreilles (sans surprise, Genesis reste ici la référence absolue), pour aboutir à une échapée de contes pittoresques allant bien au-delà de la simple imitation et qui pourrait faire de Nad Sylvan un nouvel incontournable.

NAD SYLVAN – COURTING THE WIDOW

Nad Sylvan - Courting the Widow (2015)

Titre : Courting the Widow
Artiste : Nad Sylvan

Date de sortie : 2015
Pays : Suède
Durée : 70’32
Label : InsideOut

Setlist

Carry Me Home 07:20
Courting The Widow 06:14
Echoes Of Ekwabet 09:41
To Turn The Other Side 22:06
Ship’s Cat 05:05
The Killing Of The Calm 05:34
Where The Martyr Carved His Name 07:46
Long Slow Crash Landing 06:45

Line-up

– Nad Sylvan / vocals

With:
Steve Hackett – guitar
Roine Stolt – guitars
Nick Beggs – bass, backing vocals
Jonas Reingold – bass
Nick D’Virgilio – drums
Gary O’Toole – drums
Doane Perry – drums, percussion
Annbjørg Lien – violin
Lars Drugge – acoustic guitar
Rob Townsend – flute& tenor sax
Jade Ell – backing vocals
Skrut – vocal and purring

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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