Lifesigns - Live in London under the Bridge
4.5Note Finale

ELa sortie en ce début d’année du deuxième opus de Lifesigns est déjà en soit un événement. En effet après la parution en 2013 du premier disque éponyme  de ce groupe, tout le monde s’était accordé à dire tout le bien qu’il en pensait. Ce fut il vrai, une franche réussite, John Young au chant et aux claviers avait réussi là un coup de maître, ce début fut magistral et beaucoup pensèrent que la suite ne serait pas à l’avenant. Et bien il n’en est rien, car Live in London Under the Bridge qui débarque aujourd’hui ravira les plus sceptiques, car Lifesigns signe encore un prodigieux album, et cette fois ci, chose assez rare, il s’agit d’un  » live » enregistré à Londres et plus particulièrement à Chelsea et ce devant un public restreint de cinq cent personnes.

On y trouve  cinq morceaux totalement inédits, et aussi cinq titres provenant de leur premier disque studio, soit un léger manque de nouveau matériel, mais entendre ces deux disques de Lifesigns en « live » sont déjà une sorte de cadeau que nous fait le groupe et sont dores et déjà des « classiques ». Pour ce retour en force, le leader de Lifesigns John Young s’est entouré de deux nouveaux musicos, car le génial bassiste Nick Beggs présent sur le premier disque et qui a collaboré entre entre avec Steve Hackett et Steven Wilson (rien que ça!) – est quant à lui parti vers d’autres aventures musicales. C’est donc le non moins bon Jon Poole qui le remplace au même poste, épaulé par l’immense Niko Tsonev à la guitare, (transfuge de Wilson) les drums étant toujours tenus par Frosty Beedle, que l’on avait découvert dans Cutting Crew. Ça commence très fort par deux morceaux tirés du premier opus, le voix caractéristique de Young est toujours aussi remarquable, elle est un peu la marque de fabrique de Lifesigns, car on la reconnaît de suite, la musique quant à elle décoiffe sérieusement, ces quatre là sont de grosses pointures et laissent derrière eux un paquet de musiciens au talent plus qu’incertain. Dès le départ on est sous le choc par l’envergure de l’ensemble, les guitares sont trépidantes,et redynamisent le titre d’ouverture « Lighthouse »,  les sonorités  de claviers sont elles  hyper chiadées et le chant de Young survole le tout magnifiquement. Les harmonies vocales de Young/Poole/tsonev sont de toute beauté et l’on peut se délecter par toute cette maestria déployée ici pour notre plus grande joie. Le son global est monstrueux et l’on ressent toujours des influences plus  ou moins marquées avec le grand UK ou encore avec Unitopia, mais Lifesigns ne ressemble vraiment à personne et joue une musique personnelle, d’une richesse et d’une complexité infinie.

Ces deux albums nous permettent de redécouvrir les titres que l’on connaissait déjà enregistrés en studio, mais cette fois ci réinterprétés en “live”, et de fait ils prennent une toute autre couleur et on peut aisément apprécier les interventions lumineuses de Tsonev à la gratte, on comprend pourquoi Wilson avait craqué pour lui. Il suffit d’entendre l’intro de « Carousel » qui conclue le concert pour s’en convaincre – certainement le titre le plus fouillé de Lifesigns – Tsonev allie une subtilité de jeu avec un phrasé à la limite du « jazz rock », ce qui est la vertu des plus grands guitaristes du genre,  figure également sur ce titre  un passage à la flûte qui n’est hélas pas crédité. La basse de Poole vous fera certainement penser à un certain Chris Squire qui nous a malheureusement quitté récemment,  mais qui a laissé derrière lui de nombreux émules, ce n’est pas pour nous déplaire loin de là, c’est une démonstration de force qu ‘effectue  le quatuor en nous réjouissant  cependant tout autant au cours de ces quatre vingt cinq minutes de bonheur intense. Mention spéciale cependant à John Young dont les parties vocales sont de haute volée et dont les interventions et les parties de clavier sont époustouflantes. Hormis donc les cinq titres connus, les autres morceaux sont tout aussi puissants et l’on sent qu’ils ont été longuement travaillés et joués en public, cela se perçoit énormément, Young et sa nouvelle bande n’ont apparemment pas fini de nous surprendre.

Voilà ce que l’on peut tirer comme enseignement de ces deux “trésors” que l’on écoutera à l’infini tellement c’est bon, Lifesigns nous manquait déjà vachement et pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, ceci est une bonne occasion de les découvrir. Ce ne  sont par le fait que des témoignages “audio” dont nous disposons, il est sans doute préférable, après le superbe extrait présent sur Youtube du titre “ Different” qui nous met l’eau à la bouche et qui n’est que le reflet d’un concert, déjà magnifique sur disque, et qui doit prendre toute sa valeur et son intensité en DVD. Et lorsqu’on entend Young à la fin de “Kings” présenter le groupe, on aimerait bien les voir tous les quatre à l’œuvre – et pourquoi pas, mais on peut rêver, qu’ils viennent  se produire en France, on ne sait jamais.

On attend de pied ferme la suite, c’est à dire un “vrai” album studio avec “plein” de morceaux inédits, le groupe doit en avoir quelques uns sous le pied, guettons les rayons de nos disquaires, mais en attendant, ce Live in London under the Bridge nous comblera largement et nous fera patienter.

LIFESIGNS – LIVE IN LONDON UNDER THE BRIDGE

Lifesigns - Live in London under the Bridge (2016)

Titre : Live in London Under the Bridge
Artiste : Lifesigns

Date de sortie : 2016
Pays : Angleterre
Durée : 85’35
Label : Autoproduction

Setlist

CD 1

1. Lighthouse (12:32)
2. Telephone (10:14)
3. Voice In My Head (05:41)
4. Different (09:14)

CD 2

5. Impossible (5:21)
6. Open Skies (4:14)
7. Fridge Full of Stars (12:02)
8. At The End of the World (9:00)
9. Kings (5:05)
10. Carousel (12:12)

Line-up

– John Young / keyboard, lead vocals
– Frosty Beedle / drums
– Jon Poole / bass guitar, vocals
– Niko Tsonev / guitar, vocals

 

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany