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Soul
4.3TOP 2020

Dans l’écurie Pixar, il y a les incontournables Brad Bird (Ratatouille, Les Indestructibles), Lee Unkrich (Toy Story, Coco) mais aussi Pete Docter. Avec Soul, sa quatrième réalisation (en collaboration avec Kemp Powers), il offre une continuité logique à sa filmographie impeccable (Monstres et Compagnie, Là-Haut, Vice-Versa). L’histoire de Joe Gardner, professeur de musique qui rêve depuis son enfance de devenir un jazzman émérite, élance le film dans un environnement sonore inhabituel. En témoigne la bande originale, splendide, composée par le duo Trent Reznor / Atticus Ross pour les parties “hors sol” et Jon Batiste pour le jazz new-yorkais, et des passages musicaux qui plongent le spectateur dans l’extatique d’un artiste en transe. Herbie Hancock et Quincy Jones furent notamment consultés pour les aspects de la personnalité d’un musicien. Comme un écho à Vice-Versa, qui explorait le monde des émotions, Soul s’avance dans une forme de surnaturel dès lors que son personnage principal se retrouve aux portes de la mort suite à un accident. Dans une forme d’entre deux-mondes, le You Seminar, à la fois coloré et géométriquement festif (Miro et Picasso sont à la rescousse), Joe va devoir travailler avec d’autres âmes, dont la récalcitrante 22, pour trouver un sens à leur vie passée et future. L’histoire est belle. L’animation magnifique. Impressionnante. Les idées abondent dans une forme d’euphorie contrôlée, sur un script parfaitement équilibré. Comme toujours chez Pixar, la narration est primordiale, et Soul ne déroge pas à la règle établie depuis plus de 25 ans par le studio.

Même si le film, dans sa radicalité conceptuelle, ne parvient pas toujours à retrouver l’émotion provoquée par Vice-Versa ou les précédentes œuvres de Pete Docter, il faut lui reconnaître la force de l’ambition, la volonté d’aller chercher à raconter quelque chose d’inattendu, de surprenant sans jamais se départir de son double discours à destination des enfants et des adultes auxquels il s’adresse plus que jamais. Certains y verront forcément un défaut. Un prisme réducteur. Pourtant, la poésie est à portée de tous. Vertigineuse. Car le film aborde ses principes sans jamais tomber dans le piège du religieux bien qu’il évoque l’au-delà, la résurrection, ou le spirituel. La gymnastique est acrobatique mais traitée avec une véritable subtilité. Conte philosophique, voire métaphysique, Soul peut dès lors s’affranchir des codes, redistribuer les rôles, taper dans le délire, jouer avec une bande de hippies amateurs de méditation transcendentale, poser tranquillement le postulat de l’existence de l’âme humaine, sans chichis, questionner l’innée, l’acquis, le libre arbitre et poser la question de la passion programmatique comme obsession mortifère. Tout cela pour aboutir à la seule interrogation qui mérite de s’y poser : “qu’est-ce qu’une vie réussie ?”.

Après Vice-Versa (un Oscar à la clé), Pete Docter s’était remis en question. Crise artistique ? Crise de la quarantaine ? Que faire ensuite ? Et si c’était la bonne voie ? Sommes-nous déterminés ? Avec Soul, il avance ici son imagination pour nous offrir de quoi réfléchir dans sa bulle allégorique. Évidemment, les plus jeunes pourront rester circonspects devant les thèmes traités mais ils trouveront de quoi se laisser bercer par la fantaisie des réjouissantes séquences new-yorkaises. Chacun prendra ce qu’il voudra de ce périple qui mériterait d’être vu dans une salle de cinéma. Pete Docter, loin d’être naïf, aura d’ailleurs eu le plaisir d’illustrer l’introduction Disney par des fausses notes jazzy. Comme un pied de nez au studio. Un humour enfantin derrière lequel se cache une certaine gravité. C’est toute la force de ce grand film.

SOUL – PETE DOCTER & KEMP POWERS

Soul - Pete Docter (2020)

Titre : Soul
Titre original : Soul

Réalisé par : Pete Docter & Kemp Powers
Avec : Jamie Foxx, Tina Fey, Graham Norton, Rachel House, Angela Bassett…

Année de sortie : 2020
Durée : 101 minutes

Scénario : Pete Docter, Mike Jones, Kemp Powers
Montage : Kevin Nolting
Image : Matt Aspbury, Ian Megibben
Musique : Trent Reznor, Atticus Ross, Jon Batiste

Nationalité : États-Unis
Genre : Animation
Format : Couleur

Synopsis : Passionné de jazz et professeur de musique dans un collège, Joe Gardner a enfin l’opportunité de réaliser son rêve : jouer dans le meilleur club de jazz de New York. Mais un malencontreux faux pas le précipite dans le « Grand Avant » – un endroit fantastique où les nouvelles âmes acquièrent leur personnalité, leur caractère et leur spécificité avant d’être envoyées sur Terre. Bien décidé à retrouver sa vie, Joe fait équipe avec 22, une âme espiègle et pleine d’esprit, qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. En essayant désespérément de montrer à 22 à quel point l’existence est formidable, Joe pourrait bien découvrir les réponses aux questions les plus importantes sur le sens de la vie

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