Phideaux- AutoMoto Animus
4.3TOP 2026

Toute cette histoire commençait quand même à ressembler à une nouvelle arlésienne. Le retour de Phideaux Xavier huit ans après Infernal (2018) qui semblait refermer un cycle entamé avec The Great Green Room (2006) et Doomsday Afternoon (2007) posait question sur la trajectoire du musicien : poursuivre sur sa lancée ou s’échapper vers de nouveaux horizons ? Pour faire court, Automoto Animus ne rompt pas avec son passé et s’inscrit dans la continuité d’une discographie qui n’en finit pas d’éveiller la curiosité. En face d’un avenir incertain, Phideaux prolonge donc une musique empreinte de prog-rock classique et accessible tout en abordant avec son ton acidulé habituel une narration où se mêlent critique sociale, préoccupations écologiques et existentielles. Le tout sans lourdeur et avec cette intention de nous plonger une nouvelle fois dans un univers cohérent. Le fait que Phideaux soit réalisateur pour la télévision américaine n’est évidemment pas étranger à cette ambition d’enchaîner les titres avec un véritable souci narratif.

Dès « Do What U Will« , son chant qui introduit le spectacle à venir (« Ladies and gentlemen… ») sur une ligne rock presque new wave mais sans en faire trop, la question du libre arbitre se pose avant d’élargir le champ sur le mélodique « Hey Humanity » qui résonne quelque part entre les Beatles et Spock’s Beard puis le très pop « Driving to Destruction » — bonjour David Bowie et les eighties — transforme la voiture en métaphore d’une civilisation lancée à pleine vitesse vers le précipice. Avec « Stay With Me » et « Charlie Knew » c’est du côté de la britpop que se tourne la musique de Phideaux alors que le plus acoustique « Siren in the Storm » (avec Savannah Pope aux vocalises) laisse place au plus inquiétant « Enigmatic Terminus » que les amateurs du Steven Wilson le plus atmosphérique devraient noter dans leur calepin.

Ces sept titres ramassés développent une première salve très directe, sans fioriture, et surtout préparent le terrain aux quatorze minutes de « Legend of Mary Jo » inspiré par Mary Jo Buttafuocco dont l’histoire sinistre fit la une des tabloïds. Entouré de nombreux musiciens dont les habitués Johnny Unicorn, Mark Sherkus, Ariel Farber et les nouveaux venus Joe Berardi et Vince Meghrouni, le titre se développe en plusieurs temps, très seventies, sans être pompeux ni trop étroit pour faire entrer chaque passage au chausse-pied.

Sur une production et un mixage limpides de Rich Mouser, dont on connaît la patte sonore auprès de Neal Morse et Spock’s Beard, il n’est pas nécessaire de se discipliner pour faire le tri dans ce foisonnement qui réconcilie les influences de notre ami. Rien d’insolent mais de quoi sautiller tout l’été. Ce tour d’horizon résume sobrement l’univers de Phideaux Xavier, compositeur qui donne la fausse impression de planer, alors qu’il ne fait qu’annoncer une plongée dans une forme de désespoir intime. En équilibriste. Sans être anxiogène. Préférant une collection jouissive de mélodies étincelantes qui savent s’encanailler.

PHIDEAUX – AUTOMOTO ANIMUS

Phideaux- AutoMoto Animus (2026)

Titre : AutoMoto Animus
Artiste : Phideaux

Date de sortie : 2026
Pays : États-Unis
Durée : 42’55
Label : Bloodfish Music

Setlist

1. Do What U Will (4:44)
2. Hey Humanity (4:12)
3. Driving to Destruction (4:46)
4. Stay with Me (3:12)
5. Charlie Knew (4:02)
6. Siren in the Storm (4:02)
7. Enigmatic Terminus (3:47)
8. Legend of Mary-Jo (14:10)

Line-up

– Phideaux Xavier / piano, keyboards, bass, acoustic and electric guitar, vocals

With:
– Joe Berardi / drums
– Dustin Boyer / guitar, synthesizers, claps
– Ariel Farber / violin, viola, vocals
– Roger Howarth / vocals
– Amanda Lynne / flute
– Vince Meghrouni / flute, piccolo, saxophone
– Rich Mouser / guitar, keyboards, percussion
– Charlie Paxson / drums, talking drum, tabla, percussion, tambourine
– Fernando Perdomo / guitar
– Savannah Pope / vocals
– Kira Roessler / bass
– Paul Roessler / drum programming, percussion, treatments, fancy piano, organ
– Molly Ruttan / drums, vocals
– Mark Sherkus / organ, mellotron
– Naomi Adele Smith / keyboards, vocals
– Johnny Unicorn / bass, vocals, whistle
– Marcus Watkins / guitar, baritone guitar
– Angus Weir / trumpets
– Kaitlin Wolfberg / strings
– Nathan York / bass
– Juliet Mills / vocals
– Marianne Muellerleile / vocals
– Geoff Ball / vocals

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