Neal Morse & The Resonance: No Hill For A Climber
4.0TOP 2024

Il ne fait aucun doute que l’ami Neal Morse se tient particulièrement éloigné du syndrome de la page blanche. Pour autant, le multi-instrumentiste ne se contente pas de rester dans un créneau désormais balisé ou de reproduire ad nauseam les formules qui firent et font encore son succès. Toujours enclin à bosser avec de nouvelles têtes, le conseil de son épouse pour collaborer avec des jeunes musiciens de son patelin allait enclencher logiquement un nouveau projet parallèle. Un de plus. Neal Morse and The Resonnance voyait ainsi le jour. Du nouveau calé dans un modèle bien connu du bonhomme puisque la structure de ce premier album intitulé No Hill for the Climber reprend celui de deux bornes monumentales de sa discographie imposante, V de Spock’s Beard et A Bridge Across Forever de Transatlantic, soit deux tranches de pain complet dépassant la vingtaine de minutes autour de trois titres plus courts. Dans le langage prog-rock, nous sommes donc devant un squelette parfaitement en règle avec le genre. Voici pour la setlist. A son écoute, il ne fait guère de doute que nous avons à faire avec du Neal Morse pur premium, impeccablement agencé (sept parties composent le premier titre, six le second), parfaitement interprété et produit, comme il se doit, pas l’inextinguible Rich Mouser. Terrain connu… sans être miné. Car s’il ne se renouvelle pas de fond en comble, Morse parvient une fois encore à trouver assez de matière brute à triturer pour accrocher les esgourdes des plus habitués. La présence de nouveaux compagnons de jeu n’est pas étrangère (Andre Mandatian à la guitare, Chris Riley à la basse, Philip Martin et Joe Ganzelli à la batterie) mais c’est surtout le chant de Johnny Bisaha qui vient ponctuer d’un nouveau souffle notre affaire. En complétude idéale de Neal Morse, celui-ci assure ses parties avec une rare intuition. La fraicheur qui s’en dégage permet de faire briller plus encore l’éblouissant « No Hill for A Climber« , titre éponyme d’un album qui ne s’économise aucune envolée, aucune échappée. Tout cela est virtuose mais sans jamais peser dans la balance jusqu’à en perdre l’équilibre. Les plus réfractaires aux propos « spirituels » de Neal Morse ne changeront pas d’avis. Ce serait pourtant passer à travers des titres très efficaces comme « All the Rage » ou « Thief » qui permettent de temporiser en mélangeant subtilement énergie et émotion. Au-delà d’un dernier morceau qui frôle la demi-heure, les amateurs de longs développements auront donc également l’occasion d’apprécier « Eternity in Your Eyes« , organique et sophistiqué, laissant les soli et circonvolutions sonores envelopper ce premier pas dans l’incontestable réussite que constitue cet album. Avec No Hill for the Climber, nous sommes loin d’un caprice chichiteux ou d’une entreprise de recyclage d’idées abandonnées. En prenant les choses à la source d’un prog-rock débridé et fertile, Neal Morse amorce une nouvelle aventure dont on attend d’ores et déjà la suite avec impatience.

NEAL MORSE & THE RESONANCE – NO HILL FOR A CLIMBER

Neal Morse & The Resonance: No Hill For A Climber

Titre : No Hill For A Climber
Artiste : Neal Morse & The Resonance

Date de sortie : 2024
Pays : États-Unis
Durée : 67’14
Label : Radiant Records

Setlist

1. Eternity in Your Eyes (20:56) :
– i. Prelude to Eternity
– ii. I See the Sun
– iii. Northern Lights
– iv. Echoes of Forever
– v. The Dream’s Still Alive
– vi. Hammer and Nail
– vii. Daylight
2. Thief (5:23)
3. All the Rage (5:34)
4. Ever Interceding (6:31)
5. No Hill for a Climber (28:50) :
– i. The Mountain and the Valley
– ii. A Hill So High
– iii. Burn It Down
– iv. Love Is All
– v. The Resonance
– vi. The Mountaintop Beyond the Sky

Line-up

– Neal Morse / keyboards, guitars, bass, percussion, lead & backing vocals
– Chris Riley / keyboards, guitars, bass, lead vocals
– Andre Madatian / guitars, orchestration
– Johnny Bisaha / lead vocals
– Philip Martin / drums (2-5)
– Joe Ganzelli / drums (1,2,5)
– Chris Carmichael / violin, viola, cello
– Amy Pippin / backing vocals
– Julie Harrison / backing vocals
– Chris West / trumpet, flugelhorn
– Desmond Ng / trombone, euphonium

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