Ape Amplitude - Escape Routes
4.5Note Finale

Voici un album passé totalement sous silence l’année dernière, et pourtant ce Escape Routes du combo germain Ape Amplitude gagne à être connu tant ces soixante dix neufs minutes sont remarquables. Il faut s’arrêter deux minutes sur la magnifique pochette où l’on voit un homme, la tête enfouie dans le sable. Cette image est évidemment symbolique et l’on pensera bien sûr aux plus belles heures d’ Hypnosis qui a vu naître tellement de visuels fantastiques. Deux multi-instrumentistes Achim Wierschem et Peter Zahn sont à l’origine de la création d’Ape Amplitude et forment son ossature. Escape Routes est leur premier album et à cette occasion, cinq autres musiciens et vocalistes sont venus leur prêter main forte.

Entièrement instrumental, et en totale adéquation avec la pochette précitée, mais cependant non dénué de saveur, l’album commence par une pièce très ambitieuse A Long Painful Patch qui s’étale sur plus de trente deux minutes durant lesquelles ont peut apprécier l’énorme potentiel du groupe. Ce long morceau est divisé en quatre sous chapitres aussi prenants les uns que les autres, et d’emblée on se rend compte que le guitariste possède un phrasé qui n’est pas sans rappeler celui d’Andy Latimer de Camel. Ceci étant une belle référence nous sommes déjà en bonne compagnie mais en dehors de cette influence, ces quatre vingt minutes pourraient avoir été composées pour le cinéma tant cette musique est évocatrice et prompte à l’imagination.

Les nombreux paysages sonores se prêtent aux rêves les plus fous et Ape Amplitude nous promet un voyage dans le temps dans lequel on prend un plaisir certain à vivre les émotions que provoquent en nous ces formidables compositions. Et dès le chapitre II, le groupe nous propulse très haut et délivre un message tout à fait Genesien, ce qui prélude à une suite heureuse avec les accents délicats de la six cordes qui portent le groupe vers des hautes sphères. Les accords et arpèges nous confirment dès le début du chapitre III The Coast Of Europe que le père Latimer a laissé une empreinte indélébile sur ce combo. Les notes de piano qui introduisent Last Exit Suicide” sont magnifiques, relayées par une six cordes au sommet de son art. Cette dualité fait de ce morceau peut être le plus beau de l’album. Des vocalises féminines interviennent néanmoins et lorgnent vers le Floyd auquel ils empruntent quelques bribes sonores et autres clichés musicaux.

On pourrait en rester là, néanmoins les musiciens en ont encore sous le pied. Nous n’en sommes qu’à la moitié du disque, et la suite se présente de façon narrative (très épisodique), nous préparant à un final totalement délirant et lyrique à souhait comme aime à interpréter le guitariste. Sur trois titres aussi DopelandThe Drinker et “Turning My Back In The City“,les musiciens dérivent quelque peu vers des contrées jazz/rock de très bon goût qui donnent encore plus de piment à cet album hors du commun. Enfin sur toute la deuxième partie du disque, les musiciens reviennent aux fondamentaux en signant deux perles, Escape To Woman’s Shelter et surtout Requiem For A Dying Planet, un morceau hyper mélodique. Bien que purement instrumental, Escape Routes s’avère un album majeur de l’année.

APE AMPLITUDE – ESCAPE ROUTES

Ape Amplitude - Escape Routes (2019)

Titre : Escape Routes
Artiste : Ape Amplitude

Date de sortie : 2019
Pays : Allemagne
Durée : 79’41
Label : –

Setlist

1. A Long Painful Patch (32:51)
a) Chapter I – Departure (5:08)
b) Chapter II – Seawatch III (10:10)
c) Chapter III – The Coast Of Europe (8:23)
d) Chapter IV – Deportation (9:09)
2. Last Exit Suicide (6:52)
3. Dopeland (7:52)
4. The Drinker (5:22)
5. Turning My Back To The City (7:03)
6. Virtual Reality (5:55)
7. Escape To The Womens Shelter (4:10)
8. Requiem For A Dying Planet (4:05)
9. A Little Light Of Hope (5:31)

Line-up

– Achim Wierschem
– Peter Zahn

  • Andres Rexach
  • Sebastian Schleicher
  • Byron Frey
  • Martin Kuna
  • Nadja Humeni
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A propos de l'auteur

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany

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