Steve Vai - 30 Most Slow Blues
4.5Note Finale

On a bien trop souvent considéré à tort Steve Vai comme un guitariste « démonstratif », évoluant dans un registre proche du « métal »jouant dans les artifices et ne possédant pas une véritable âme de musicien. C’était pourtant mal le connaître car cette Unofficial Compilation appelée 30 Most Slow Blues qui nous arrive en ce début d’été, et certainement sans son véritable accord, prouve s’il en était encore besoin que contrairement aux dires des mauvaises langues, il est un musicien de tout premier ordre, et de surcroît un guitariste fondamental. On trouve sur ce disque trente de ses compositions parmi les plus « cool » et de fait les plus réussies. Celles-ci furent très certainement les plus riches et les plus abouties que le musicien ait pu composé au cours de sa longue carrière. Le choix a été judicieux car dans la grande majorité de cet album, elles permettront d’apprécier pleinement ces « slows » qui pourront bercer cette belle saison estivale qui arrive.

Il se trouve que ces trente morceaux représentent pour certains ce qui a été composé de plus riche et de plus intense au cours de ces trente dernières années, tous styles confondus. Il s’agit en effet d’un florilège de ce que Steve Vai a enregistré sur ses albums solo, après qu’il eu quitté le célébrissime Frank Zappa, à commencer par la plus prestigieuse de toutes « For The Love Of God » qui est la compo ayant constitué l’apogée du« maître » de la six cordes et qui a  contribué à définir sa gloire. Ce titre reste d’une immuable beauté et c’est le type même de morceau instrumental passant allègrement les époques  et s’écoutant avec toujours autant de plaisir. Nul comme Steve Vai ne sait allier les sonorités les plus saturées, et alambiquées, superposées par une technicité d’enfer, le tout agrémenté d’un feeling et d’une mélodicité hors du commun. Je suis persuadé que Steve Vai se situe quelque part et sûrement de manière involontaire comme la réincarnation (toutes proportions gardées) de Jimi Hendrix, à qui le guitariste voue un culte sans faille. Vai reprend d’ailleurs sur ce disque trois de ses plus grands « hits », prouvant s’il le fallait l’admiration sans borne qu’il a pour le « voodoo child ». Il se réapproprie les codes (notamment en touchant les cordes de ses dents) et il faut l’entendre jouer en « feed back » sur « Call It Sleep » pour mieux comprendre la façon dont il s’est inspiré et imprégné de son aîné. Il sait comme lui torturer les cordes de son manche en y glissant des ruissellements de notes et en sortir ce qu’il existe de plus beau dans le genre. Cette magistrale synthèse fait de Steve Vai, un des meilleurs guitaristes mondiaux, bien au dessus de la mêlée de ces nombreux petits  « gratteux » qui inondent le marché de la musique .

Revenons à cet album et aux trois fameux morceaux qui sont une une forme d’hommage à Hendrix avec « Little Wing »,puis un « Red House » d’anthologie suivi de l’emblématique « Voodoo Child » tiré du double magistral Electric Ladyland . Vai cible au plus près l’empreinte de l’enfant vaudou. Car il faut savoir que derrière l’image usurpée du « guiar hero » se cache un guitariste doté d’une virtuosité sans faille, Vai n’a absolument rien à voir avec ces « monstres » du « métal » alignant le maximum de notes à la seconde, avec au final un manque total de finesse. Cette dentelle que brode sur son manche Vai se tisse encore sur le prodigieux « Windows To The Soul » ou sur le grandissime « Midnight » faisant penser à un autre guitariste virtuose,  mister Steve Hackett, dans sa manière d’appréhender les cordes de façon classique.

Steve Vai n’est jamais aussi bon que lorsqu’il fait « couler » aussi merveilleusement ses notes, notamment sur« Lotus Feet » qui est ici joué en live et qui est encore un des sommets de ce disque (ici il reprend des sonorités  dignes d’un Jeff Beck). Ce titre respire le talent et l’ingéniosité,  l’interprétation de cette superbe compo classieuse de Vai, doublée d’une orchestration symphonique enlevée, en fait un morceau incontournable du guitariste, lui permettant de prétendre aux plus hautes sphères de la musique contemporaine. Le « son » Beck s’entend de nouveau sur deux titres, tout  d’abord sur « Feathers », magnifique compo de Vai, et encore plus sur « Misfits » qui est à coup sur un des plus beaux morceaux du guitariste.

Je ne m’arrêterai pas sur d’autres grands titres tel « Brother » sur lequel Steve chante (pas si mal?) ou d’autres morceaux plus anecdotiques, n‘entachant pas cependant les « perles » citées plus haut, mais voilà bien un album qui risque fort bien  d’accompagner le restant de notre vie, Steve Vai, ce guitariste touché par le génie, et musicien béni des Dieux, vous émouvra  je pense comme il m’a ému avec ses 30 Most Slow Blues. Hendrix aura accompagné ma belle jeunesse à la toute fin des sixties en m’offrant mes plus belles joies musicales, au même titre que Genesis, Floyd ou Mike Oldfield au cours des seventies. Steve Vai a parfaitement comblé le grand vide affectif laissé par ces musiciens mémorables, en interprétant  ses notes venues d’une autre galaxie, de ces cieux merveilleux ou la musique est synonyme de bonheur.

STEVE VAI – 30 MOST SLOW BLUES

Steve Vai - 30 Most Slow Blues (2017)

Titre : 30 Most Slow Blues
Artiste : Steve Vai

Date de sortie : 2017
Pays : États-Unis
Durée : –
Label : Unofficial Compilation

Setlist

01. There’s a Fire in the House
02. Little Wing
03. The Crying Machine
04. Love Blood
05. Lovers Are Crazy
06. Oooo
07. Windows to the Soul
08. The Black Forest
09. K’m-Pee-Du-Wee
10. Midnight
11. Babushka
12. Firewall
13. Voodoo Acid
14. Noah’s Ark
15. Call It Sleep
16. Lotus Feet
17. Feathers
18. Misfits
19. I’m Your Secrets
20. Sisters
21. The Beast of Love
22. Little Alligator
23. Breaking the Heart of the City
24. Red House
25. Brother
26. Voodoo Child (Slight Return)
27. Now We Run
28. For the Love of God
29. Liberty
30. Tender Surrender

Line-up

Steve Vai / Guitars

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A propos de l'auteur

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany

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