Neal Morse - Testimony 2
4.5TOP 2011

On s’imaginera d’emblée, comme au cinéma, dans la suite attendue de l’histoire abracadabrantesque mais vraie du flash mystique vécu par Neal Morse, longuement contée dans Testimony (2003). Si ce dernier narrait le passage de l’auteur vers de nouveaux cieux métaphysiques, l’épisode 2 revient à la source en revenant sur la période précédent la fameuse « transformation ». Séquences nostalgie avec les anecdotes de ses collaborations avec Eric BurdonRoad Dog Blues ») et Spock’s BeardTime Changer ») qui lui permettent de retrouver pour l’occasion ses anciens comparses Nick D’Virgilio, Dave Meros et Alan Morse. Séquence émotion avec l’évocation de sa fille Jayda dont la guérison « miraculeuse », déjà évoquée sur scène, fût pour beaucoup dans toute l’histoire.

What if people think I’m crazy to turn 180 (degrees)

Évidemment, les grincheux prophétisèrent une nouvelle fois que Neal Morse devait sérieusement mettre le frein sur ses envolées prêchi-prêcha. Argument peu recevable. On pourra par contre regretter que son style très reconnaissable n’évoluait pas au-delà de tout ce que l’on avait déjà pu entendre chez lui. Après les sursauts extatiques de Question Mark (2005) et de Sola Scriptura (2007), son odyssée conserve un furieux niveau de qualité mais ne surprend plus. C’est sa limite. Sans entraîner la torpeur pour autant, notre homme jauge parfaitement son travail. Et malgré un disque grande gueule (près de 80 minutes) particulièrement traditionnel dans sa conception et sa réalisation, il balaie son histoire à coups d’accords houleux, faussement apaisés, éclatants, raides, symphoniques, délicats. Accompagné des fidèle Randy Georges et Mike Portnoy pour une rythmique très raide (« The Truth Will Set You Free », « Nighttime Collectors »), Neal Morse mord dans les couplets avec une foi inébranlable, une émotion intacte (« Jesus Blood »).

In the house of the rising sun, Still the snow falls down on mercy street, You can rest when the day is done, But you’re long gone now, As the snow falls down on mercy street

Mais quelle musique ! N’oublions pas que Neal Morse, c’est l’art de composer de superbes hymnes, d’orchestrer avec un incontestable brio des variations atmosphériques qui soufflent les soli chaleureux (« It’s For You ») ou les couvertures douillettes idéales pour se sentir à l’aise (« Jayda »). Comme le premier volet, Testimony 2 comporte son lot d’emportements furtifs, d’échappées virevoltantes (« Overture N° 4 »), de calmes somptueux qui trahissent une maîtrise étonnante de la bonne chanson. Qu’il en appelle à d’anciens gimmicks (The Light ou Testimony premier du nom, largement évoqués) n’a rien d’étonnant tant la teneur du propos reste purement autobiographique. Par moment ouvertement pop puis diablement complexe, l’art de Neal Morse tient dans cet équilibre fragile et maîtrisé (« Crossing over Mercy Street »).

Au sortir de ce trip, on pourrait penser le caddie plein à craquer. Erreur. Borné par un appétit musical maladif, voire compulsif, Testimony 2 propose un second disque débranché de l’histoire principale. Une sorte de bonus particulièrement luxueux puisque le chanteur épure deux chansons bubble gum acidulées (« Absolute Beginners » et « Supernatural ») et un pavé de magma wagnérien, plein de fioritures et de filigranes, qui part en spirale sur près d’une demi-heure (« Seeds of Gold » avec Steve Morse en invité de marque). De la haute voltige qui aurait fait un très bel album à lui seul et en remontrerait à beaucoup en matière de compositions à tiroirs.

Mais revenons au sujet principal. Avec ce nouvel opus, Neal Morse mettait un point final (?) à cet opéra rock de plus de trois heures, à la fois euphorique, imparfait, enthousiasmant, exaspérant, épuisant, énergique, étonnant, emballant… porteur d’une passion de vivre, d’une flamme et d’une vitalité éclatante, à l’image de son auteur. Qu’on le veuille ou non.

NEAL MORSE – TESTIMONY 2

Neal Morse - Testimony 2 (2011)

Titre : Testimony 2
Artiste : Neal Morse

Date de sortie : 2011
Pays : États-Unis
Durée : 137’22
Label : Inside Out

Setlist

CD 1
Part Six: (22:50)
1. Mercy Street
2. Overture No. 4
3. Time Changer
4. Jayda
Part Seven: (22:54)
5. Nighttime Collectors
6. Time has come Today
7. Jesus’ Blood
8. The Truth Will Set You Free
Part Eight: (32:36)
9. Chance of a Lifetime
10. Jesus Bring Me Home
11. Road Dog Blues
12. It’s For You
13. Crossing Over / Mercy Street Reprise

Total CD1: 78:52

CD2
1. Absolute Beginner (4:39)
2. Supernatural (6:11)
3. Seeds of Gold (25:59)

Line-up

– Neal Morse / lead vocals, piano, synthesizers
– Randy George / bass
– Mike Portnoy / drums

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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