Kaleidoreal - A Wasted Life
4.3TOP 2018

Le premier disque éponyme de Kaleidoreal n’est pour l’instant disponible qu’en numérique sur bandcamp. J’espère une distribution physique car ce groupe suédois fait souffler un vent de renouveau sur le prog scandinave…en ne sonnant pas suédois. Le groupe s’est constitué autour de Lars Granat guitariste du groupe métal Ended, qui assure aussi ici les claviers et la basse. J’ai bien dit métal. L’originalité de Kaleidoreal est que la plupart des membres du groupe n’a précédemment pas œuvré dans le style progressif. A la batterie Sebastian Johammar (The Grand New Wrong) vient plutôt du rock alternatif tandis que le chanteur Rikard Rynoson (Generous Men) officie dans un groupe dont les influences revendiquées sont autant Toto, Dream Theater que la pop/rock west-coast.  Avec ce mix d’influences, c’est un progressif à la saveur très américaine que nous sert Kaleidoreal. En effet, et c’est flagrant dès le premier épic, la musique présentée à une sonorité toute Neal Morsienne, mais celle de Morse dans ce qu’il a de plus mélodique, quand il oublie prosélytisme et démonstration gratuite. “A Life Wasted“, morceau fleuve est ainsi présenté en deux partie, une de 19mn, une de 16, en ouverture et conclusion de l’album. Après une ouverture sobre, au piano, la cavalerie arrive avec un premier passage entre hard-rock et prog-métal à la Dream Theater, avant que tout ne retombe en douceur sur un chant velouté et une musique très soft entre Billy Joel et Alan Parsons…après un premier break très ‘Spocks Beard’, c’est un clavier presque jazzy qui vient épauler une envolée de guitare typique des compositions de Morse. La signature du groupe est là : sur les 5 premières minutes de cet epic, variété de thèmes, créativité, recherche, le tout assemblé avec une classe qui donne un résultat impeccable. Avec “I Was Dust“, c’est un progressif plus accessible, qui penche plus vers des groupes des années 80/90 comme Iluvatar qui nous est proposé. Le morceau, comme l’album d’ailleurs, est très axé sur les guitares, avec une base de guitare acoustique qui sert de tremplin à quelques soli fulgurants. Les 11min de “Yellow And Blue“, plus théâtrales et heavy se rapprochent plus de Transatlantic. Ici, riffs et batterie se font plus lourds, et c’est le chant de Rynoson qui se taille la part du lion, avec de belles envolées. Après 6min intenses, le rythme va diminuer pour un final plus soft qui introduit parfaitement “Ozone“, une ballade piano/voix plutôt dépouillée en comparaison du reste. Le disque s’achève sur la deuxième partie d'”A Life Wasted”, qui reprend en les développant différemment les thèmes de la première partie. Les successions de breaks chantés à capela et de solis renvoient encore à Neal Morse.

A Life Wasted est un premier album surprenant de maturité et d’invention. Conçu par un amateur de prog qui n’en joue pas, ni n’en compose pas, dans sa formation principale, il est l’œuvre d’un musicien, Lars Granat, qui a avant tout voulu se faire plaisir sans s’imposer de contraintes ou de schémas. Ce disque contient du rock, de la sueur, quelques prises de risques et surtout un progressif riche qui ratisse de la pop au métal avec classe. Une excellente surprise.

KALEIDOREAL – A WASTED LIFE

Kaleidoreal - A Wasted Life (2018)

Titre : A Wasted Life
Artiste : Kaleidoreal

Date de sortie : 2018
Pays : Suède
Durée : 56’47
Label : –

Setlist

1 A Life Wasted Part 1 [19:07]
2 I Was Dust [07:40]
3 Yellow And Blue [10:46]
4 Ozone [03:08]
5 A Life Wasted Part 2 [16:06]

Line-up

– Rikard Rynoson- Chant
– Lars Granat – Chant, Guitare, Basse, Claviers
– Sebastian Johammar – Batterie Musiciens

Guests :

– Bjorn Headlam – Claviers supplémentaires sur A Life Wasted Part 2
– Jonatan Bengtsson – Claviers sur I Was Dust
– David Kallberg – Percussion, flûte-life-wasted

 

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