Coldplay - A Head Full of Dreams
2.5Note Finale

Cracher sur Coldplay est devenu un sport prêt à entrer dans le cercle étroit des compétitions olympiques. Une gageure que la presse décitronnée par une boboïtude exacerbée (Les Inrocks et Rock’n’Folk en première ligne) se complait à reprendre et répandre à loisir. Évidemment, il y a matière à s’acharner : des textes pour midinettes, des recettes recuites (les oh oh repris en cœur), une certaine paresse qui les vautre derechef dans certains titres complaisants, fondamentalement ratés, qui avaient transformé Mylo Xyloto (2011) en petite chose insignifiante quand le précédent Viva La Vida Or Death And All His Friends (2008) avait fourni le gage d’un processus créatif à la fois chiadé et ambitieux (Brian Eno aux manettes).

S’il faut mettre Ghost Stories (2014) de côté, c’est principalement parce que cette respiration artificielle et minimaliste (à ses heures), tenait plus du processus de résilience post-rupture (Chris Martin vs Gwyneth Paltrow) que du projet discographique solidifié au conceptuel. Et malgré les multiples annonces d’un split arlésienne imminent voici venir A Head Full Of Dreams qui serait, une fois encore, le glas d’une formation qui garantit pourtant dix millions d’exemplaires vendus au bas mot. Marketing, quand tu nous tiens ! Reste donc à nous envoyer ce septième opus aux senteurs commerciales exacerbées dès la liste des participants : Beyoncé, Tove Lo etc.

La partie n’est pas jouée d’avance… et si le morceau titre est joyeux et bourré de gimmicks habituels (les ho, ho et autres les cœurs extatiques). Chris Martin et ses copains vont alors se tourner vers le disco (oui, celui-là) avec « Adventure of a Lifetime » efficace mais dont on se demande longtemps s’il s’agit des mêmes musiciens que sur l’album Parachutes (2002). Le titre « Bird » bien planqué dans une brit-pop bien fichue mais pas franchement étonnante, l’affaire s’enfonce dans les méandres avec le falot « Hymn For the Weekend » que l’on croirait produit pour One Direction. Terrible. « Army of One » et « Amazing Day » sont du même calibre lénifiant.

Certes, le duo « Colour Spectrum » / « Kaleidoscope » essaye vaguement de se donner des airs de turpitudes soniques dans leur recherche minimaliste d’atmosphères vaporeuses et « Up & Up » retrouve sur le fil la gnaque des débuts notamment par la présence de Noel Gallagher. Le tout, conclu gentiment avec le titre bonus « Miracles » qui ne casse pas trois pattes à un canard mais se laisse caresser dans le sens du poil.

Loin d’être un chainon manquant ou un retour aux sources inspirantes, A Head Full of Dreams est un album très, trop varié, manquant clairement d’une vision artistique claire, alternant les styles sans vraie conviction autour d’une production sirupeuse signée Stargate et Rick Simpson. La bienveillance nous fera dire qu’il en reste quelques belles choses, éclectiques, électriques à défaut de vraiment électrisantes. S’il n’est pas un cauchemar toxique comme certains ne manqueront pas de l’entendre, voici un album malade mais pas franchement contagieux. Un objet (d’adieux) étonnamment foutraque pour une telle planche à billets.

COLDPLAY – A HEAD FULL OF DREAMS

Coldplay - A Head Full of Dreams (2015)

Titre : A Head Full of Dreams
Artiste : Coldplay

Date de sortie : 2015
Pays : Angleterre
Durée : –
Label : Capitol

Setlist

1. A Head Full Of Dreams 3:43
2. Birds 3:49
3. Hymn For The Weekend (featuring Beyoncé) 4:18
4. Everglow 4:42
5. Adventure Of A Lifetime 4:23
6. Fun (featuring Tove Lo) 4:27
7. Kaleidoscope 1:57
8. Army Of One 6:16
9. Amazing Day 4:31
10. Colour Spectrum 1:00
11. Up&Up 6:45
12. Miracles 3:55

Line-up

– Chris Martin : chant, piano, guitare
– Guy Berryman : guitare basse
– Jon Buckland : guitare
– Will Champion : batterie

Guest:
– Beyoncé : chant
– Noel Gallagher : guitar
– Tove Lo
– Khatia Buniatishvili
– Merry Clayton

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