Rosalie Cunningham - To Shoot Another Day
4.0Note Finale

Depuis une dizaine d’années et l’apparition sur la scène britannique de Purson, il y a une artiste qu’on suit des yeux et des oreilles, chantre du psychédélisme revival de la fin des années 60 : Rosalie Cunningham. Avec ses tenues qu’on croirait piquées d’un stock de costumes d’Austin Powers et son maquillage typée, la belle anglaise fait revivre avec un talent fou depuis une bonne dizaine d’année, le charme de ces années. Comme souvent depuis qu’elle a entamé sa carrière solo, Rosalie Cunningham nous propose un album décalé, avec au départ une sensibilité pop tendance Beatles, qui incorpore de nombreuses autres influences de l’époque : des éléments de rock, de blues, de psyché et plus nouveau de jazz avec l’apport de clarinette et de saxo sur 2 titres. Sa voix, au timbre chaud, parfois proche de Chrissie Hynde (Pretenders), entame la première partie de l’album, la plus théâtrale et décalée avec le morceau titre, sorte de titre pop sixities qui pourrait faire office de générique de début à cet album où Rosalie assume (presque) tout : guitares, basses, claviers … Le décalage anachronique continue avec « Heavy Pencil », titre aux rythmes presque soul, bourré d’orgue et … de flute. « Good To Be Damned » et « In The Shade Of The Shadow » vont quant à eux se balader vers le blues, le second étant caractérisé par une superbe intervention de saxo, un titre qui ramène aux premiers albums de Tom Waits par moments… Avec l’interlude « The Smut Peddler« , Rosalie Cunningham nous rappelle aux bons souvenirs de Purson en revenant à un rock plus rugueux, aux frontières du gothic/occult rock, Style qu’on va retrouver avec le splendide « Spook Racket« , où le chant de Rosalie fait des merveilles sur une mélodie plus sombre et spectrale. De même « The Premiere » et sa mélodie très cinématographique qui balance l’auditeur entre pop et psyché avec un final absolument magique. « Home » ou « Timothy Martin’s Conditioning School » jouent la carte du décalage complet en se positionnant comme des titres de comédie musicale alors qu’ils côtoient du rock presque proto-métal (« Return Of The Ellington« ). Bref avec ce disque Rosalie Cunningham joue à fond la carte de la diversité, fusionnant une multitude de styles pour accoucher d’un disque hors du temps : ancré dans les sixties mais incorporant autant d’influences qui lui sont postérieures qu’antérieures.

To Shoot Another Day est aussi l’occasion, surtout dans sa deuxième partie, de revenir au son que Rosalie proposait avec Purson, ses deux premiers opus solos s’en étaient éloigné pour expérimenter autour d’un psychédélisme théâtral plus expérimental. Ici l’album plaira autant aux amateurs des Beatles, des premiers Bowie et Pink Floyd qu’aux amoureux de Black Sabbath ou autres Blood Ceremony.

ROSALIE CUNNINGHAM – TO SHOOT ANOTHER DAY

Rosalie Cunningham - To Shoot Another Day (2024)

Titre : To Shoot Another Day
Artiste : Rosalie Cunningham

Date de sortie : 2024
Pays : Angleterre
Durée : –
Label : Esoteric Antenna

Setlist

1. To Shoot Another Day
2. Timothy Martin’s Conditioning School
3. Heavy Pencil
4. Good to Be Damned
5. In the Shade of the Shadows
6. The Smut Peddler
7. Denim Eyes
8. Spook Racket
9. Stepped Out of Time
10. The Premiere
11. Return of the Ellington*
12. Home*

*CD Bonus Tracks

Line-up

– Rosalie Cunningham / vocals, guitars, bass, Hammond organ, piano, Mellotron, percussion
– Antoine Piane / drums

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