The Mute Gods - Tardigrades Will Inherit The Earth
4.5Note Finale

Cette nouvelle année commence très fort avec l’arrivée d’un nouveau The Mute Gods, en effet nous les avions laissé l’année dernière sur un premier album étourdissant d’inventivité mais on s’en serait douté, la réunion de ces supers musiciens ne pouvant résulter que du meilleur. Ils réitèrent cet exploit pour leur nouvelle réalisation Tardigrades Will Inherit The Earth, mais cette fois ci, ils y intègrent différents  messages politico/mystico/écolo qu’ils avaient accumulés dans leur for intérieur. Le trio « infernal » composé de trois des meilleurs musiciens actuels de la scène progressive,  a donc écrit pour l’occasion un album d’une richesse mélodique et harmonique de premier ordre. Tout d’abord arrêtons-nous sur la pochette très alléchante nous ramenant aux plus belles heures de « feu » Hypnosis, ce concepteur très prisé dans  les seventies, et bien nous tenons là, le même esprit créatif (un homme debout sur des rails, flashé par un astre inconnu) ce graphique   semblant absolument en rapport avec la musique proposée par The Mute Gods, univers visuel proche aussi du film Midnight Special et présent  dans le cinéma du très bon réalisateur américain M. Night Shymalan.

Pour ce qui est de la musique, rien n’est à  jeter ni à mettre au rancart sur leurs douze nouvelles compos, sont toutes plus intenses les unes que les autres, l’on ne pouvait  espérer mieux que ce fantastique album qui nous est proposé par ces « virtuoses » qui devaient absolument se retrouver un jour ou l’autre ensemble en studio ou espérons-le pour nous  en « live« . Le fait que Roger King et Nick Beggs aient accompagné le grand Steve Hackett (King étant toujours avec lui), n’est certainement pas étranger à la réussite des deux albums réalisés par ce que l’on doit donc appeler  ce  « super groupe » qu’ils forment avec Marco Minnemann –  pour ce qui concerne Steve, il  trouva  en Roger King son alter égo et établissait jadis une belle complicité avec Nick Beggs. D’ailleurs le deuxième titre « Animal Army » fait largement référence justement à mister Hackett de manière certainement involontaire et  indirecte mais néanmoins sacrément appuyée. La production de cet album est comme  sur le premier album signée par Roger King et ne souffre d’aucune faiblesse, tout est léché sur Tartigrades Will Inherit The Earh, et rares sont les titres qui s’en détachent, mais néanmoins l’on pourra en mettre quelques un en avant, comme « We Can’t Carry On » qui sonne un peu Wilson, mais cela peut se comprendre, le musicien aux pieds nus a tellement marqué le sieur Beggs, mais vu le talent du bassiste  on peut imaginer que c’est réciproque.

Ce nouvel opus contraste cependant un brin avec son prédécesseur, ici le son du groupe se veut un peu plus « lourd » sans pour autant virer au  « métal« , l’ensemble est plus sombre aussi  bien que  nous soyons  dans une « prog » haut de gamme, qui pour une fois porte bien son nom, car la musique de The Mute Gods est en progression constante. On ne pas dire pourtant que les vocaux tenus par Nick soient grandioses loin de là, on ne peut pas envisager  que ce soit le point fort de cet album, mais le musicien fait amande honorable en tenant ce rôle le mieux possible. Quant à Marco Minnemann, il est prodigieux comme toujours aux drums et aussi aux guitares, relayé par un Roger King dont les parties de claviers sont encore (comme chez Hackett) irréprochables. Le morceau éponyme constitue le deuxième point fort de ce nouvel opus, les riffs de guitare, et les parties de claviers se mémorisent à souhait et pour longtemps, c’est très certainement le « tube » (si cette expression n’était pas si péjorative) en puissance. Un autre morceau « The Singing Fish Of Batticaloa« est lui sans conteste un des points culminants de cet opus, cette compo est sans aucun doute la plus déterminante des douze titres présents , elle est révélatrice d’une grande cohésion au sein de ce  trio archi-doué de compositeurs.

Arrêtons ici les louanges, mais  affirmons que le talent du trio  The Mute Gods est indéniable, il est impensable et inconcevable  de ne pas voir le groupe se hisser et caracoler  largement dans le peloton de tête des formations émergeantes.  Pour s’en convaincre,  il suffira  de se pencher sur ce grand disque qui ne devrait pas quitter les platines des passionnés de musiques évolutives. Les « dieux sont peut-être muets », mais certainement pas leurs trois disciples.

Photo : Hajo Muller

THE MUTE GODS – TARDIGRADES WILL INHERIT THE EARTH

The Mute Gods - Tardigrades Will Inherit The Earth (2017)

Titre : Tardigrades Will Inherit The Earth
Artiste : The Mute Gods

Date de sortie : 2017
Pays : Angleterre
Durée : –
Label : InsideOut

Setlist

1. Saltatio Mortis
2. Animal Army
3. We Can’t Carry On
4. The Dumbing of the Stupid
5. Early Warning
6. Tardigrades Will Inherit the Earth
7. Window Onto the Sun
8. Lament
9. The Singing Fish of Batticaloa
10. Hallelujah
11. The Andromeda Strain
12. Stranger than Fiction

Line-up

– Nick Beggs / bass, guitars, keyboards, vocals
– Roger King / keyboards, guitars, programming
– Marco Minnemann / drums, guitars, programming

 

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany