On connaît bien Galahad. Depuis un quart de siècle le groupe anglais s’évertue à sans cesse évoluer, mais tout en restant dans la mouvance « néo prog ». Il a su peu à peu trouver ses marques, pour aboutir à présent sur ce grandissime nouvel album Quiet Storms. Galahad développe sur ce disque un versant un peu plus intimiste de sa création. Ils ont bien fait car cet opus apparaît comme le plus abouti et le plus créatif de toute la carrière du combo. Pour cela ils ont remixé quelques anciens titres réarrangés, auxquels ils ont ajouté quelques nouveaux morceaux donnant au final quinze titres sur une longue durée de soixante quinze minutes. En ce qui concerne la production, elle a été confiée à Karl Groom qui connaît bien l’histoire et qui a su parfaitement s’imprégner de l’esprit de cet album hyper mélodique, en y mettant tout son savoir faire et en  ajoutant l‘ampleur nécessaire à cet ambitieux projet.

Quiet Storms recèle plusieurs compositions toutes aussi belles les une que les autres, le seul  bémol qu’on peut y trouver serait la reprise d’un titre de Rammstein « Mein Herz Brennt », chanté de plus dans la langue de Goethe, et qui n’apporte pas de l’eau au moulin de Galahad, loin de là. Il n’en est pas de même du superbe titre « Termination » dans lequel intervient la belle Christina Booth de Magenta, qui forme un duo de choc avec Stuart Nicholson. La chanteuse est en quelque sorte son pendant féminin. Cette compo est sans doute une des plus réussie de l’album ainsi que de toute l’œuvre réunie des anglais – sur ce morceau, plane l’ombre des meilleurs Fish. Bref c’est une réussite totale. Tout le reste de l’album est à l’avenant, en commençant par « This Life Could Me My Last » qui est aussi un sommet de ce disque sur lequel Galahad a été touché par la grâce, il est tellement rare qu’un album prenne ainsi aux tripes en ne vous lâchant pas. Le chant de Stuart Nicholson se veut tout en finesse et en demie teinte, il fait caresser sa voix de manière à faire passer la réelle émotion que demandent ces compositions, émotion et sincérité dont sont dénuées bon nombre de  créations actuelles.

Inutile n’énumérer les titres un par un, tellement ils sont riches et palpitants, mais on pourra néanmoins s’arrêter un instant sur un autre piler du disque qu’est « Weightless », un morceau d’une puissance harmonique indéniable que n’aurait pas renié aussi le couple emblématique  Rothery/Kelly. Il en va de même pour « Shine » ou l’on entend le violon de Louise Curtis. Là aussi Galahad semble avoir trouvé le savant équilibre entre une richesse harmonique indéniable et une puissance mélodique digne des plus grands, dont les chefs de file furent les mythiques Lennon/Mc Cartney – cette mélodie qui est aux antipodes des certaines mièvreries contemporaines, mais qui à contrario demeure  hyper salvatrice. La totalité de Quiet Storms beigne d’ailleurs dans cette curieuse atmosphère de complaintes mélancolique qui est une constante de bout en bout avec un pouvoir de séduction dont on a bien du mal à s’extirper après y avoir goûté. Plus qu’un long discours, il semble préférable pour le commun des mortels que nous sommes de remettre sur nos platines ce grandissime album d’un groupe qui à présent est « majeur » dans toute l‘acceptation du terme. Il en est ainsi lorsque les dieux de la musique se penchent sur les créateurs, leur offrant ainsi la capacité de mettre au monde des merveilles comme ce  Quiet Storms avec lequel Galahad atteindra soyons en sûr son « nirvana ». Mais pour l’heure la jouissance que l’on ressent à l’écoute de ce bijou, demeure indescriptible et d’une valeur inestimable.

GALAHAD – QUIET STORMS

Galahad - Quiet Storms (2017)

Titre : Quiet Storms
Artiste : Galahad

Date de sortie : 2017
Pays : Angleterre
Durée : 75’14
Label : Musea Records

Setlist

1. Guardian Angel (3:54)
2. Iceberg (4:10)
3. Beyond the Barbed Wire (4:28)
4. Mein Herz Brennt (My Heart Burns) (5:03)
5. Termination (5:17)
6. This Life Could Be My Last (5:50)
7. Pictures of Bliss (2:11)
8. Willow Way (4:13)
9. Easier Said than Done (4:18)
10. Melt (4:28)
11. Weightless (5:30)
12. Shine (9:15)
13. Don’t Lose Control (5:40)
14. Marz (and Beyond) (6:14)
15. Guardian Angel (Hybrid) (4:43)

Line-up

– Stuart Nicholson / vocals
– Roy Keyworth / guitar
– Dean Baker / keyboards
– Tim Ashton / bass
– Spencer Luckman / drums

With:
– Christina Booth (Magenta) / vocals
– Karl Groom / acoustic guitar, keyboards, mixing
– Louise Curtis / violin
– Sarah Bolter / flute, clarinet, soprano saxophone, backing vocals

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A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany

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