Earthside - A Dream in Static
4.5Note Finale

Earthside est un combo américain qui nous arrive directement du Connecticut et il nous délivre ce jour leur premier album studio A Dream In Static et pour un coup d’essai, il s’agit bien là d’un coup de maitre. Le groupe de base se compose de quatre musiciens qui ont engagé pas moins de quatre chanteurs pour venir leur prêter main forte, leur diversité apparente donne lieu malgré tout au final, et bien qu’ils viennent tous d’horizons différents, à une réelle cohésion d’ensemble. On peut dire d’emblée qu’Earthside s’inscrit carrément dans la mouvance d’un « post rock » à fortes consonances progressives, les huit compositions que l’on trouve sur A Dream In Static étant d’une force et d’une originalité sans égal ces derniers temps.

Ça commence très fort par un titre instrumental de huit minutes, qui place déjà le niveau très haut, mais c’est surtout le deuxième morceau « Mob Mentality » qui attire l’attention par sa force et sa puissance, il faut dire que le groupe est épaulé par l’orchestre symphonique de Moscou (rien que ça). C’est de fait une pièce maitresse qui est jouée ici, et l’intensité mélodramatique du début du morceau ainsi que sa construction démontre à bien des égards que la musique « rock contemporaine » se porte bien et qu’elle peut encore nous surprendre, et ce grâce à des musiciens talentueux tels Earthside. Il est bien rare que la synthèse soit aussi parfaite entre le chant, des musiciens « classiques » et des éléments « rock », mais pour une fois ce mélange des genres sonne impeccablement, aboutissant sur une composition à tiroirs à laquelle le chanteur Lajon Witherspoon (pas vraiment connu) apporte toute son inspiration. L’orchestre symphonique de Moscou intervient aussi sur une deuxième compo « Entering The Light », mais n’oublions cependant pas de mentionner les quatre principaux musiciens d’Earthside qui constituent l’ossature du groupe et qui sont quant à eux plus que fabuleux et enclins à un grand avenir artistique.

On aurait pu s’arrêter là, mais Earthside en avait encore sous le pied, et bien qu’on sorte abasourdi après ces dix magnifiques minutes, il nous fallait garder de l’énergie pour la suite du disque qui est tout aussi palpitante si ce n’est plus, et c’est à cela que se caractérise un GRAND album. Le combo change de chanteur pour « A Dream In Static » (le titre éponyme), ou là nous sommes à fond dans le genre d’Earthside c’est à dire dans un « post rock » se rapprochant vaguement d’Anathema, voire de Riverside pour le côté aérien, avec quelques intonations « prog », mais il est vrai, méfions-nous des étiquettes et ces influences évoquées n’engagent que l’auteur de ces lignes.

Earthside a pourtant un son et un style bien personnel et résolument moderne qu’il développe à la perfection sur le titre instrumental « Skyline » (mon préféré), là on sent bien la détermination des américains à marquer les esprits, ils évoluent ici dans un registre aux accents électroniques à la manière d’un Dead Can Dance sans le chant de la grandissime Lisa Gerrard. Encore un morceau de près de dix minutes dont on ne sort pas indemne. C’est après un « Crater » qui déménage sec et un titre instrumental super bien enlevé « The Ungrounding », aux guitares tranchantes et incisives, qu’arrive le dernier et très grand moment de « A Dream In Static », je veux parler de « Contemplation Of The Beautiful » qui sur près de douze minutes risque de mettre tout le monde d’accord quant aux capacités d’Earthside qui sont époustouflantes. Le développement de ce titre d’une extrême profondeur, et qui monte crescendo vers des cieux inconnus, ajouté à des volutes ornées de climats inquiétants et des petites consonances orientalisantes, confère à ce fabuleux morceau toute sa grâce et son particularisme. Pour conclure, il est évident que les américains signent avec ce disque une œuvre que l’on pourra classer dores et déjà au patrimoine de notre genre de prédilection et en plein dans le renouveau de la musique progressive dont l’Anglais Steve Wilson est un peu l’étendard, et qu’Earthside à son niveau et au tout début de sa carrière, peut se prétendre quelque part le pendant d’outre atlantique.

EARTHSIDE – A DREAM IN STATIC

Earthside - A Dream In Static (2016)

Titre : A Dream In Static
Artiste : Earthside

Date de sortie : 2015
Pays : États-Unis
Durée : 63’52
Label : –

Setlist

1. The Closest I’ve Come (8:00)
2. Mob Mentality (feat. Lajon Witherspoon & Moscow Studio Symphony Orchestra) (9:56)
3. A Dream in Static (feat. Daniel Tompkins) (7:35)
4. Entering the Light (feat. Max ZT & Moscow Studio Symphony Orchestra) (5:27)
5. Skyline (9:28)
6. Crater (feat. Björn Strid) (6:03)
7. The Ungrounding (5:34)
8. Contemplation of the Beautiful (feat. Eric Zirlinger) (11:49)

Line-up

– Ben Shanbrom / Drums, Percussion, Backing Vocals
– Frank Sacramone / Grand Piano, Keyboards, Programming
– Ryan Griffin / Bass
– Jamie van Dyck / Electric and Acoustic Guitars, Orchestration, Backing Vocals

Guest Vocalists:

– Lajon Witherspoon (Sevendust) (1)
– Daniel Tompkins (Tesseract, ex-Skyharbor) (3)
– Bjorn Strid (Soilwork) (6)
– Eric Zirlinger (Face the King, ex-Seer) (8)

Guest Ensembles and Performers:

– The Moscow Studio Symphony Orchestra (MSSO)
– Max ZT / Hammer Dulcimer
– Henrik Gennert / Guitar Solo (7)
– JP Asplund / Percussion

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A propos de l'auteur

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany

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