Steve Rothery - The Ghosts of Pripyat
4.3TOP 2015

La carrière de Steve Rothery avec Marillion en a déjà laissé plus d’un admiratif de cette constance à jouer des cordes aériennes sans trompettes ni fanfare, et, chose plus rare encore, faire du sautillant sans être pompeux. En marge de ses exploits, il aura donc fallu plus de trente ans (on retire de la sélection les deux albums de Whishing Tree qui tiennent plus du duo avec Hannah Stobart) pour entendre notre ami s’échapper en solitaire avec The Ghosts of Pripyat. Depuis 1985, précisément, et Misplaced Childhood à la suite duquel il avait reçu une première proposition.

C’est donc bien plus tard, et avec son pote guitariste Dave Foster, que Steve Rothery s’est mis au boulot. Avec une solide section rythmique (Yatim Halimi et Leon Parr) et un clavier élégant (Riccardo Romano), l’affaire était « presque » dans le sac. Les fans furent une nouvelle fois mis à contribution pour le financement en crowdfunding d’un projet à la fois ambient, tranquille, atmosphérique et planant.

Sans surprise, l’ombre de Pink Floyd est là (« Morpheus »). Celle de Marillion aussi (« Summer’s End »). Purement instrumental, le chaos n’est pas de mise ici. Priorité aux mélodies, douces, amères, qui peuvent être violentes mais jamais plombées. Aux bagarreurs, Steve Rothery répond par une musique délicate, souvent étincelante. En témoigne le magnifique « The Old Man and the Sea » avec un Steven Wilson en invité surprise.

Mais là où beaucoup s’essoufflent rapidement, l’album ne perd jamais le cap, ne se désunie pas, même lorsque dans un élan il se permet d’affleurer des textures folk à la Mark Knopfler avant de passer dans la dimension Camel (« White Pass »), riff en acier et solo au charme fou, ciselé, désarmant.

The Ghosts of Pripyat est évidemment d’une maturité totale. Steve Rothery maîtrise tous les effets, fourmille de techniques, de gimmicks qui lui permettent toutes les ascensions, les sensations, et font décoller sans faire baisser les yeux (« Morpheus » avec Steve Hackett). Un vrai bonheur. En revue de détail, il faut noter également le superbe packaging concocté par Lasse Hoile (collaborateur habituel de Steven Wilson) sur fond d’une photo aérienne de Pripyat signée Yann Arthus-Bertand. Un visuel profond. À l’image de l’album.

STEVE ROTHERY – THE GHOSTS OF PRIPYAT

Steve Rothery - The Ghosts Of Pripyat (2015)

Titre : The Ghosts of Pripyat
Artiste : Steve Rothery

Date de sortie : 2015
Pays : Angleterre
Durée : 55’17
Label : Inside Out

Setlist

1. Morpheus (7:55)
2. Kendris (6:09)
3. Old Man Of The Sea (11:42)
4. White Pass (7:51)
5. Yesterday’s Hero (7:21)
6. Summer’s End (8:47)
7. The Ghosts Of Pripyat (5:32)

Line-up

– Steve Rothery / guitar
– Dave Foster / guitar
– Riccardo Romano / Keyboards
– Yatim Halimi / bass guitar
– Leon Parr / drums

With:
– Steve Hackett / guitar solo (1)
– Steven Wilson / guitar solo (3)

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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