Seven Reizh - L'Albatros
4.3TOP 2018
Note des lecteurs: (3 Votes)

Décidément, Seven Reizh n’en finit pas de tutoyer l’excellence. Avec L’Albatros, ce n’est pas tant le dernier volume de leur tétralogie qui s’incarne idéalement mais surtout l’aboutissement d’un concept commencé au début du millénaire (!) autour de Gérard Le Dortz (auteur) et Claude Mignon (compositeur). Strinkadenn Ys (2001) avait lancé l’affaire suivi de Samsara (2006) puis du premier volet des aventures du pionnier de l’aviation Jean-Marie Le Bris avec La Barque Ailée (2015). Ce dernier album était accompagné d’un roman, ce qui rendait l’objet à la fois unique et sa réussite d’autant plus louable : la notion de disque-concept prenait alors tout son sens.

Trois ans plus tard, c’est au tour de L’Albatros de mettre une nouvelle fois en avant cet aviateur oublié des manuels : “le premier à avoir fait décoller un engin ailé de Sainte-Anne-la-Palud, 43 ans avant les frères Wright !”, dixit Claude Mignon. Son but était de pouvoir porter secours aux marins naufragés grâce à son avion révolutionnaire… une histoire à la fois émouvante, héroïque et dramatique. À lui seul, l’album cumule les chiffres impressionnants : plus d’une cinquantaine de musiciens, soixante-dix instruments (piano, guitares mais aussi duduk, erhu ou nyckelharpa), autant de choristes et deux bagads ! Ouf ! Auto-produit, le duo est en partie financé par un mécène allemand sans qui rien ne serait possible – tout le monde n’a pas les moyens de Alan Simon.

Façonnée autour de ses influences celtiques, orientales et prog rock classique (Pink Floyd, Camel, Mike Oldfield…), l’atmosphère épique se fait ici plus mélancolique. Elle nous prépare à la conclusion dramatique qui se joue dès “Le Pavillon chinois”. Le mélange des univers se fait toujours naturellement (“Tigit Weman”) grâce à des compositions subtiles qui jouent avant tout sur la mélodie sans oublier des joutes instrumentales du meilleur effet comme le dialogue entre guitare et violon qui élève “Dalc’h Mad” par-delà les nuages. Mais le répit euphorique est de courte durée puisque notre histoire terminera sa chute sur ses trois longs morceaux “Kriz”, “Lostmarc’h” et “Er Lein” d’où surgiront quelques échos de Strinkadenn’Ys (“Kan Ker’Ys”) afin de conclure ce long voyage de presque 20 ans.

Sans flagornerie, ces huit titres, accompagnés d’un second tome littéraire toujours signé Gérard Le Dortz, vagabondent avec une conviction et une puissance difficilement résistibles. Sans jamais ronronner sur son statut acté de groupe majeur, Seven Reizh nous transporte avec un tempérament à la fois modeste et ambitieux.

SEVEN REIZH – L’ALBATROS

Seven Reizh - L'Albatros (2018)

Titre : L’Albatros
Artiste : Seven Reizh

Date de sortie : 2018
Pays : France
Durée : 65’10
Label : –

Setlist

1. Le Pavillon Chinois (3:59)
2. Brizh (14:48)
3. Tiqit Weman (5:52)
4. Dalc’h Mad (6:55)
5. Klasker-bara (4:40)
6. Kriz (9:27)
7. Lostmarc’h (9:59)
8. Er Lein (9:30)

Line-up

– Gérard Le Dortz / Roman, lyrics, graphic design and production
– Claude Mignon / Compositions, arrangements and musical realization

With:
– Farid Aït Siameur / Kabyle vocals
– Laurène Bourvon / English & French vocals
– Bleunwenn Mével / Breton vocals
– Stefanie Théobald / French & German vocals
– Louis Mével / Harmony vocals
– Marcel Aubé / Erhu
– Loïc Bléjean / Uilleann pipes
– Cyrille Bonneau / Duduk
– Olivier Carole / Bass
– Mathilde Chevrel / Cello
– Jonathan Dour / Violin
– Philippe Durand / Horn
– Ronan Hilaireau / Piano
– Régis Huiban / Accordeon
– Bernard Le Dréau / Tenor saxophone, clarinet
– Erwan Le Gallic / Scottish bagpipes
– Shane Lestideau / Violin
– Gurvan Mével / Drums, percussions
– Gwenaël Mével / Tin & low whistles, bombarde
– Gwendal Mével / Flute
– Claude Mignon / Piano, synths, lap steel, electric & acoustic guitars, voice (5)
– Michel Hoffmann / Oboe
– François Pernel / Celtic harp
– Thierry Runarvot / Double bass
– Olivier Salmon / Electric & acoustic guitars
– Mihai Trestian / Cimbalom
– Bagad “Bro An Aberioù”, Plabennec, led by Goulwen Bono

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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