Procol Harum - Novum
4.0Note Finale

Novum n’est peut-être que le douzième album de Procol Harum mais c’est surtout celui qui marque le cinquantième anniversaire du groupe et de son tube intergalactique « A Whiter Shade Of Pale« . Peu de groupes ont eu/ont/auront cette longévité et peu surtout seront capables de sortir, cinquante ans après leurs débuts un disque qui synthétise l’essentiel de leur art.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici, à l’image de la pochette de l’album qui reprend avec des tons pastels les codes de celle sortie un demi-siècle plus tôt : Procol Harum ne cherche pas à innover, à surprendre mais, 50 ans après nous offre un disque qui contient tout ce qu’on apprécie chez le groupe. Dès l’intro et « I Told On You » on est en terrain connu : la mélodie est typique du groupe, et aurait pu être expurgée de n’importe quel disque sorti par le groupe entre 67 et 75, mais surtout les cordes vocales de Gary Brooker n’ont pas bougé d’un iota. C’est impressionnant, comme à 70 ans passés, sa voix est restée identique, avec le même grain et aussi la même puissance. A côté du pilier fondateur, on retrouve le line-up qui constitue le groupe depuis plus de 20 ans, majoritairement des pointures qui ont exercé leur talent sur les plus grandes scènes et aux cotés de plus grands, tous styles confondus : basse Matt Pegg (Jethro Tull, Ian Brown), batterie Geoff Dunn (Jimmy Page, Dave Stewart, Van Morrison), guitare Geoff Whitehorn (Roger Chapman, Paul Rodgers, Roger Daltrey) et enfin à l’orgue Hammond Josh Phillips (Pete  Townsend et Midge Ure). La classe.

Le disque va se donc se présenter comme un best-of de ce que Procol Harum a pu faire de mieux au cours de sa longue carrière…mais avec des titres originaux. Au morceau d’intro, typique , tant sur la voix que les duels d’orgue et de guitares, succèdent deux titres plus lents, au tempo presque blues (« Last Chance Hotel« , « Image Of The Beast« ). « Soldier » et « Don’t Get Caught » ont un format plus pop, avec un orgue bien moins présent, alors que « Neighbour » entre guitare acoustique, accordéon, mélodie simple, accrocheuse et chant à deux voix rappelle presque le Supertramp des années 70. Après ce petit intermède, presque facile, « Sunday Morning« , qui fait également office de single, nous ramène au côté majestueux, presque grandiose du groupe, avec orchestration fouillée et orchestre à corde…quel contraste avec les plutôt hard rock « Businessman » et « Can’t Say That » qui suivent et où la guitare de Whitehorn est proéminente et rugueuse. Ce dernier titre, qui s’étend sur plus de 7 minutes, est le plus aventureux et le plus progressif du disque. Les deux derniers morceaux, très classique dans le répertoire du groupe, mettent en avant Brooker que ce soit au piano ou sur le chant…

Alors que penser de cet inventaire presque à la Prévert ? Une conclusion de carrière en forme de rétrospective ? Probablement. Mais c’est tellement bien fait, avec sincérité et authenticité, qu’on n’en voudra pas au groupe d’avoir fait preuve de finalement peu d’originalité pour nous offrir ce qui risque d’être leur dernière production… Et cette voix…

PROCOL HARUM – NOVUM

Procol Harum - Novum (2017)

Titre : Novum
Artiste : Procol Harum

Date de sortie : 2017
Pays : Angleterre
Durée : 55’59
Label : Eagle Records

Setlist

1. I Told On You (5:32)
2. Last Chance Motel (4:52)
3. Image Of The Beast (4:55)
4. Soldier (5:27)
5. Don’t Get Caught (5:11)
6. Neighbour (2:45)
7. Sunday Morning (5:28)
8. Businessman (4:46)
9. Can’t Say That (7:11)
10. The Only One (6:05)
11. Somewhen (3:47)

Line-up

– Gary Brooker / vocals, piano
– Geoff Whitehorn / guitars
– Josh Phillips / Hammond, sounds
– Matt Pegg / bass
– Geoff Dunn / drums

 

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