Frost* - Falling Satellites
4.3TOP 2016

Certains retournements de situation sont plutôt sympas. Le retour de Frost* huit ans après Experiments In Mass Appeal (2008) est de cet acabit. Et quand Jem Godfrey décide de revenir sur le devant de la scène avec l’inusable John Mitchell (Lonely Robot, It Bites, Arena etc.), Nathan King (Level 42) et Craig Blundell (Steven Wilson), ce n’est certainement pas pour faire de la figuration. Dès lors, Falling Satellites, troisième album du projet, enfonce logiquement le clou d’un style que certains situeront dans le sillage d’un Spock’s beard, XTC voire le défunt Pure Reason Revolution. Avec quelques invités de marque comme Tori Beaumont (chant) et surtout le guitar-hero en chef Joe Satriani (les panouilles du monsieur sont assez rares pour être signalées), l’affaire ne manque pas de piment.

On connaît les aptitudes de Jem Godfrey de fournir un son nickel, une production luxueuse qui tient du secret de famille tant l’équilibre sur des lames de rasoir soniques fiche le vertige. Dès l’introduction atmosphérique « First Day » le ton est donné. La suite ne lâchera jamais son emprise. Que ce soit la cavalcade « Numbers » ou le trip « Signs », l’encéphalogramme n’est jamais plat. Même si le groupe se permet des accents pop (réussis) avec « Lights Out » et un poil de trop plein sur « Towerblock », c’est en revenant en botteur de cul certifié qu’il injecte la survitaminé. Avec la suite composée de six titres et 32 minutes au garrot, Frost* carbure clairement au super. Dès le cinématique « Heartstring », l’expérience épate par son aisance à passer du heavy au prog symphonique, du synthé presque kitsch au groove qui balance sévère, brisures de rythmes en sus. Jem Godfrey et ses acolytes donnent ici l’impression de se trouver dans un magasin de bonbons qu’ils gouteraient sans craindre la crise de foie. Du coup, les voici mixer une ambiance électro-pop à la guitare volubile de Joe Satriani (« Closer to the Sun »), s’approcher dangereusement des plate-bandes de King Crimson (« The Raging Against The Dying of the Light Blues In 7/8 ») nimbées de blues zarbi, d’un Yes revenu à l’âge des possibles (« Lice Day for It »), jouer l’auto-citation instrumentale assumée (« Hypoventilate » en réponse au premier morceau de leur premier album « Hyperventilate ») avant de conclure par un piano-voix déchirant (« Last Day »).

On pourra toujours reprocher à cette avalanche son manque de cohérence, le tout faisant plus enfilage de perles que véritable morceau de bravoure à thèmes. Mais le résultat n’est pas moins exaltant. Avec ce Falling Satellites, Frost* tripatouille une fois de plus le genre avec un esprit contemporain enfiévré et c’est tant mieux !

FROST* – FALLING SATELLITES

Frost - Falling Satellites (2016)

Titre : Falling Satellites
Artiste : Frost*

Date de sortie : 2016
Pays : Angleterre
Durée : 65’02
Label : Inside Out

Setlist

1. First Day
2. Numbers
3. Towerblock
4. Signs
5. Lights Out
6. a. Heartstrings
b. Closer To The Sun
c. The Raging Against The Dying Of The Light Blues
d. Nice Day For It.
e. Hypoventilate
f. Last Day

CD Bonus tracks:
7. Lantern
8. British Wintertime

Line-up

– Jem Godfrey / keyboards and vocals
– John Mitchell / guitars and vocals
– Nathan King / bass
– Craig Blundell / drums

With:
– Joe Satriani / guitar

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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